‹ Abrégé chronologique de l'histoire universelleChapitre 49 sur 254 · HUITI£]»ÏE PÉRIODE · texte numérisé non relu

HUITI£]»ÏE PÉRIODE

LES ROYAUMES MACÉDONIENS (301-148-30 av. J. C).

Le royaume de Thrace ne dura pas plus longtemps que la vie de son fondateur Lysimaque, vaincu et tué en 281 par Séleucus. Mais la Bithynie^ province au nord de TAsie Mineure, recouvra de bonne heure son autonomie, et forma un pl|it royaume, qui se soutint pendant près de trois siècles. En 283, Pergame était devenue la capitale d'un autre petit royaume, célèbre par son industrie et ses richesses : il comprenait l'ancienne Lydie e^ la Phrygie. Le Pont et la Cappadoce eurent aussi leurs rois indépendants.

Résumons maintenant l'histoire de TÉgypte, de la Syrie, de la Macédoine et de la Grèce, sous la domination des successeurs d'Alexandre. ^

Ptolémée Soter (301), fils de Lagus, conserva pour sa part, après la bataille dlpsus, le royaume d^gypte.Dansun premier

partage, il avait reçu le gouvernement de ce pays, et s'était fait aimer des Égyptiens par son respect pour leurs antiques superstitions, par l'application qu'il mit à développer Pindustrie et le commerce du pays. Ami des lettres et des sciences, il fonda la célèbre bibliothèque, qui réunit plus tard jusqu'à 400000 volumes. Avec lui commence* la dynastie des Lagides. Il abdiqua en faveur de son second fils, Ptolémée Philadelphe.

Ptolémée II Philadelphe (285) continua Tbabile politique de son père, et, comme lui, rendit PÉgypte florissante. Il rouvrit le canal entrepris jadis par Néchao, pour joindre le Nil à la mer Rouge. Sur cette mer il établit aussi deux ports, éleva un phare dans Fîle de Pharos, et ât de sa cour Tasile des poètes et des savants de la Grèce. Alexandrie devint alors une autre Tyr pour le commerce, une autre Athènes pour les études. La traduction grecque de la Bible, connue sous le nom de version des Septante^ fut entreprise par les soins de Ptolémée Philadelphe. Mais ce prince souilla sa gloire en commettant un double fratricide.

La Phénicie, la Palestine, Tlle de Chypre, plusieurs provinces de l'Asie Mineure, faisaient alors partie de l'empire des Lagides. ♦

Ptolémée Évergète (247) conquit encore toutes les provinces orientales de la Syrie, et rapporta dans ses États les statues égyptiennes que Gambyse avait enlevées trois siècles auparavant. Ses expéditions dans l'Arabie Heureuse et dans l'Ethiopie étendirent sa puissance ainsi que le commerce de ses sujets. La mort d'Évergète marque le commencement de la décadence des Lagides ; carie règne de ses successeurs n'offre qu'une longue suite de crimes et d'humiliations (222).

C'est d'abord Ptolémée Philopator, meurtrier de son père et persécuteur des Juifs; Ptolémée Épiphane^ allié des Romains contre Antiochus, son beau-père ; Ptolémée Philométor^ exécutant avec un empressement servile les ordres du peuple-roi; PtoU- . méePhyscon, tyran justement odieux à ses sujets. Cette triste nomenclature nous conduit jusqu'à Cléopatre, la dernière des Lagides. Fille de Ptolémée XI Auléte, elle monta sur le trône par la faveur de César, après la mort de ses deux frères. Nous verrons ailleurs comment elle fut vaincue avec Antoine à la bataille d'Actium, et l'Egypte réduite en province romaine par l'empereur Auguste (30 av. J. C).

faxoJb D'ALEXANDRIE, Après la mort d'Alexandre, le principal foyer

f^ÀiJ'

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des études et det lettres grecques fut Alexandrie. On y cultiva turtout avec succès les sciences et l'érudition. Un vrai poète, Thémrite, auteur de pastorales, vécut sous Ptolémée Philadelphe. Mais parmi les savants, on distingue le grainmairien Aristarque , les astronomes Htpparque et Ptolémée, le géomètre Euclide et Tillustre Archimède, tué, en 212, à Syracuse, lors de la prise de cette ville par les Romains. Dans le deuxième siècle avant i. G., la Grèce vaincue donne à Rome un historien philosophe^ le grave et judicieux Pohfbe, Des sectes nombreuses se disputaient l'héritage de Platon, d'Épicure et de Zenon ; il n'y avait plus de fermes croyances. Cependant, sous les Césars et les Antonins, le sol fécond de la Grèce produira encore une brillante moisson d'historiens, de rhéteurs et de moralistes.

«. «yrie.

Le plus puissant des royaumes démembrés de l'empire d'A* lezandre, celui qui aurait pu le faire renaître, était la Syrie, qui s'étendait depuis la Méditerranée jusqu'à l'Indus. Séleucus NtcatoTy le premier des Séleucides, d'abord gouverneur de Babylone, puis roi de Syrie, après la bataille d'Ipsus, n'était pas indigne de succéder au héros macédonien. Il gouverna sagement ses vastes États. Antioche qu'il bâtit sur FOronte, devint sa capitale. Il fonA encore, sur le Tigre, Séleucie, rivale de Babylone, et un grand nombre d'autres villes appelées à répandre la civilisation grecque en Asie. Fidèle à la grande politique d'Alexandre, il facilita les relations commerciales de PAs- Syrie avec PInde. Séleucus fut souvent attaqué par les autres généraux, jaloux de sa prospérité. Vainqueur d'Antigone à la bataille d'Ipsus, il eut plus tard à lutter contre Démétrius Poliorcète et contre Lysimaque, roi de Thrace. La bataille de CyropédioUy en Phrygie, le délivra de ce dernier compétiteur ; mais, dans le plus grand éclat de sa fortune, Ptolémée Gérauûus, fils aîné de Ptolémée Soter, lui ôta la vie (280).

Antiochm I Soter ne soutint pas l'honneur d'un tel héritage ; il abandonna la Macédoine au meurtrier de son père, attaqua sans succès Nicomède, roi de Bithynie, et ne put empêcher les Gaulois, ses alliés, de s'établir en Asie Mineure. La décadence de la monarchie syrienne continue sous Antioohus Théos (261). Pendant une guerre que celui-ci soutenait contre Ptolémée Philadelphe, roi d'Egypte , la Bactriane se révolta et parvint à former un État indépendant. Dans la Parthiène, un brave soldat, Arsace, donnant le signal de Tinsurrection, jeta les premiers fondements de l'empire des Parthes Arsacides^ qui s'étendit plus tard du Tigre à Flndus (250). C'est ainsi que les

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provinces orientales de l'Asie se détachèrent de la couronne des Séleucides.

Antiochus 111 le Grand (222) eut l'ambition de relever la monarchie syrienne ; mais ses elîorts vinrent échouer contre la politique du sénat romain et la valeur des légions. Il fit d'abord la guerre à l'Egypte, et perdit contre Ptolémée Philopator, la grande bataille de Raphia, Loin de se laisser abattre par cet échec, il réprime les Bactriens et les Part/tes, pénètre jusqu'à l'Indus, enlève à FÉgypte, pendant la minorité de Ptolémée Épiphane, la Syrie^ la Palestine et la Phénicie, Les Romains, prenant ombrage de ses progrès, lui ordonnent de restituer ces provinces à leur ancien possesseur. La colère du sénat s'accrut encore, lorsque le roi syrien eut reçu à sa cour le plus grand ennemi de Rome, Annibal vaincu et fugitif. La guerre était inévitable. Antiochus résolut de prendre les devants ; mais peu docile aux avis d'Annibal, qui lui conseillait d'attaquer hardiment les Romains en Italie, il passa en Grèce, et se fit battre, aux Thermopyles^ par le consul Acilius Glabrion. Vaincu ensuite sur mer, il fut obligé de repasser en Asie. Les deux frères Publius et Lucius Scipion le défirent encore à la bataille de Magnésie (190). Pour obtenir la paix, il cé9k aux Romains toute l'Asie Mineure en deçà du Taurus et promit de payer un énorme tribut. Ayant voulu, dans sa détresse, piller les trésors d'un temple très-riche de la Susiane, les habitants furieux le massacrèrent avec sa suite.

La défaite de Magnésie avait été pour la puissance des Séleucides un échec dont elle ne se releva pas. On la vit décliner comme l'Egypte, et les peuples soumis se détacher en foule d'un empire humilié, qui les accablait d'impôts. L'Arménie se rendit indépendante ; la Judée îse souleva sous l'impulsion patriotique des Machabées, et parvint à secouer le joug d^ Antiochus Epiphane^ celui-là même qu'un ambassadeur romain, Popîlius, avait enfermé dans un cercle tracé sur le sable, devant Alexandrie. L'empire des Parthes s'agrandit de la Médie, de la Perse, de la Babylonie, de la Bactriane, et ne connut plus d'autres ennemis que les Scythes. Les guerres intestines, les rivalités des princes, les massacres sans fin, achevèrent de ruiner la Syrie. Antiochus l'Asiatique et Tigrane le Grand, roi d'Arménie, se disputaient les restes du domaine des Séleucides, lorsque Pompée en fit la conquête, et le réduisit en province romaine (64 av. J. G.).

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s. «rèee et macédoine.

Toujours amoureuse de liberté, la Grèce ne pouvait se résigner à la servitude. Sous le règne môme d'Alexandre, il y eut un parti national, dont Torateur Démoslhène fut Pâme et le soutien. Réduits à l'impuissance, tant que vécut le conquérant, les Grecs» se soulevèrent au seul bruit de sa mort. Ils vainquirent le gouverneur macédonien Antipater, à Lamia (323) ; puis, l'année suivante, vaincus eux-mêmes à Cranon^ ils furent obligés de demander la paix, et ne Tobtinrent qu'à la condition de livrer Démosthène. Le grand orateur s'empoisonna pour ne pas tomber vivant aux naains de son ennemi. Sa patrie, assujettie à la Macédoine, partagea toutes les vicissitudes de cette époque si troublée. Les Athéniens se signalèrent encore par leur inconstance et leur ingratitude. Ils condamnèrent le vertueux Phocion à boire la cigué ; après avoir élevé 360 statues à Démétrius de PhalèrCj dont l'administration leur avait procuré dix ans de repos, ils le bannirent ; Démétrius Poliorcète, un moment leur idole et leur roi, fut repoussé par eux après sa défaite en Asie. ♦

La bataille d'Ipsus (301) avait assuré le trône de Macédoine à Cassandre. Celui-ci étant mort, Démétrius Poliorcète parvint à s'emparer du royaume, et ne sut pas le conserver jusqu'à la fin de sa vie. Son fils, Antigone de Goni, s'y maintint après la mort de Pyrrhus, roi d'Épire, qui lui en avait disputé la possession. Les rois de Macédoine, descendants de Démétrius, entreprirent de remettre la Grèce entière sous le joug : ils trouvèrent devant eux les ligues étolienne et achéenne.

Aux guerres intestines qui déchiraient la Grèce et la Macédqine, vinrent se joindre les maux d'une invasion formidable de Gaulois, partis, en 280, de To/osa (Toulouse). Ces barbares ravagèrent la Grèce, furent arrêtés aux Thermopyles et repoussés du temple de Delphes par une terreur panique, qui mit le désordre dans leurs rangs Alors ils se divisèrent en trois bandes, et prirent des directions différentes. Les uns revinrent dans leur pays; les autres s'établirent en Thrace ; d'autres enfin passèrent au service de Nicomède, roi de Bithynie, et fondèrent, en Asie Mineure, sous le nom de Galates, un État puissant, dont l'alliance fut recherchée par tous les princes grecs.

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