CHAPITRE III
POUMONS
Les poumons sont au nombre de deux, l’un droit et l’autre gauche. Entourés par une séreuse, la plèvre et sus-jacents au diaphragme, ils occupent la majeure partie de la cavité thoracique. Une cloison verticale les sépare l’un de l’autre : c’est le médiastin , où se trouvent le cœur, les gros vaisseaux, la trachée, l’œsophage, etc. Du médiastin s’échappent, de chaque côté, des organes, bronches, vaisseaux et nerfs, qui vont s’enfoncer dans l’intérieur du poumon et représentent son pédicule.
Volume et dimensions. — Le volume des poumons est en raison directe des dimensions du thorax. Il varie suivant les individus et, chez un même individu, selon qu’on le considère pendant l’inspiration ou l’expiration.
Pendant l’inspiration, le volume total augmente; mais, suivant le type respiratoire (abdominal ou costal, costal supérieur ou costal inférieur), l’agrandissement se fait de préférence dans un sens ou dans l’autre.
Chez le nouveau-né qui a respiré, le volume du poumon droit est en moyenne de 38 centimètres cubes ; celui du poumon gauche, de 29 centimètres cubes.
Chez Y homme adulte , le poumon vide mesure de 694 à 879 centimètres cubes; fortement distendu, il atteint en moyenne 4000 centimètres cubes.
Les diamètres maxima du poumon chez l’adulte sont :
Le diamètre vertical , de 26 à 27 centimètres en arrière ;
Le diamètre antéro-postérieur , de 16 à 17 centimètres ;
Le diamètre transversal, de 9 cm. 5 à 10 centimètres.
Chez la femme, les poumons sont moins volumineux que chez l’homme. — Chez le nouveau-né et l’enfant, les dimensions et le volume du poumon droit l’emportent de beaucoup sur ceux du poumon gauche.
APPAREIL RESPIRATOIRE
Il en est de même chez l’adulte, bien que la prédominance du poumon droit soit moins accentuée que chez l’enfant.
Pour ce qui est du volume relatif des différents lobes des poumons, les deux lobes du poumon gauche sont généralement égaux ; - — à droite , le lobe inférieur comprend à lui seul la moitié du volume du poumon ; des deux autres lobes, le moyen est le plus petit.
Poids. — Les évaluations du poids des poumons sont approximatives. Il convient d’ailleurs de distinguer le poids absolu et le poids spécifique.
Poids absolu. — Il est de 60 à 65 grammes chez le fœtus à terme, — de 94 grammes en moyenne chez le nouveau-né qui a respiré.
Chez l’homme adulte, il atteint 1320 grammes (720 pour le droit, 510 pour le gauche) ; — 1050 grammes seulement chez la femme.
Poids spécifique. — Le poumon qui a respiré est plus léger que l’eau, et surnage quand on l’y plonge; son poids spécifique oscille entre 0,356 et 0,625. — Le poumon qui n’a pas respiré, au contraire est vide d’air et tombe au fond de l’eau; son poids spécifique est en moyenne de 1,068. — C’est là un moyen de reconnaître si le nouveau-né a ou non respiré.
Capacité. — Le volume de la masse gazeuse contenue dans les poumons varie suivant l’état d'inspiration ou d’expiration dans lequel se trouvent les poumons, et suivant l’amplitude de ces deux actes.
Capacité totale. — C’est la quantité totale d’air contenue dans les poumons après inspiration forcée : elle est en moyenne de 4500 centimètres cubes.
Capacité vitale. — C’est la quantité d’air mise en mouvement par le jeu de l’inspiration et de l’expiration forcées : elle s’élève en moyenne à 3500 centimètres cubes chez l’adulte sain.
Air résiduel. — On appelle ainsi la quantité d’air qui reste dans les poumons, après une expiration forte et ne peut en être expulsée que quand le poumon se vide complètement après ouverture de la plèvre : elle est de 1 litre environ.
Air courant. — C’est la quantité normale d’air inspiré ou expiré dans la respiration calme : elle est de 500 centimètres cubes.
Air complémentaire. — C’est la quantité d’air que nous inspirons dans les inspirations les plus profondes possibles en sus de la quantité normale : elle est de 1500 centimètres cubes.
Air de réserve. — C’est la quantité d'air qui reste dans les poumons en sus du résidu respiratoire après une expiration ordinaire : elle s’élève à 1500 centimètres cubes.
POUMONS
Mais la capacité pulmonaire varie beaucoup avec les individus. Elle est, moindre chez la femme que chez l’homme.
Couleur. — - La surface extérieure des poumons est lisse, humide et brillante, quand ils sont distendus, et elle doit cet état à la présence du feuillet séreux qui la recouvre.
Sa couleur varie avec l’âge. Chez le fœtus, le poumon est rouge lie de vin. Chez le nouveau-né qui a respiré, il est rose. A partir d’un certain âge, la couleur devient grisâtre, bleue ou ardoisée, noire même, par places, coloration due à des dépôts pigmentaires. Le pigment dessine à la surface des poumons des champs polygonaux correspondant à la hase des lobules pulmonaires.
Consistance, — La consistance des poumons qui ont respiré est molle, spongieuse; ils s’affaissent quand on les comprime, sans reprendre ensuite complètement leurs dimensions premières. Si la compression est brusque et forte, elle s’accompagne d’une crépitation particulière.
Le tissu pulmonaire est très cohérent et se déchire difficilement quand il est sain.
Élasticité. — L'élasticité pulmonaire est très grande, et quand la plèvre est ouverte, le poumon se rétracte en chassant l’air qu’il contient.