‹ Abrégé chronologique de l'histoire universelleChapitre 55 sur 254 · LE CONSULAT, — LUTTE PES PEUX ORDRES · texte numérisé non relu

LE CONSULAT, — LUTTE PES PEUX ORDRES

Après l'expulsion dos roîs^ l'autorité suprême fut cpufiéeià (Jeux magistrats auuuels nommés con^ulSj toujours cho^is parmi los patriciens, revêtus du pouvoir et de presque tous les insignes 4e la royauté. Us commandaient l'armée, convoquaient et présidaient le sénat» ainsi que les assemblées du peuple dites comtces par centuriea; ils marchaient précédés de douze licteurs^ qui portaienit u«9 hache au milieu d'un faisceau de verges.

La classe aristocratique profita seule de la chute des Tar- Quins; pour établir l'équilibre entre les deux ordrej^^ il faudra une lutte opiniâtre de cent cinquante ans« Les deux premiers consuls furent Jvmius Brutus, et Tarquin Colhtin^

t« ^ujtvrt contre le« ir«ri|iilim.

Une coBspirfttioft se forma pami les jeiuMa paitrideiis en foveur d« rii exilé, ék les fils d* Bmtus y pnrait part. Leur père, après les avoir eondamnés à mort, ne craignit pas d^asnster à leur supplieSé C'est du reste une époque de dévoue* ments héroïques.

Porsenna, roi d'une contrée de l'Étrurie, avait embrassé la cause de Tarquin, qui était Ivd-même Étrusque d'origine, comme on l'a vu. Il obtint d'abord de grands succès ; mais lorsqu'il vit Boratius Codés tenir seul son armée en échec, à la tête d'un pont, et Mucius Scévola^ qui avait pénétré dans son camp avec le dessein de l'assassiner, se brûler la main sans tésQoigner la moindre douleur, parc» que eette main s'était trompée en frappant ub autre que le roi ; lorsqu'il apprit que

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délie, jeune Romaine qui lui avait été donnée en otage, venait de passer le Tibre à la nage au milieu des traits qu'on lui lançait de toutes parts, il reconnut Fimpossibilité de réduire un peuple qui poussait si loin le fanatisme de la liberté : il abandonna la oausQ des Tarquins et fit la paix.

On aperçoit cependant que la chute des rois nuisit d'abord à Rome, et que la république naissante ne sut pas conserver la domination acquise sur le Latium. Cette faiblesse était entretenue par les divisions des deux ordres, divisions que réveillaient sans cesse les privilèges excessif^ des patriciens et le sort affreux des débiteurs, exposés à la plus duré captivité et même à l'esclavage, s'ils ne satisfaisaient pas leurs créanciers. Le pouvoir consulaire se trouvant quelquefois trop faible, soit pour étouffer les discordes, soit pour repousser les fréquentes attaques des nations voisines, on établit la dictature. L'autorité du dictateur durait au plus six mois, mais elle était sans limites s le patricien Titus Ldrtius fut le premier honoré de cette charge ((i98). Deux ans après, la victoire de Posthumius, au lac Régille, sur les trente villes latines qui soutenaient le parti des Tarquins, ruina le dernier espoir de la royauté ; le vieux Tarquin alla mourir à Cumes, en Gampanie , d^une blessure reçue dans la bauille.

Depuis longtemps, les plébéie&s réolamaient TaUégement des dettes, sai^s rien obtenir. L'apparition sur la place publique d'un débiteur, vieux soldat maltraité par un créaneier impi^ tdyable, fut le signal d'une révolte î le peuple sortit de Rome et alla camper sur le Mont Aventin. Cette retraite lai^ait le nouveau gouvemenaent sans défense oontre les Èques, les Herniques, les Yolsqi^es, toujours prêta à Tattaque. Heureusement, le consulaire Mànénius Agrippa, ambassadeur 4u sénat, vint avec des paroles conciliantes, et ses discours persu^^fs ramer* nèrent les plébéiens à des sentiments de modération. Ils ren-* trèrent dans la ville, à eondition que le taux de Tintérét serait diminué et que l'on instituerait une nouvelle paagistrature, spécialement chargée de défendre et de protéger le peuple. Telle fut l'origine des tribum, dont la personne étaitinviolable, mais le pouvoir d'&bord peu étendu. Il y en eut deux au oomr mencement, puis oinq et enfîn dix. Il» écoutaient à la porte les délibérations du sénat, s^na pouvoir intervenir autrAmeat que

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par un veto (je m'oppose). Cette magistrature acquit dans la suite une telle importance, qu'elle parut aux empereurs le plus efficace de leurs titres et la plus sûre garantie de leur pouvoir absolu..

A peine la sédition était-elle apaisée , qu'un nouvel orage éclate. Un jeune patricien, nommé Coriolany célèbre par ses exploits, avait engagé le sénat à profiter d'une disette pour retirer aux plébéiens ce qu'on leur avait concédé. Les tribuns indignés le font condamner à Pexil par l'assemblée du peuple (490). Coriolan se retire chez les Volsques et vient assiéger Rome, qu'il réduit aux dernières extrémités. Insensible aux supplications du sénat et des prêtres, le rebelle fut désarmé par les prières de sa mère, Véturie ; il retourna dans le pays dés Volsques, oh il mourut.

Un accroissement de droits politiques pour le peuple, un projet de partage des terres conquises, ou loi agraire, présenté par Spurius Cassius, suscitèrent de nouveaux troubles^ qui furent suspendus, un moment, par la brillante victoire du dictateur Quinctius Cincinnatus sur les Èques. On avait pris ce grand homme à la charrue pour l'appeler au commandement suprême ; car alors les principaux personnages de la république cultivaient leur petit champ de leurs propres mains.

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