‹ Abrégé chronologique de l'histoire universelleChapitre 83 sur 254 · Werva (Sa}, Trajan · texte numérisé non relu

Werva (Sa}, Trajan

Après la mort de Domitien, les conjurés et le sénat déférèrent la souveraine puissance au consulaire Nerva , vieillard de soixante-dix ans qui sut, dit Tacite, concilier l'autorité d'un seul avec la liberté de tous. Il fit cesser la persécution décrétée contre les chrétiens, et diminua les impôts; mais il n'avait plus l'énergie nécessaire pour contenir les prétoriens qui, regret tant la licence du règne précédent, forcèrent Nerva à leur abandonner les meurtriers de Domitien. Le vieil empereur résolut alors de remettre le gouvernement entre des mains plus fermes, et, pour la gloire de l'empire, il adopta l'Espagnol UlpiusTrajan,

158 mSTOÏRB ANCIENNE.

qui commandait les légions romaines en Germanie. Loi-môme mourut trois mois après.

Trajan gagna d'abord tous les cœurs par la simplicité de ses habitudes et la sévérité qu'il montra contre les (^lateurs, anciens complices de la tyrannie de Domitien. Il rendit au sénat et au peuple une partie de leurs anciens droits, allégea le poids des impôts, encouragea dans les provinces Pagriculture et le commerce. Non content d'assurer la prospérité de l'empire, il voulut encore en reculer les limites par ses conqiïètes.

Les Daces inquiétaient depuis longtemps par leurs incursions les frontières romaines. Trajan pénétra dans leur pays, battit trois fois leur roi Décébale, et, dans une seconde expédition (101), réduisit la Dacie en province de l'empire •. ï^ô souvenir de cette grande conquête fut perpétué par la célèbre colonne irajane, que Ton voit encore à Rome. Un pont ftrt jôté sur le Danube, et Trajan sut rendre sa puissance utile, ïhême au peuple qu'il avait vaincu.

En Asie, les Parthes étaient toujours pour Ronie tîes ennemis et des rivaux redoutables. Trajan battit deux îtôis leur roi Chosroôs, et le contraignit à demander la paix (li^). Dépassant alors les limites fixées par Auguste, il réduisit ^Arménie ^ la Mésopotamie et V Assyrie en provinces romaines. C^rtnme autre-^ fois César, il méditait de grands desseins, et conçut même la pensée de renouveler la merveilleuse expédition d'Alexandre dans' les Indes. Arrêté dans ses projets par des révoltes, tantôt en Arabie, tantôt en Judée, il tomba malade et mourut à Sélinônte, en Cilicie (117).

L'histoire lui reproche son intempérance et la lîtènce de ses mœurs. Elle lui reproche plus sévèrement encore d'avoir ordonné ou permis la troisième persécution contre les chrétiens. Deux vénérables vieillards, saint Siméon, évêque de Jérusalem, saint Ignace, évoque d'Antioche , souffrirent alors le martyre (107). On trouve dans les lettres de Pline le Jeune, une curieuse correspondance avec l'empereur, au sujet des chrétiens.

*. AàHeltL (IIV). Aiitonln (flS9).

Fils adoptif de Traj^, Adrien suivit la politique d'Auguste

1. Pont Qttébrar m vietoiro, Tn^ati éonat des jeux qui dvrèMit cent vingt* troii jowrg, où »^mtr'égQ|^èrtnt 10000 ^a^taors, où pararoftt 11 000 hétm fauves; et Pline le Jeune tante la bonté de origan I

ms!rotfa5 AtrâïéimE. 169

plutôt que éèild dé son ptédééeislsettr. Persuadé ^e l'empire aurait beaucoup de peine à défendre des provinces trop éloignées, il ne conserva des conquêtes du dernier règne que la Bacie; puis il visita toutes les parties du monde romain, c agissant, disait-il, comme le soleil dont les rayons doivent luire pour tous. «

Il traversa la Gaule, et construisit dans la Grande-Bretagne, entre la Tyne et le golfe de Solway, une muraille appelée depuis mur S Adrien. Toutefois il ne put réprimer complètement les incursions des Calédoniens (Ecosse). De là, revenant sur le continent, il éleva les arènes de Nimes et le pont du Gard. Ensuite, il visita TAfrique, puis l'Asie, où il conclut la paix avec le roi des Parthes. A son retour de POrient, l'empereur-bâtit une nouvelle Athènes, à côté de Tancienne. Partout enfin il laissa des traces de sa libéralité et de ses goûts magnifiques.

Sous le règne d'Adrien eut lieu, en Judée, la dernière révolte dont nous avons parlé ailleurs (135). L'empereur avait voulu reconstruire Jérusalem, changer son nom, et bâtir des temples païens sur la colline de Sion : profanation que les Juifs ne purent supporter à aucun prix. Il en périt près de 600000 pendant la guerre ; le reste de ce peuple infortuné fut vendu comme esclave et dispersé par tout l'univers,

Sous le nom à'édit perpétuel^ Adrien recueillit les principaux arrêts de la jurisprudence romaine, afin qu'ils servissent de modèle aux préteurs. Du reste, il abolit ce qui subsistait encore des institutions républicaines ; les empereurs étaient tout, lex animata, la loi vivante. Si l'on admire les bienfaits de son administration et les monuments qui font de son règne la plus belle époque de Part romain, on ne peut lui pardonner Penvie et la défiance qui le portèrent plus d'une fois à des cruautés, ni sa coupable faiblesse pour un infâme favori nommé Antinous. Son tombeau, le Môle d'Adrien, est aujourd'hui le château Saint- Ange.

Antonin (138), d'une famille originaire de Nimes, adopté par Adrien, fit monter sur le trône les vertus de la philosophie stoïcienne, dont il était le disciple convaincu. Son règne de vingthuit ans n'a guère attiré Pattention des historiens. Pour ses contemporaine, il fut le père du genre humain^ et la postérité lui a conservé le nom de pieux. Il rendit un damier service à Pempire en adoptant son gendre Marc-Aurèle,

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