uerre de Sertorlus (9t-Vt
Le parti de . Marius n'était pas abattu dans les provinces comme il l'était en Italie. Il se soutint quelque temps encore en Sicile, en Afrique, et surtout en Espagne, où Sertorius remporta de grands avantages contre les armées du sénat. Mais Sylla semblait avoir transmis à Pompée sinon son génie, du moins son bonheur, qui lui avait valu le surnom de feliœ (heureux). Pompée arrivait toujours à propos pour terminer des expéditions qu'il n'avait pas commencées et pour s'approprier le succès de ses rivaux. Peu à peu le nom de ce chevalier (car il appartenait par sa naissance à l'ordre équestre), répété par le peuple dans toutes les circonstances difficiles, va devenir le plus important de la république, et cette importance exclusive d'un seul homme fait assez voir que l'empire n'est pas loin.
Sertorius joignait à de grands talents militaires beaucoup de nobles qualités. Autour de lui se réunirent tous les Italiens mécontents, tous les anciens amis de Marius, enfin les Lusitaniens, qu'il sut armer et discipliner à la romaine. Il établit un sénat de trois cents citoyens de distinction proscrits comme lui ; il fit alliance avec Mithridate. Personne n'était plus habile que lui à profiter des ressources du terrain, à égarer l'ennemi dans des sentiers impraticables, à soutenir l'espérance du soldat en flattant ses superstitions. A force de ruse et d'audace, il réduisit
à Fimpuissance Métellus Pius qu'on lui opposa d'abord. Pompée, adjoint à Métellus, ne fut guère plus heureux. Il fallut employer la trahison contre celui que les armes ne pouvaient atteindre, et la tète de Sertorius fut mise à prix. La défiance le rendit cruel, il s'aliéna les Espagnols et périt assassiné par son lieutenant Perpenna (72).
Pompée brûla généreusement la correspondance de Sertorius, de peur qu'elle ne compromit plusieurs grands personnages. Perpenna fut mis à mort, l'Espagne pacifiée, et Pompée, par son bonheur, fit oublier les services de Métellus.