CONQUÊTE DU MONDE
Home avait employé toutes ses forces contre Garthage, et, dès qu'elle fut sortie triomphante de cette lutte mémorable, elle ne vit plus autour d'elle aucune puissance capable de lui résister. On n'a pas oublié l'état d'anarchie et d'épuisement dans lequel était tombée la Grèce après la mort d'Alexandre. D'un autre côté, les royaumes formés de l'empire du Conquérant prenaient à tâche de hâter leur ruine en se faisant continuellement la guerre. La domination de Carthage n'existait plus en Afrique. Un ambitieux voisin, l'infatigable et rusé Massinissa, devait seconder, dans son propre intérêt, les desseins du sénat contre cette république. L'Espagne devenue romaine, ainsi que les lies de la Méditerranée, ne comptait plus qu'un petit nombre de peuplades indépendantes ; Tltalie, à l'exception des Gaulois Cisalpins et des Ligures, était complètement soumise, c Les Romains parurent alors dans toute la terre pour tout envahir. »
t. «uerre contre les rois 4e Maeédolne et de Syrie.
L'intervention de Philippe III, roi de Macédoine, dans la deuxième guerre punique, attira sur ce prince la colère des Romains. Non contents de l'avoir vaincu à l'embouchure de l'-^oiis et de lui avoir imposé un traité onéreux, ils profitèrent du mécontentement général de la Grèce et des attaques de Philippe contre le roi d'Egypte, leur protégé, pour lui déclarer de nouveau la guerre. Après d'assez longues hostilités, le consul Flamininus gagna la bataille de Cynoscéphale (197), et, par sa conduite habile, sut intéresser les Grecs au succès des Romains. Philippe, pour obtenir la paix, accepta des conditions aussi dures qu'humiliantes.
Cependant, l'implacable ennemi de Rome n'avait pas renoncé à Tespoir d'une revanche suprême, et banni de sa patrie, il voulut soulever l'Asie en soufflant aux princes la haine qui l'animait lui-môme. Antiochus le Grand, roi de Syrie, reçut Annibal avec bienveillance* et prêta l'oreille à ses conseils, mais sans avoir le courage de les suivre jusqu'au bout. Au lieu d'attaquer les Romains en Italie, il va les attendre en Grèce, où l'appe-
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laient les promesses des Ëtoliens, dissipe tout un hiver en préparatifs et en divertissements. Vaincu aux Thermopyles par le consul Âcilius Glabrion ou plutôt par Gaton (191), il repasse précipitanunent la mer, voit sa flotte anéantie, perd enfin, dans TAsie Mineure, la bataille décisive de Magné»U (190). L'armée romaine avait franchi FHellespont sur des vaisseaux prêtés par les Rhodiens et par Eumène, roi de Pergame. Le vainqueur du roi de Syrie, Lucius Scipîon, frère de TAfricain, reçut le surnom d'Asiatique et dicta les conditions de la paix. Antîochus était relégué au delà du Taurus, dépouillé de ses éléphants et de ses vaisseaux, ruiné par un tribut de 80 millions. Rome partagea PAsie Mineure entre ses alliés : le roi Eumène, puissant par ses richesses, et les Rhodiens, puissants par leur marine. Les GiUiXtes ou Gaulois établis en Phrygie, furent soumis par le préteur Manîius Vulso (189).
De tant d'ennemis un moment menaçants, il ne restait plus debout qu'Atmibal, qui s'était réfugié à la cour de Prusias, roi de Bithynie : Panimosité des Romains le poursuivit jusque dans ce nouvel asile. Prusias, intimidé, s'engagea honteusement à leur livrer son hôte, et le glorieux vieillard délivra Rome de ses terreurs, en avalant du poison (182;. L'année précédente, Philopœmen, le dernier des Grecs, avait péri à Messène, et Soipion l'Africain était mort, exilé volontaire, à Liteme en Gampaoie.
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Philippe 111, indigné des exigences. arbitraires de Rome, s'efforçait de réparer ses pertes; travaillant de loin à recommencer la lutte, il s'alliait avec les peuplades barbares de la Thrace> remplissait son trésor, exerçait isans relâche son armée ; mais de cruels chagrins vinrent troubler ses préparatifs. Ayant ajouté foi aux accusations calomnieuses de son fils naturel PerséOi il fit mourir Démétrius, son autre fils, qui avait vécu longtemps à Rome comme otage, et les remords qu'il en éprouva abrégèrent ses jours (179).
Persée, devenu roi, chercha, comme avait fait son p^ à susciter partout des ennemis aux Romains. 11 fit secrètement alliance avec les Carthaginois, et la coalition ainsi formée aurait pu être redoutable, si Persée n'eût compromis sa cause par son avarice et sa perfidie. Néanmoins il défendit avec succès, pendant trois ans, l'entrée de la Macédoine, qui fut enfin forcée
par le consul Marcius. Puis vint Tillustre Paul-Émik^ qui vainquit complètement Persée à Pydna (16S) en faisant rotnpre la phalange par ses légionnaires. Le malheureux roi fut pris avec ses trésors dans Pile de Samothrace, où il s'était réfugié. Il servit d'ornement au magnifique triomphe de Paul-Émile, et se laissa mourir de faim en prison. Ainsi finit le dernier successeur de Philippe et d'Alexandre. L'Épire, alliée de Persée, fut punie par la destruction de 70 villes et la vente à l'encan de 150 000 de ses habitants. Telles étaient les vengeances des Romains. La Macédoine avait été partagée en quatre districts, et quelques années plus tard (148), elle fut réduite en province romaine par le consul Métellus, vainqueur de l'usurpateur Andriscus, à la deuxième bataille de Pydna.
La Grèce n'eut pas un meilleur sort. Les ligues étolienne et achéenne, qui avaient fait sa force, après s'être armées Tune contre l'autre, s'étaient laissé dominer par la politique de Rome. Mille Achéens, suspects de patriotisme, furent déportés en Italie, et n'obtinrent leur retour qu'au bout de dix-sept ans. Réduits alors au nombre de trois cents, ils soulevèrent encore leurs compatriotes contre Rome. La ligue achéenne, reconstituée, nomma deux nouveaux stratèges. Le consul Métellus, surnommé le Macédonique, vainquit l'un d'eux à Scarphée, et le consul Mummius triompha du second à Leuœpétra (146). Le sénat n'avait plus besoin- de ménager les vaincus. Corinthe, l'une des principales villes de la ligue, fut livrée aux flammes par Mummius, et les œuvres d'art qui faisaient son orgueil allèrent embellir les temples de Rome. La Grèce entière devint une province romaine sous le nom d'Âçhaïe (146).