Siècle de Pérlclès
Chef de la république, ou plutôt roi d'Athènes pendant vingt ans (449^29), grand général de terre et de mer, homme d'État, orateur irrésistible, Périclès encouragea puissamment les arts et les lettres. Déjà, dans la première moitié de ce siècle (v" avant Jésus-Christ), ionien Hérodote, le père de l'histoire, avait immortalisé les guerres médiques, et le Thébain Pindare avait donné à la muse lyrique Pessor le plus sublime. C'était comme la préparation du siècle de Périclès, tout athénien, et ce nom seul rappelle la réunion la plus extraordinaire qu'on ait jamais vue , de talents divers et de génies incompararbles. Les tragédies d'Eschyle, celles de Sophocle et d'Euripide, les comédies d'Aristophane, V Histoire de la guerre du Péloponèse, par Thucydide, l'enseignement philosophique d^Anaxagq^ et de Socrate, les ouvrages des architectes Ictinus, et Mnésiclès, du statuaire Phidias *, des peintres Zeuxis et Parrhasius, assurent à la ville d'Athènes une renommée plus durable 'que celle des armes. Par ses monuments (tels que le Parthénon, les Propylées, l'Odéon), par ses écoles, ses fêtes, ses spectacles, elle devint le musée et le rendez- vous de toute la Grèce. Où trouver ailleurs chez les écrivains et les artistes, chez le peuple tout entier, un tel enthousiasme du beau avec un goût aussi exquis? Il est vrai que l'étude de la poésie et de la musique préparait les esprits, de même que la gymnastique façonnait les corps. D'un autre côté, les Grecs de ce temps ne séparaient point l'art de la religion, et c'est là le secret de la beauté idéale qu'ils donnèrent à leurs divinités. Mais cette brillante civilisation était minée par les funestes doctrines des sophistes, déshonorée par la corruption et la férocité des mœurs, double écueil d'une société fondée sur le polythéisme et Tesclavage*
I. Ce grand artiste, raml de Périclès et le plus illustre des statuaires grecs, sculpta la Minerve du Parthénon et le Jupiter 4'Olympie.
IIXSTOIKE ANCIENNE. 77
Synchronismes.