Hljitoire de la Sicile
Parmi les colonies grecques dont la Sicile était peuplée, Syracuse tenait le premier rang depuis la royauté de Gélon, qui défit les Carthaginois dans un grand combat^ le jour mjôme de la bataille de Salamine (480). Hiéron, son frère et son successeur, illustre par son amour pour les lettres, attira près da lui les poètes Pindare, Simonide et Eschyle. Bientôt après, le
yCoogle
fflSTOIRE ANCIENNE. 113
gouvernement démocratique prévalut à Syracuse. Plus puissante que jamais depuis la malheureuse expédition des Athéniens, cette ville, avec sa richesse et ses 500 000 habitants, disputait Tempire de la Sicile aux Carthaginois, toujours tentés par une proie si riche et si fort à leur convenance. L'anarchie l'avait souvent livrée aux tyrans*. En 404, Denys^ sumonamô r Ancien^ usurpa le souverain pouvoir et se soutint par ses talents et par ses crimes. Il battit souvent les Carthaginois ; peu s'en fallut même qu'il ne les chassât de la Sicile. Son fils, Denif» le Jeansj fermant Toreille aux conseils du philosophe Platon qu'il avait appelé à sa cour, se montra plus cruel encore, mais moins habile que son père. Chassé de Syracuse une première fois, il signala son retour par d'atroces vengeances, et fut de nouveau expulsé par Tmo^on (343). Il chercha un asile à Corinthe, ot Ton dit que, pour vivre, il fut réduit à se faire maître d'école.
Timoléon rendit à la Sicile son ancienne prospérité ; il la délivra des tyrans qui la désolaient, et reprit aux Carthaginois presque toutes leurs possessions. Un bonheur constant accompagnait toutes ses entreprises ; enfin, il donna une dernière preuve de sagesse en abdiquant trois ans avant sa mort (337).
Quelque temps après, le fils d'un potier, Agathûcle, s'empare du pouvoir et l'exerce avec la plus horrible tyrannie. Audacieux jusqu'à la témérité, dans le temps que les Carthaginois assiégeaient Syracuse, on le vit s'embarquer avec son armée, des-* cendre en Afrique^ faire trembler Carthage et lui imposer un traité (307). Plus tard, les Mamertins, anciens mercenaires d'Âgathocle, ayant surpris Messine dont ils firent leur place d'armes, infestèrent la Sicile par leurs brigandages. Pressés à la fois par les Syracusains et les Carthaginois, ils invoquèrent le secours des Romains, qui ne cherchaient qu'un prétexte pour intervenir en Sicile. Telle fut l'origine de la première guerre punique.