liiT««lon de« «aiilAls (SM
Après la prise de Véïes, le peuple avait banni, sur d'injustes soupçons, le triomphateur Camille, mais il eut bientôt à se repentir de son ingratitude. Les Gaulois Senons, possesseurs de l'Ombrie, franchirent l'Apennin et vinrent, sous la conduite d'un chef ou Brenn, assiéger Clusium en Étrurie. Trois jeunes Fabius, envoyés en ambassade près des barbares, attirèrent l'orage sur Rome elle-même. Vaincus à la funeste bataille de V Allia (390), les Romains abandonnent leur ville, que les Gaulob livrent aux flammes. Les sénateurs furent massacrés sur leurs sièges ; la citadelle même, le Capitole allait tomber par surprise, au pouvoir des assaillants, lorsque le cri d'alarme des oies sacrées réveilla Manlius, qui renversa les Gaulois et reçut, pour cet exploit, le nom de Capitolinus. Durant sept mois, le Brenn campa au pied de U forteresse ; il ne consentit à s'éloigner que moyennant une forte rançon ; encore usa-t-il de mauvaise foi en ajoutant dans la balance son épée au poids convenu : Malheur aux vaincus î s'écria-t-il d'une voix menaçante, et il partit chargé de dépouilles. Camille que l'on avait rappelé et nommé dictateur, se mit à la poursuite des Gaulois, et tailla en pièces une partie de leur armée.
Rome se releva par sa constance, et cependant le désastre de l'Allia avait laissé une profonde impression de terreur. Dans la suite, au seul bruit de l'approche des Gaulois, on déclarait le tumulte^ c'est-à-dire l'extrême danger de la patrie. On enrôlait toute la jeunesse, on appelait aux armes tous ceux qui étaient ordinairement dispensés du service militaire : tant on redoutait la fougue de cette race intrépide ! D'autres invasions de Gaulois donnèrent lieu à de grands dévouements et à de glorieux faits d'armes, Camille les battit une seconde fois sur
les bords de l'Ânio (367). Le tribun militaire Manlius lutta con^ tre un cbef Senon, d'une stature colossale, lui enleva son collier d'or, torques^ et reçut le surnom de Torquatus. Les Gaulois revinrent cinq fois en quarante-cinq ans.
9, «nerre de» I^ailiui (•«•-«S9).
La guerre des Latins ne précéda pas la longue guerre des Samnites, mais elle s'y mêla dans les premières années et en accrut les périls. Profitant du besoin qu'on avait de leurs services, les Latins réclamaient le droit d'entrer dans la cité romaine et de participer aux dignités de la république, comme ils participaient aux charges communes. Rome, menacée dans sa suprématie, opposa les plus grands efforts à l'ambition de ses alliés. Sa situation était d'autant plus critique, qu'elle trouvait chez ses adversaires la discipline, le courage et Thabitude des armes, qui distinguaient ses propres soldats. On redoubla d'énergie et de vertus civiques : le consul Manlius fit trancher la tête à son propre fils, pour avoir combattu malgré sa défense ; l'autre consul, Décius Mus, se dévouant sur la foi d'un songe, pour le salut de son armée, alla chercher la mort au milieu des ennemis : c'était sur les bords du Véséris, petit ruisseau de la Gampanie, oti les Latins furent taillés en pièces (340). Ils conservèrent le titre d'alliés ; mais on ruina leurs confédérations, on combla le port d'Antium, on détruisit leurs vaisseaux, afin qu'ils perdissent l'espoir de recouvrer jamais l'indépendance.
s. «nerre ûem iiaiiiiilte« et ûem léirwu^^nem (S4t-98S.)
Peuple de pasteurs et de montagnards intrépides, maîtres de ritalie centrale, défendus par les hauteurs escarpées de l'Apennin et par de vastes forêts, les Samnites arrêtèrent pendant plus d'un demi-siècle le progrès des Romains. Gette lutte se partage en quatre guerres principales, séparées par de courts intervalles de paix ; commencée en 342, elle se termina en 290. Plus tard encore, on voit reparaître les Samnites comme auxiliaires des ennemis de Rome : dans les guerres des Lucaniens, de Tarente et de Pyrrhus; enfin, dans la guerre sociale, où ils furent exterminés par Sylla.
La Gampanie, bornée au nord d'un côté par le Latium, de l'autre par le Samnium, était une terre riante et fertile ; les Samnites qui en convoitaient la possession, menacèrent la ville
de Gapoud, et celle-ci réclama contre eux le seeôutu de Rotoe. Ce fut l'occasion du conflit entre les deux peuples. On retnar* que dans cette première période, la victoire de Yalérius Goryus au mont Gaurus (342), et la création d'une nouvelle dignité, le proconsulat^ qui permettait au consul vainqueur de prolonger son commandement, même après qu'il était sorti de charge. Rome victorieuse des Samnites put disposer librement de toutes ses forces contre les Latins, qui furent abattus, comme on Fa vu plus haut.
La seconde époque fut moins heureuse. Caius Pontius, le plus habile général des Samnites, parvint à enfermer deux armées consulaires dans un défilé, près de la ville" de Caudium. Il aurait pu facilement les anéantir ; mais il aima mieux dicter aux généraux des conditions de paix, et déshonorer les légions, en les faisant passer sous le joug. Tel fut Téchec des fourches caudines (321). Plutôt que de ratifier une convention humiliantOi le sénat livra aux ennemis les chefs qui l'avaient jurée, et la guerre se ralluma plus violente que jamais. Papirius Cûrsor eut la gloire de venger l'affront de sa patrie. Uû autre consul fit passer sous le joug 7000 prisonniers Samnites. La Gampanie fut reconquise après une grande victoire (314).
Au commencement de la troisième guerre, une coalition se forma contre Rome : les Étrusques et les Ombriens s'y jetèrent avec ardeur, et furent néanmoins vaincus, près de Pérouse^ pai^ le consul Fabius RuUianus (311). Deux ans plus tard, nouvelle défaite des Samnites à Longula; puis les légions victorieuses promenèrent dans les campagnes du Samnium l'ince'ndie et la dévastation. Les malheureux habitants furent contraints de s'abaisser « devant la majesté du peuple romain i (305).
Cette paix qui ne pouvait être définitive fut suivie d'une quatrième guerre^, la plus terrible de toutes. Les Samnites Juittèteni leur pays totalement ruiné, et descendirent danfe PJÉrurîe qu'ils entraînèrent encore \rtie fois ; les Ombriens et les Gaulois se joignirent & eux. En présence de tant d'ennemis, Rome mit sur pied uïie armée de 90 000 hommes ; Ses deuâc consuls, F<t» bitts et Décius^ remportèrent sur les Samnites et les Senofls «ne victoire décisive à SenUnum (295). J^cîus se dévoua héroïque-* ment, comme l'avait fait son père. Réduits alors à leurs pro* près forces, les Samnites résolurent de combattre jusqu% la mort, et ils tinrent leur serment à la bataille à^Aquiknie^ où les Romains leur tuèrent 30 000 hommes (293). Le consul On* fias Dentatus, aussi célèbre par son désintéressement que paf
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ses talents militaires, acheva la soumission du Samnium (290;) A leur tour, les Étrusques subirent le joug, après une dernière défaite près du lac Vadimon (283). Le soir du monde était venu pour eux, avec la perte de leur indépendance. Une lutte de cinquante ans entreprise et soutenue avec une opiniâtreté sans exemple, valut aux Romains victorieux l'empire définitif de ritalie centrale.
â. tdiérre de Pyrrhus (990-9VS.)
Victorieuse des Latins, des Samnites et des Étrusques^ la république touma son ambition contre des ennemis Hioins redoutables. Elle aspirait à subjuguer les villes opulentes et amollies de la Grande-Grèce, tarente menacée appelle à son secours Pyrrhus, roi d'Ëpire, prince aventureux, formé à l'école des lieutenants d'Alexandre. Il débarque en Italie avec ses mercenaires, et défait d'abord les Romains à Héraclée (280), grâce à ses éléphants de guerre, qui étaient nouveaux pour eux ; mais ensuite^ après une marche inutile sur Rome, après une bataille indécise à Asculurh (â79) et une expédition infructueuse en Sicile, il fut vaincu ^ths de Bénévent^ et forcé de Centrer dans ses États (275). Deux ans ne s'étaient pas écoulés, qu'il trouvait une mort obscure dans la ville d'Argos, où il s'était imprudemment
La guerre contre Pyrrhus acheva l'éducation militaire des Romains, en les initiant à la tactique perfectionnée des Grecs. Curius Dontatus, leur héros de cette époque, battit le roi d'Épire, comme il avait battu les Samnites. Càius Fabridus s'illustra également par sa bonne foi, ses talents et sa frugalité. Aussi l'ambassadeur de Pyrrhus, Cinéas^ envoyé à Rome pour traiter de la paix, avait- il dit à son retour : Le sénat m'a paru une assemblée de rois. Cependant, voilà Romç parvenue au détroit de Messine^ en vue de la Sicile. Pyrrhus s'était écrié au moment de quitter cette île : Quel beau champ de bataille nous laissons aux Romains et aux Carthaginois !
La soumission du centre et du midi de l'Italie était le prélude et comme la condH;ion de la défaite de Carthage et de la conquête du monde. Un système habile de colonies militaires tenait les vaincus en respect, et de prudentes eoncessions les attablaient à la république. Leurs cités, diversement traitées^ jouissaient de privilèges plus ou moins étendus, sous le dom de mumioipes^ de préfectures^ de villes alliées. En retour, ils donnaient à Rome de braves soldats dévoués à sa défense* Celle-ci
allait étonner le monde par la puissance de ses Institutions et Fimmensité de ses ressources.
Synchronismes.
Bataille de V Allia; les Gaulois à
Rome.
Bataille de Mantinée ; mort d'É-
paminondts.
Exploits de Manlius Torquatus
contre les Gaulois.
Philippe, roi de Macédoine.
Guerre sociale et guerre sacrée
chez les Grecs.
Guerre des Samnites»
Guerre des Latim, Bataille de Chéronée; asservissement de la Grèce.
Alexandre, roi de Macédoine,
— Darius Codoman , roi de
Perse. ^
Bataille dessus.
Bataille d'Arbelles en Assyrie;
fin du royaume des Perses.
Papirius Cursor, vainqueur des
Samnites.
Mort d'Alexandre.
Guerre lamiaque; mort de Dé-
mosthène.
Fourches candines.
Ère des Séleucidei.
3il. Les Étrusques et les Ombriens défaits près de Pérouse.
302. Égalité complète des deux ordres à Rome ; partage du sacerdoce.