BKare-Avrèle (!•!). Cemmode (t
Maro-Aurèle partagea d'abord le pouvoir avec son cousin Ludus Vérus, également adopté par Antonin. Attaché de bonne heure, comme son beau-père, à la secte des stoïciens, on Ta surnommé le prince des philosophes et le philosophe des princes. Mais toutes sortes de fléaux, la peste, la famine et des guerres périlleuses désolèrent son règne.
Lucius Vérus, envoyé contre les PartheSy s'oublia dans les débauches après quelques succès , et laissa ses lieutenants achever la pacification de l'Orient. Il mourût au commencement d'une guerre contre les Marcomans qui, ligués avec un grand nombre d'autres peuples barbares, avaient franchi le Danube et s'avancèrent, en traversant la Pannonie, jusque sous les murs à^Aquilée (Illyrie) : c'était le prélude des invasions (168). Marc-Aurèle réussit, non sans peine, à repousser cette masse de barbares. En Orient, Avidius Gassîus, lieutenant de Vérus, abusant des succès qu'il avait obtenus sur les Parthes, se fit proclamer empereur et fut tué trois mois après. Dans cette occasion, Marc-\urèle montra une clémence, dont il ne se départit qu'à l'égard des chrétiens; car ce fut lui qui ordonna la quatrième persécution (163). Un miracle éclatant, accompli en sa présence, aurait dû lui ouvrir les yeux. Les Quades et les Marcomans, de nouveau soulevés, avaient mis en péril l'armée romaine; engagée sur leur territoire, par un temps très-chaud, elle souffrait cruellement de la soif. Dans cette extrémité , une légion, la Fulminante^ composée presque entièrement de chrétiens, obtint du ciel pour l'empereur et ses troupes une pluie abondante, à l'heure même où la grêle et les éclairs jetaient l'épouvante parmi les ennemis et commençaient leur déroute (174). Marc-Aurèle venait de combattre encore une fois les barbares de la Germanie , quand il mourut à Vienne, sur le Danube, peut-être par le crime de son fils Commode, dont il avait toléré les vices.
Malgré tant de signes de décadence, la civilisation matérielle des Romains était alors si brillante et si forte, que les auteurs contemporains ne craignent pas de célébrer en termes magnifiques l'éternité de l'empire et la paix universelle.
Commode, l'indigne fils de Marc-Aurèle (180), eut bientôt détruit cette prospérité. Il commença par acheter la paix des Marcomans, et vint aussitôt déployer dans Rome ses vices et ses fureurs. On le vit descendre dans l'arène pour y combattre en
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HISTOIRE ÂNGIENKË. 161
gladiateur, se poser en rival d'Hercule et se faire un |ea de massacrer les citoyens les plus inoffensifis. Il périt assassiné après treize ans de tyrannie (192).
ft. Slèele des Antonlns.
Les cinq premiers successeurs de Domitien sont appelés les Antonins et forment une famille d'adoption, où chaque prince s'applique à justifier le choix dont il a été l'objet. C'est l'époque la plus heureuse de l'empire romain, qui comptera maintenant si peu de beaux jours.
Les lettres latines, après le siècle d'Auguste, s'honorent de plusieurs écrivains remarquable^ : le philosophe Sénèquey le poète épique Lueairiy l'historien Tacitef le rhéteur Quintilien, les deux Pline, le poète satirique Juvénal, Tacite surtout, « le plus grand peintre de l'antiquité, » proteste, au nom de la conscience humaine, contre les horreurs et les infamies de son temps. A partir de Trajan, la décadence commence avec lé mauvais goût. — Les lettres grecques sont plus fécondes et surtout plus vivaces. Sous Auguste, on avait vu fleurir Thistorien Diodore de Sicile et le géographe Strahon; sous Vespasien, l'historien juif Josèphe. L'époque des Antonins produisit une multitude d'écrivains, parmi lesquels on <tistingue le biographe et moraliste Plutarque, le critique Lucien^ le médecin Galien. L'école stoïcienne, qui donnait à Rome ses derniers citoyens et ses grands jurisconsultes, lui donna aussi deux moralistes d'une doctrine élevée : Épictète et MarC'Àurèle, Leurs principes s'épuraient, même à leur insu, par l'influence croissante de l'Évangile.
e. Histoire de VÛglîMe au deuxième slèele.
L'Église continua d'affermir et d'étendre ses conquêtes, malgré les hérésies et les persécutions. Sous Marc-Aurèle, saini PolycarpCy disciple de saint Jean et évèque de Smyrne, son disciple, sadnt Pothin, premier évèque de Lyon, tous deux nonagénaires, offrirent l'exemple d'une mort héroïque. Le Grec saint Irénée, successeur de saint Po« thin , illumina les Gaules de l'éclat de sa science et de son apostolat. Un philosophe converti , saint Justin^ adressa ses deux apologies, si dignes d'être entendues, la première à Antonin , la deuxième à Marc- Aurèle; il souffrit le martyre sous ce dernier empereur.
Aux superstitions grossières, au fanatisme barbare du monde païen, l'Évangile oppose l'innocence, les miracles, le génie et le courage de •es enfants : sa yictoire est assurée.
Synchronismes.
pr
Supplice de Sabinus.
■09. Les Flaviens. Vespoiim, empe- 1 7o. Prise de Jérusalem par Titus, reur. ' 7«.
79, TituSf empereur. Première éruption da YéeuYe; Pli»e l'Aneien.
Domitim, empereur.
Conquête de la Grande-Bretagne
par Agricola.
Invasion des Daces en Méûe.
Deuxième persécution, Bowliof (^ saint Jean l'Énngéliste.
9û, liEsAvTONiNs.JVerva, tmpereur.