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V. cave sup

Fio. 832. — Rapports de la trachée cervicale, spécialement avec les veines de la région sous-hyoïdienne (d’après Tillaux).

déborde la trachée à gauche, de 3 à 5 millimètres, et forme là avec elle une gouttière trachéo-œsophagienne, où est logé le récurrent gauche.

Latéralement , les plans superficiels sont les mêmes qu’en avant, avec en plus, les sterno-cléido-mastoïdiens et les sterno-thyroïdiens. Profondément, la trachée répond : en haut, aux lobes latéraux du corps thyroïde ; plus bas, au paquet vasculo-nerveux du cou, comprenant, en dedans la carotide primitive, en dehors la jugulaire interne, en arrière le pneumogastrique, réunis dans une même gaine. 11 faut y joindre, tout contre la trachée, l’artère thyroïdienne inférieure et le récurrent dont le gauche monte dans la gouttière trachéo-œsophagienne.

APPAREIL RESPIRATOIRE

Portion thoracique. — Dans cette portion, la trachée descend entre le médiastin antérieur et le médiastin postérieur.

En arrière, elle repose sur l’œsophage comme au cou.

En avant , dans sa partie supérieure, elle est croisée par le tronc veineux hrachio-céphalique gauche, qui la sépare du thymus, et plus en avant, des muscles sterno-thyroïdiens et du sternum. — Dans sa partie inférieure, elle est recouverte : à droite, par le tronc artériel brachiocéphalique, et à gauche par la carotide primitive gauche.

Latéralement , la trachée répond aux plèvres médiastines; à gauche, elle répond encore à la crosse aortique et au récurrent gauche ; à droite, à la veine cave supérieure et à la grande azygos.

Au niveau de sa bifurcation, la trachée est située derrière la branche droite de l’artère pulmonaire, contre la face supérieure de l’oreillette gauche. Elle est entourée de ganglions lymphatiques (ganglions intertrachéo-bronchiques de Baréty), et du plexus nerveux pulmonaire.

Dans tout son trajet, elle est entourée d’un tissu cellulaire lâche.

Constitution. — La trachée est constituée par une série d’anneaux incomplets, ou même d’arcs cartilagineux, développés dans une membrane fibreuse qui les rattache les uns aux autres. Des faisceaux de fibres musculaires lisses, disposés en une couche continue, sous-tendent en arrière ces arcs, et le tube fibro-musculo-cartilagineux ainsi formé est tapissé sur sa face interne par une muqueuse.

A. Anneaux cartilagineux. — Ces anneaux ne sont pas fermés en arrière. Leur forme générale est donc celle d’un C couché dontla concavité regarde la colonne vertébrale. Us sont régulièrement rangés les uns au-dessus des autres et ne se touchent par leurs bords que si la trachée est rétractée. Leur nombre chez l’homme est variable. Il est en général de 16 à 20. Leur hauteur mesure de 2 à 5 millimètres mais varie beaucoup. Leur épaisseur maxima atteint 3 millimètres.

Chacun de ces anneaux possède une face externe, superficielle, convexe dans le sens transversal, plane dans le sens vertical ; une face interne, concave dans le premier sens, convexe dans le second ; deux bords, supérieur et inférieur, à peu près parallèles et mousses; enfin, deux extrémités coupées carrément ou arrondies. Mais la forme de ces cartilages n’est pas toujours aussi régulière, et il en est de plus ou moins hauts ou épais, de bifurqués, de soudés.

Le premier anneau se distingue généralement des autres par sa plus grande hauteur, et par des incisures transversales qui le segmentent incomplètement.

Le dernier anneau offre aussi une configuration très variable. Fré-

TRACHÉE

quemment, en effet, il prend part à la constitution de l’éperon qui sépare les orifices des deux bronches. Il se coude alors au niveau de sa partie moyenne, en formant un angle ouvert en haut ; ses parties latérales devenues obliques par rapport à l’axe de la trachée, constituent chacune le premier anneau bronchique.

Les anneaux de la trachée sont composés de cartilage hyalin. Leur résistance et leur élasticité sont considérables chez l’adulte, moindres chez l’enfant. Ils sont plus rigides chez le vieillard où ils se calcifient souvent.

B. Membrane fibreuse. — La membrane fibreuse relie les anneaux cartilagineux les uns aux autres et, à leur niveau, se dédouble pour les entourer complètement en formant leur périchondre. Les anneaux sont ainsi unis par des bandes fibreuses ou ligaments inter annulaires ; en arrière, la membrane constitue entre leurs extrémités une lame continue d’un bout à l’autre de la trachée, la membrane transverse. En haut, elle forme le ligament crico-trachéal , qui est en réalité le premier des ligaments interannulaires.

La membrane fibreuse est composée de faisceaux conjonctifs, entrecroisés, mélangés à des fibres élastiques.

C. Fibres musculaires lisses. Muscle trachéal. — Les fibres musculaires lisses forment une couche continue, le muscle trachéal, tendu entre les extrémités libres des anneaux cartilagineux, en dedans de la membrane transverse.

Les faisceaux contractiles sonlr orientés transversalement. Ils s’insèrent chez l’homme à la face interne des cartilages au voisinage de leurs extrémités. Dans l’intervalle des anneaux, les fibres lisses se fixent sur la membrane fibreuse.

D. Muqueuse. — La muqueuse comprend : 1° un chorion, 2° un épithélium, 3° des glandes. Dans l’intervalle des anneaux cartilagineux seulement existe une sous-muqueuse , assez lâche.

1° Chorion. — Le chorion est caractérisé par la présence de fibres élastiques disposées en un réseau à mailles allongées dans le sens vertical, et surtout abondantes sur la face postérieure.

2° Épithélium . — Cet épithélium repose sur une membrane basale, condensation de la couche superficielle du chorion. Il possède les mêmes caractères que celui du larynx. C’est donc un épithélium cylindrique stratifié à cils vibratiles , où les cellules ciliées à plateau sont mêlées de cellules caliciformes. On y rencontre encore des îlots d’épithélium pavimenteux stratifié.

3° Glandes. — La muqueuse de la trachée est très riche en glandes muqueuses, qui forment même en certains endroits une couche continue. On les rencontre de préférence dans les espaces intercartilagineux et dans la partie postérieure membraneuse.

APPAREIL RESPIRATOIRE

Dans la portion membraneuse, elles sont situées en arrière du muscle. Dans les autres régions, elles occupent la couche sous-muqueuse ou la partie la plus profonde de la muqueuse.

Toutes ces glandes rentrent dans le groupe des glandes acino-tubuleuses. Elles comprennent un canal excréteur qui se ramifie profondément, dichotomiquement en un nombre variable de tubes qui se contournent et s’enchevêtrent, et se divisent en tubes terminaux renflés à leurs extrémités, [/ensemble de ces tubes forme le corps delà glande. Le canal excréteur est tapissé d’un épithélium d’ahord cylindrique cilié, puis prismatique bas. Les tubes glandulaires renferment: Dde grandes cellules pyramidales claires, centrales ; 2° de petites cellules polyédriques, périphériques.

Vaisseaux de la trachée.

Artères. — Les artères delà trachée viennent de plusieurs sources : 1° des artères thyroïdiennes inférieures, au voisinage de leur terminaison; 2° des mammaires internes par l’intermédiaire de rameaux médiastinaux ; 3° des artères bronchiques ou trachéales nées du bord concave de la crosse de l'aorte; 4° de l’artère thyroïdienne moyenne de Neubauer, quand elle existe.

Les artérioles nées de toutes ces sources se ramifient dans les différentes couches de la trachée, principalement dans la muqueuse et dans le muscle.

Veines. — Il existe une veinule principale dans chaque espace intercartilagineux ; toutes ces veinules se portent horizontalement d’avant en arrière pour venir s’ouvrir de chaque côté dans une ou deux petites veines sous-muqueuses plus ou moins parallèles à l’axe de la trachée, et qui vont se terminer elles-mêmes dans les veines œsophagiennes

Lymphatiques. — Les lymphatiques de la trachée naissent d’un réseau sous-muqueux. Les troncs émanés de ce réseau cheminent dans les espaces intercartilagineux et vont se terminer : ceux de la région cervicale , dans les ganglions de la chaîne récurrentielle ; — ceux de la région thoracique , dans les ganglions pré et intertrachéo-bronchiques.

Nerfs.

Les nerfs de la trachée proviennent des pneumogastriques par les récurrents et des plexus pulmonaires, ainsi que des’ nerfs sympathiques par les filets que les ganglions cervicaux et les trois ou quatre pre-

POUMONS

miers ganglions thoraciques envoient dans ces plexus. De ces nerfs, les uns sont vasculaires, d’autres musculaires, d’autres muqueux, d’autres glandulaires. Dans la muqueuse, ils forment plusieurs réseaux, mais leurs terminaisons intra-épithéliales sont peu connues.

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