neeessenra de Romnlns (VttkSf
Après un an d'interrègne, Romulus eut pour successeur le Sabin Numa^ législateur des Romains. Celui-ci entreprit de policer ses sujets et de leur inspirer les sentiments religieux, dont il était pénétré. On lui attribue le règlement des cérémonies, l'institution des pontifes, celle des prêtres du dieu Mars, des augures et des vestales^ vierges patriciennes, chargées d'entretenir le feu sacré sur l'autel de la déesse Vesta. Rome lui dut encore la réforme du calendrier et la construction du temple de Janus, ouvert pendant la guerre et fermé pendant la paix. La religion du dieu Terme consacra le droit de propriété, en même temps que le culte des Lares ou Pénates protégeait la pureté du foyer domestique. Les artisans furent organisés en huit corporations ou collèges ayant chacun ses assemblées et ses sacrifices particuliers. Numa faisait croire à ses sujets qu'il avait des entretiens mystérieux avec la nymphe Égérie, et que cette divinité lui dictait ses lois.
' Le règne du successeur de Numa, Tullu$ Hostiliu$ (672), Latin d'origine, se passa tout entier en expéditions militaires. Ce fut alors que le combat des Horaces et des Curiaces valut à Rome la prééminence sur Albe la Longue. Cette ville fut détruite, et ses habitants incorporés à la cité victorieuse. Tullus triompha aussi des Véiens, des Fidénates et des Sabins ; il contraignit plusieurs villes latiûes à reconnaître la suprématie de Rome.
Ancus Martius (640), petit-fils de Numa suivant la tradition, comme lui religieux et pacifique, ne prit les armes que par nécessité. Il vainquit plusieurs fois les Latins et les Véiens, agrandit Rome du mont Aventin, en étendit le territoire jusqu'au port d'Ostie, construisit une prison, dite MamerUne^ qui existe encore, et jeta le premier pont sur le Tibre.
Son successeur, Tarquin l'Ancien (616), Étrusque d'origine, donna un commencement de magnificence à la ville de Romulus. Il y attira un grand nombre de ses compatriotes et intrc duisit la pompe des cérémonies et des costumes, la pourpre» la robe prétexte, les chaises curules, le triomphe, toutes choses connues depuis loBgtemps en Étrurie. De cette contrée, justement appelée la mère des superstitions, il importa encore la science des augures et des aruspices. Ses victoires sur les Latins pourvurent à la dépense de grandes contructions. c On
commençait déjà à bâtir la ville éternelle. > Rome fut entourée d'une forte muraille, le Capitule entrepris, le grand Cirque édifié» ainsi que les égoûts souterrains dont on admire encore aujourd'hui les ruines. Les fils d'Ancus Martius firent, dit-on, assassiner Tarquin l'Ancien.
Servius Tullius (578), gendre de Tarquin PAncien et comme lui originaire d'Étrurie, confirma la supériorité de Rome sur les cités latines. Né dans Pesclavage et favorable aux plébéiens, il partagea tout le peuple en six classes, établies elles-mêmes suivant la fortune ou le revenu de chacun. Ces six classes formaient un total de 193 centuries^ et la première, pour elle seule, en comprenait 98. Comme on vota désormais non plus par curies mais par centuries, la majorité dans les assemblées fut ainsi presque toujours assurée à la première classe. Mais en revanche, c'étaient les citoyens riches ou du moins ayant quelque bien, qui supportaient toutes les charges, spécialement celle du service militaire. Les citoyens sans fortune, nommés prolétaires, inscrits tous dans la sixième classe, en furent exempts. On était soldat de dix-sept à soixante ans. Pour faire le classement du peuple romain, Servius prescrivit le premier cens ou recensement, qui donna un chiffre de 80 000 citoyens. Cela suppose une population déjà très-considérable. On rapporte que Servius périt par la scélératesse de sa fille TuUie et de son gendre Tarquin, fils de Tarquin l'Ancien.
Le règne de Tarquin le Superbe (534), inauguré par un parricide, ne pouvait être qu'une tyrannie. Toutefois, le nouveau roi, habile politique et brave guerrier, accrut beaucoup la puissance de Rome, en même temps qu'il achevait les édifices que son père avait commencés ; mais sa conduite arbitraire blessa les patriciens. Son fils Sextus ayant attenté à l'honneur de la vertueuse Lucrèce^ Junius Brutus, neveu du tyran, et Tarquin GoUatin, mari de la victime, soulevèrent le peuple. On courut aux armes; les Tarquins furent proscrits (510), et la royauté abolie après avoir subsisté 244 ans.
Synchronismes.
ISk» Fondation de Rome par Romulus, 747. Ère de Nabonassar.