‹ Abrégé chronologique de l'histoire universelleChapitre 70 sur 254 · Première s^erre de Mltliridate (9f · texte numérisé non relu

Première s^erre de Mltliridate (9f

Ambitieux et cruel, Mithridate, roi de Pont, saisit le moment où les villes grecques d'Asie étaient poussées à bout par les agents du fisc ou publicains qui trafiquaient de tout, même des hommes libres. Après avoir enlevé la Cappadoce et la Bithynie à deux rois alliés de la république, il fit massacrer en un sçul' jour, dans l'Asie Mineure, 80 000 Romains. Il méditait un projet gigantesque, celui de porter la guerre jusqu'en Italie, et d'entraîner à sa suite les peuples mal soumis ; mais renouvelant la faute qu'avait commise Antiocbus, au lieu de surprendre le sénat par une soudaine invasion, il envoya ses armées en Grèce. Sylla passe la mer, et fait le siège à^ Athènes^ qui s'était déclarée pour Mithridate. Les Athéniens résistèrent neuf mois; toujours moqueurs et spirituels, ils comparaient le hideux visage du général ennemi à une mûre saupoudrée de farine, plaisanterie qui leur coûta cher. Maître enfin de la ville, Sylla l'inoDda de sang, et, suivant son expression, « ne fit grâce aux vivants qu'en faveur des morts. »

Le général de Mithridate Archélaûs perdit les deux batailles de Chéronée et d'Orchomène (86). Sylla conclut alors avec le roi de Pont un traité qui, donnant toute satisfaction aux Romains, ne laissait au vaincu que ses États héréditaires (84).

». Dictature de Sylla (dt).

Libre de se venger, Sylla revient en Italie où l'attendaient> pour le combattre, les chefs du parti démocratique, le jeune Marius, Sertorius et Carbon. Mais le vainqueur de Mithridate,

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servi par des soldats qu'il a gorgés de butin, secondé d'ailleurs par le jeune Pompée et par Grassus, disperse ou séduit les armées ennemies, bat ou met en fuite leurs généraux. Une sanglante victoire qu'il gagne aux portes de Rome sur les Samnites, les Étrusques et les Lucaniens, alliés du jeune Marins, le rend maître absolu de la ville et de la république. Il se fait nommer dictateur perpétuel^ et use envers ses ennemis de cruelles représailles. Le premier, il dressa des listes de proscrtpf ton: les citoyens portés sur ces listes fatales étaient voués à la mort sans aucune forme de jugement. Leurs biens étaient confisqués et vendus à l'encan. Il était défendu sous peine de la vie, môme à leurs plus proches parents, de leur donner asile ; leurs enfants furent déclarés infâmes jusqu^à la troisième génération. Avoir été partisan de Marins n'était pas le seul titre de proscription; il suffisait d'être riche. Un citoyen étranger à tous les partis lit son nom sur une des listes de mort : Malheureux! s'écriet-il, c'est pour rrut maison d'Albe, et il tombe égorgé à quelques pas de là. Cette terreur dura six longs mois (82-81). Les terres de l'Étrurie furent livrées en propriété aux vétérans du dictateur, qui formèrent dans ce pays trente-deux colonies.

Sylla entreprit alors de reconstituer la république et de rendre à l'aristocratie tous ses anciens privilèges. Il étendit le pouvoir législatif et judiciaire du sénat, abolit la censure, restreignit les droits de l'assemblée du peuple et enleva aux tribuns leurs principales prérogatives. Quand il eut gouverné pendant trois ans et publié ses lois dites Cornéliennes^ qui devaient à peine lui survivre, il ne craignit pas d'abdiquer, et mourut dans la retraite à Gumes, en Gampanie, d'une affireuse maladie, suite de ses débauches (78).

Pendant son expédition d'Asie, le dictateur avait ruiné toute discipline militaire, en laissant vivre ses soldats dans la licence. Pour relever la noblesse, il abaissa les c/ievaZters, qui étaient devenus une classe intermédiaire entre le peuple et les patriciens. La ferme des impôts et des revenus publics, d'où ils tiraient, dans les provinces, le nom de publicains^ leur donnait une grande influence ; mais on les détestait à cause de leurs exactions.

Synchronismes.

13S. Tribunat et mort de Tibêriui

Graechut, 129. Le royaume de Pergame de^eni

proYÎaoe romaine.

133. Trilïnnat de Cafus OracchuM, 122. Fondation d'Aix; SexHut, 121. Mort de Caïus Gracchus.

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