‹ Abrégé chronologique de l'histoire universelleChapitre 64 sur 254 · HoiiTeUed eonqiiéie« de» RomaliKi · texte numérisé non relu

HoiiTeUed eonqiiéie« de» RomaliKi

La première guerre punique une fois terminée, Rome put jouir enfin d'une paix générale, qui ne fut pas de longue durée. La Sardaigne et la Corse étaient au pouvoir des Carthaginois. A l'exemple des mercenaires d'Afrique, les soldats en garnison dans ces deux îles, se révoltent contre Carthage, et appellent les Romains à leur secours. Foulant aux pieds les traités et le droit des gens, ceux-ci répondent à Pappel des mercenaires, et soumettent pour leur compte la Sardaigne et la Corse, après avoir dompté Topiniâtre résistance des habitants, qui se prolongea huit années entières (236).

Deux autres guerres fournirent encore aux Romains l'occasion de s'agrandir. Teuta, reine d'Illyrie, aveuglée par les avantages que ses pirates remportaient sur les Grecs et sur les Épirotes, osa mettre à mort un envoyé romain. La vengeance suivit de près cette injure : Teuta fut obligée de céder une grande partie de son royaume (228). Maîtres de l'iUyrie, les Romains dominaient TAdriatiqae et menaçaient la Macédoine. D'un autre côté, toute l'Italie était soumise, à l'exception des infatigables Ligures et des Gaulois Cisalpins. A la suite d'une usurpation de leur territoire, ces barbares se liguèrent entre eux et marchèrent sur Rome, où la frayeur fut si grande qu'on eut recours aux sacrifices humains : deux Gaulois furent enterrés vivants au milieu du forum. On mit sur pied jusqu'à 776 000 soldats. Cernés par deux armées consulaires, les Gaulois perdirent kO 000 hommes près du cap Télamon (Étrurie). Cette brillante victoire et, bientôt après, celle du brave Marcellus sur le roi des Gésates, qu'il tua de sa propre main (222), permirent aux Romains d'établir leurs colonies sur les deux rives du PÔ.

ft. Deuxième guerre punique (•iO-tOl).

Des griefs réciproques amenèrent la reprise des hostilités entre Rome et Carthage.

Héritier de la haine de son père, le jeune Annibal pressait vivement Sagonte, ville gréco-latine d'Espagne^ alliée des Romains. Les Sagontins, réduits à l'extrémité, après une défense opiniâtre, allument sur la place publique un graa,d feu, y jettent ce qu'ils ont de plus précieux, et s'y précipitent^ eux-mêmes, aimant mieux périr ainsi que de tomber au pouvoii' des Cartha-

yGoogk

ginois. Une députation fat envoyée de Rome au sénat de Carthage, qui refusa d'accorder aucune réparation. L'ambassadeur Fabius, après avoir donné le choix de la paix ou de la guerre, laissa tomber les plis de sa toge qull avait relevée : c'était, par un geste muet, déchaîner sur le monde de nouvelles calamités.

Après la ruine de Sagonte (219), Annibal, à la tète de 60 000 mercenaires dévoués à sa fortune, franchit avec une étonnante rapidité l'Èbre, les Pyrénées, le Rhône et les Alpes, dont le passage lui coûta plus de la moitié de son armée. Tombant inopinément sur l'Italie, il défit Scipion sur le Tésin^ et Sempronius sur la Trébie (218). L'année suivante, ayant réparé ses pertes par de nombreuses recrues gauloises, il battit Caïus Flaminius sur les bords du lac Trasimène. La savante tactique de Fabius le temporiseur retarda quelque temps ses progrès ; mais l'imprudence de Varron lui rendit la victoire : 50 000 Romains, parmi lesquels le consul Paul-Émile, périrent à la désastreuse journée de Cannes (216).

On crut la république perdue ; une partie de ses alliés Fabandonnèrent; déjeunes patriciens parlaient de fuir au delà des mers. Mais c Rome fut un prodige de constance. » Elle appelle aux armes toute la jeunesse capable de servir ; elle enrôle les esclaves, les débiteurs et même les criminels; elle refuse de racheter les prisonniers de guerre, ne voulant pas recourir à des soldats qu'elle regarde comme flétris par la captivité. Enfin, le sénat vint au-devant du consul Varron, et le remercia « de n'avoir pas désespéré de la République. »

On a prétendu qu' Annibal vainqueur devait, à ce moment, marcher sur Rome, sans laisser au sénat le temps d'aviser. On lui a reproché d'avoir fait hiverner son armée à Capoue, où elle s'amolht au milieu des voluptés. Mais si l'on réfléchit que le général carthaginois s'épuisait par ses victoires mêmes, et qu'il était très-faiblement soutenu par sa patrie; si l'on considère que la domination romaine, solidement établie, fut à peine ébranlée par la défection d'une partie de l'Italie méridionale et de Capoue ; que le patriotisme des citoyens fournissait au sénat d'abondantes ressources, on en conclura que le succès d'Ânnibal était presque impossible. Du reste, à partir de ce moment, la fortune de Rome se relève. Marcellus recueille les débris de l'armée échappés au désastre de Cannes ; il repousse avec gloire les Carthaginois devant Nole^ et montre ainsi qu'Annibal n'était pas invincible.

•• DlTersioiui en faTear d'AnnllNil.

Les dangers néftnmoias se multipliaient autour de Rome. Le sénat dâcotitrit qu^un traité avait été conclu entre Annibal et Philippe, roi de Macédoine, et que ce prince allait se joindre aux Carthaginois. Hiéron, roi de Syracuse, fidèle allié de la république depuis cinquante ans, Venait de mourir, et son petit-fils s'était déclaré pour Carthage. Rome fît face à tous ses ennetnis. L'armée du préteur LsevinUs passa en Grèce et arrêta le roi de Macédoine kApoUonie (SU). En Sicile, Marcellus emporta Syrâcuèe^ qu'avaient défendue pendant deuï ans le génie et les machines d'Archimède* (212). Capoue fut reprise et détruite impitoy2d}lement, en 211, malgré les efforts d' Annibal. Celui-ci ne put davantage sauver Tarente ; il réussit seulement à faire périr Marcellus dans une embuscade.

Cependant^ Pubiius Cornélius Scipion, le fils du consul vaincu au Tésin, è peine âgé de vingt- quatre ans, avait reçu le commandement des légions romaines en Espagne, oCi venaient de périr son père et son oncle. De rapides et brillants succès signalèrent les débuts de ce jeune héros, qui eut bientôt ruiné la puissance des Barca dans la péninsule. CdrthagènBj leur mélroi$ole et leur citadelle, fut enlevée d'assaut comme par une itispil^tidn du eiel (210). Les Espagnols^ gagnés par une conduite pleihe de modération et de générosité, mirent bas le« armes. Asdrubal, frère aine d' Annibal, voyant que tout était ptràvL de ce côté, réunit 60 000 hommesj et se précipita pour rejoindre son frère en Italie, par la route que celui-ci avait tracée. Jamais Rome n'avait été dans un plus grand péril.

Page 1