ïïjeet preukier» Syriens (tOS-tSft
' Septime Sévère, Africain d'origine, plus actif ejt plus habï]^ que ses compétiteurs, arriva le premier à Home et s'empar^dji pouvoir, après que Qidius eut été mis à mort par ses spldats. Le nouvel empereur, ayant cassé la milice des prétoriens, forr ma, pour les remplacer, une garde privilégiée plus nombreuse que l'ancienne, et fortifia ainsi TinfluencQ de la soldatesque a^ lieu de Tafifaiblir, Rome, qui devait tout à la force des armes, était justement condamnée à périr par l'excès de son systènpfp militaire . Septime se dispose ensuite à combattre ses concurrents. Allié d'abord avpcAlbinus, il ppursuit Pescennius Niger ^n Syrie, le défait trois fois, à Cyzique, à Nicée, à Issus ; puis, lorsque ce rival eut succombé, il revint combattre Albinus, qui uyait soulevé en sa faveur la Gaule et la Germanie toujours ^vjir des d'indépendance. Vaincu près de Lyonj dans ]ane J)Mam0 qui mit aux prises deux armées de ^50 000 bonmxes, Albinus fut contraint de se donner la mort, et l'infatigable Sévère co^r rut en Orient punir les Parthes de l'appui qu'ils avaient prêté à Pescennius Niger. De retour à Rope, il force le sénat d'él«ver des autels à Commode, ordonne d'épouvantables proscriptionii et décrète la cinquième persécution contre les chrétiens (202)« C'est alors que périrent avec saint Irénée, évoque de jjyoi^ 18 000 martyrs, et que Tertullien écrivit son éloq^^nîte Ap4h' hgétique, A Rome, deux femmes admirables, sainte Perpétue et sainte Félicité, étonnèrent les spectateurs de Tamphithéâtr^ par leur intrépidité devant les bêtes féroces.
Les dernières années de Septime Sévère furent attristées p^ les dissensions de ses deux fils Garacalla et Géta, pour ûs^ quels il montrait une grande tendresse. Une révolte des PiQtes et des Scots l'obligea de passer en Bretagne et d'y construire un mur entre le Forth let la Clyd^» Il mourut à York après cçtte expédition, résumant {sa vie entière dans son dernier mot d'ordre, Lahwemus (travaillons). Sa grandeur ne l'avait poi^ enivré : Tai été tout^ disait-il, et fai vu que rien m vaut.
Les tristes prévisions de Septime Sévère se réalisent ausiûr tôt après sa mort. Géta est assassiné par son frère CaracaUgk dans les bras mêmes de leur mère, Julia Domna, Syrienne d'o^ rigine (211), et le meurtrier osa proposer au jurisconsulte Papinien de faire l'apologie de son crime. Le refus courageux du savant personnage fut puni de mort. Caracalla, soutenu par Varmée» fit couler partout des flots de sang, en Macédoine, en
Asie> en Egypte, et mérita la nom de Bête féroce que lui avait donné Poracle.Il esterai qu'il étendit le droit de cité romaine à tous les sujets de Pempire, mais ce fut seulement pour enrichir le fisc, en augmentant le nombre des contribuables. Ce monstre fut assassiné à Pinstigation de son préfet du prétoire, Macrin, qui se fit proclamer empereur (217). Une défaite chez les Parthes et une mort tragique signalent le règne éphémère de Macrin. Puis l'armée revêtit de la pourpre Bassien Héliogabale (218), prêtre du soleil à Émèse en Syrie, et cousin de Garacalla par sa mère.
Le luxe insensé et les vices monstrueux de l'Orient envahirent Rome sous l'infâme Héliogabale qui, toujours entouré de femmes et de bouffons, rendait un culte public à son dieu, une pierre triangulaire, et se livrait à des dépenses folles pour se ménager une mort douce et fastueuse. Ces précautions furent bien inutiles; car les prétoriens massacrèrent le nouveau Sardanapale dans un lieu immonde, et saluèrent, à sa place, son cousin Alexandre.
Alexandre Sévère (222), âgé de quatorze ans, régna sous la tutelle de sa mère Mammée, probablement chrétienne, et fît succéder de douces vertus aux scandales de son prédécesseur. Il avait réuni dans un oratoire l'image de Jésus-Christ avec celles d'Orphée, d'Abraham et d'autres personnages qu'il confondait dans une même vénération. Mais un prince ami des lois ne pouvait longtemps plaire aux prétoriens ; ils égorgèrent sous ses yeux leur préfet, le jurisconsulte Ulpien. Lui-môme, quelques années plus tard, fut tué en Gaule, avec sa mère, par/ les soldats de son armée, qu'il menait contre les Germains (235). Alexandre Sévère avait, auparavant, échoué dans une expédition contre les Perses,
Le nom de ce peuple reparaît dans l'histoire, à la suite d'une révolution qui renversa la dynastie des Arsacides. Une nouvelle famille royale, celle des SassanideSy fondée par le Perse Artaxerxès, fils de Sassan (226), ne devait pas être moins redoutable aux Romains qud-* celle des Parthes Arsacides. Leur ambition était de reconstituer l'ancien empire de Cyrus, avec le même culte et les mêmes institutions.
s. Anarclkle mtllialre (tSft-tlIS).
Le Thrace Maximin, l'un des principaux meurtriers du dernier empereur, fut le premier barbare qui monta sur \t trône.
Avec lui commence une anarchie militaire sans frein (235)^ Pâtre dans sa jeunesse, géant d'une force herculéenne, Maximin était d'ailleurs grossier et féroce. Il fit la guerre au3ç Germains avec quelque succès; mais il décréta la sixième, persécution. Son horrible despotisme souleva les légions, qui proclamèrent, en Afrique, les Gordien, père et fils, descendants de Trajan. Maximin allait marcher contre eux, lorsque le gouverneur de la Mauritanie, Gapellien, tua le jeune Gordien, et força son père, vieillard de quatre-vingts ans, à se donner la mort. Le sénat, compromis dans leur cause, se hâta de nommer à leur place le préfet Maxime Pupien et le jurisconsulte Claude Balbin (237), auxquels il adjoignit bientôt un troisième Gordien^ fils et petit-fils des deux premiers (238). Maximin fut assassiné par son armée, au moment où il se préparait à combattre ces rivaux ; les deux autres empereur» furent, de leur côté, mis à mort par les prétoriens, et Gordien III, enfant de treize ans, resta seul en possession du pou-r voir. Sous la tutelle de son beau-père Misithée, le jeune empereur fait reculer Sapor, roi des Perses, et le force de repasser TEuphrate; mais il fut assassiné par l'Arabe Philippe json^réfei du prétoire (244). Trois ans auparavant, les Francs s'étaient montrés pour la première fois sur les bords du Rhin. Le règne de Philippe n'offre de remarquable que la célébration des jeux séculaires pour le millième anniversaire de la fondation de Rome (248).
Un sénateur, nommé Dèce^ envoyé en Mésie contre les légions révoltées, fut contraint par elles d'accepter Tempire, et vainquit Philippe près de Vérone (249). Celui-ci fut tué ^ar ses soldats. Dèce eut à repousser la première des grandes invasions, celle des Goths en Mésie. Il ordonna \3, septième persé^ cution, dont les rigueurs dépassèrent tout ce qu'on avait vu jusque-là. Parmi les confesseurs du Christ, on compte trois papes : saint Fabien, saint Corneille et saint Lucius. Fuyant les supplices, im fervent chrétien, nommé Paul, se retira dans le désert de la Thébaïde, en Egypte, et son exemple fut suivi par une foule d'anachorètes, qui peuplèrent ces solitudes. Dèce périt en combattant les Goths# Son fils Hostilien^ qui lui succéda, fut tué par Gallus, son collègue (251). Gallus, à son tour, fut défait et remplacé par Émilien, bientôt mis à mort lui-môme, après avoir été battu par Valérien (253).
Le nouvel empereur, déjà sexagénaire, s'adjoignit son fils Gailien, qu'il chargea de réprimer les Fraucs, les Alamans, les Gotbst
16e fflSTOIRB ANCIENNE.
et autres petiplftâes barbares toitjours prêtes à désoler les frontières de Tempite. Lui-même se rendit en Asie, afin de repousîler Sapfor, roi des Perses, qui s^était emparé de la Mésopotamie. Vaincu et fait prisonnier, Valérien servit longtemps de jouet à ses ennemis, et, après sa mort, sa peau, teinte en roûge, fut eonservée dans un temple comme pour éterniser la honte des armes romaines. Sous ce prince eut lieu la huitième persécution (257). Elle Coûta là vie au Jàpe saint Sixte, au diacre saint Laurent, à Téloquent docteni^ de Garthage, saint Oyprîen.
L'indolent GaUien (260) ouHiàit dans les plaiàirs la captivité ée son père, et ne s'inquiétait pas davantage du ttiste état de Peiflpire, menacé par de nouvelles invasions. Les Scythes et les Goths pénètrent à la fois en Grèce et en Italie; les Hérules s'emparent de Byzance, eJt les î^ancs ravagent l'Espagne et FAIrique. D'un autre côté, Tarmée ne cotinalt plus de discipline ; chaque légion s'arroge le droit de nommer un empereur : c'est l'époque dite des Trente tyrans. Les plus célèbres de ces usur- |)ateurs furent en Orient, Odenath et Zénobie ; en Gaule, Postumus, Victorinus et Victoria, laquelle se faisait appeler la mère des légions ; en Illyrie, Auréolus. Quelques-uns d'entre eux étaient dignes du commandement. Le Sarrasin Odenath^ ÉfUe GaUien s'était attaché avec le titre d'Auguste, se fît une souveraineté indépendante à Palmyre. Véritable empereur gaulois, PostumuSy qui résidait à Trêves, se maintint dix ans et défendit vaillamment la frontière du Rhin contre les Gertnains. Sans manquer de courage, GaUien se livrait uniquement an plaisir. L'usurpation d'Auréolus l'ayant tiré un moment de son apathie, il le battit près de Milan ^ et périt au siège de cette Ville, après avoir désigné comme son successeur rillyrien Claude.