‹ Abrégé d'anatomie (volume 2)Chapitre 111 sur 233 · II. Portion intra pulmonaire · texte numérisé non relu

II. Portion intra pulmonaire

Ramescence. — Chaque bronche souche, après sa pénétration dans le poumon, donne naissance à un certain nombre débranchés. Celles-ci, contrairement à ce que l’on croyait autrefois, ne se forment pas par voie dichotomique et ne sont donc pas des branches terminales. La bronche souche, qui parcourt la moitié inférieure du poumon en se dirigeant en bas et un peu en arrière, fournit sur son trajet des branches collatérales. Le mode de ramescence est donc purement monopodique. Mais si cette disposition est évidente au niveau de la partie initiale de la bronche souche, elle est beaucoup plus malaisée à dégager au voisinage de la terminaison de cette bronche,

Les collatérales qui se détachent de la bronche souche portent le nom de bronches primaires. Elles donnent, par voie monopodique également, des branches secondaires qui fournissent des branches tertiaires et ainsi de suite jusqu’aux dernières ramifications.

POUMONS

Les collatérales primaires naissent sur le tronc souche en deux séries linéaires, l’une antérieure, l’autre postérieure, et se répartissent ainsi en deux groupes, l’un ventral, l’autre dorsal.

Les bronches dorsales sont généralement plus courtes et moins volumineuses que les ventrales.

La bronche qui se distribue au lobe supérieur porte le nom de bronche apicale. On désigne sous le nom de bronche cardiaque une

Fig. 839. — L’arbre bronchique chez l’homme et sa distribution dans les différents lobes du poumon, d’après liasse.

(Vue antérieure.)

bronche accessoire, intermédiaire par son origine au système ventral et au système dorsal, et se distribuant à la partie inféro-interne du lobe inférieur, exceptionnellement isolée chez l’homme pour former un lobe cardiaque. La bronche cardiaque existe à droite comme à gauche.

Les deux arbres bronchiques droit et gauche ne sont pas symétriques. Cette asymétrie tient avant tout à l’origine différente de la bronche qui se distribue au lobe supérieur (bronche apicale). A droite, cette bronche apicale naît directement de la bronche souche ; à gauche elle se détache de la première collatérale ventrale. Cette asymétrie paraît être un phénomène secondaire au cours du développement. Mais le mécanisme de sa production est encore discutée (Narath, d’Hardivillier). Cette origine différente des bronches apicales droite et gauche permet d’admettre que les deux lobes supérieurs correspondants ne sont point strictement homologues.

L’artère pulmonaire se ramifie comme l’arbre bronchique par voie

APPAREIL RESPIRATOIRE

monopodique. Le tronc artériel coupe très obliquement la bronche souche, puis descend à son côté externe. C’est Aeby qui a, le premier, insisté sur ces rapports dont il a tiré de multiples conséquences. Il fit remarquer que la bronche apicale droite naissait au-dessus du croisement, qu’elle était par conséquent épartérielle et non homologue de la branche apicale gauche hypartérielle.

Malgré le retentissement de la théorie d’Aebv, qui avait voulu faire de la disposition de l’arbre bronchique un caractère morphologique de premier ordre, pouvant servir de base à une classification des mammifères, nous estimons que l'importance de cette question a été très exagérée.

Constitution anatomique et structure. — La portion extra-pulmonaire de la bronche souche (bronche proprement dite) possède la même configuration et la même structure que la trachée. Elle est formée par une charpente de pièces cartilagineuses disposées en anneaux incomplets, sous-tendus par une couche musculaire de fibres lisses et réunis par une membrane fibreuse qui les entoure. Une muqueuse, identique à celle de la trachée, tapisse la face interne du tube ainsi constitué.

La bronche souche intra-pulmonaire et ses collatérales primaires subissent une série de modifications successives portant sur le squelette cartilagineux, la couche fibreuse, la couche musculaire et la muqueuse.

Les cartilages se présentent dans la bronche souche et ses collatérales primaires sous forme de plaques ou de bandes de dimensions très variables, orientées tantôt transversalement, tantôt parallèlement à l’axe longitudinal de la bronche. A mesure qu’on s’éloigne de l’origine des grosses collatérales, les fragments de cartilages deviennent plus petits et s’écartent davantage les uns des autres. Us disparaissent complètement au niveau des bronches d’un millimètre de diamètre. Jamais ils ne se rencontrent sur les bronches intra-lobulaires (voyez Lobules pulmonaires).

La couche fibreuse englobe les fragments de cartilage.

La couche musculaire forme en dehors de la zone fibro-cartilagineuse une couche annulaire discontinue, en ce sens, que ses fibres constituantes se disposent en bagues superposées, séparées par des bandes de tissu conjonctif. Au niveau des petites bronches, les faisceaux musculaires plus rares et plus espacés portent le nom de muscles de Beissessen.

La muqueuse est relativement peu épaisse. Sa face interne présente des plis longitudinaux qui ne s’effacent pas par la distension. Elle est constituée par un épithélium, un derme et des glandes.

POUMONS

L’épithélium, d’abord semblable à celui de la trachée, c’est-à-dire appartenant à la catégorie des épithéliums stratifiés à cils vibratiles et à cellules muqueuses, diminue ensuite d’épaisseur. Il cesse d’être stratifié à partir des bronches de deux millimètres et est formé dès lors par une seule couche de cellules cylindriques à cils vibratiles mélangées à des cellules caliciformes.

Le derme est formé de fibres conjonctives et de très nombreuses fibres élastiques. A la jonction du derme et de l’épithélium, il existe une basale.

Les glandes, très abondantes dans les grosses bronches, sont réduites à quelques acini dans les plus petites. Ce sont des glandes -muqueuses du type tubuleux ramifié.

B. LOBULES PULMONAIRES

Le parenchyme pulmonaire est décomposable en lobules.

Les lobules sont morphologiquement de petits segments polyédriques de un centimètre à un centimètre et demi de hauteur. Leur forme varie avec leur situation. Les profonds sont ovoïdes; les superficiels sont nettement pyramidaux, et leurs bases périphériques accolées divisent la surface du poumon en une série de polygones de 4 à 8 côtés, mesurant de un centimètre à un centimètre et demi de largeur et limités par des lignes plus ou moins marquées, souvent noircies par des dépôts charbonneux.

Le lobule pulmonaire ainsi compris est bien séparé des lobules voisins par des cloisons conjonctives, dissociables facilement chez l’enfant, difficilement chez l’adulte et le vieillard.

A la manière des lobules glandulaires, il reçoit une seule bronche, qui lui sert de pédicule et d’axe et tient la place d’un canal excréteur, et une seule artère. Il constitue une unité anatomique indépendante.

I. Architecture. — Le lobule pulmonaire est appendu par son sommet à une petite bronche qui lui sert de pédicule, sous le nom de bronche sus ou sub-lobulaire. Elle prend en entrant dans le lobule le nom de bronche ou bronchiole intra-lobulaire et s’y ramifie encore richement avant que ses rameaux deviennent des canaux alvéolaires.

Le lobule est divisible dans sa hauteur en deux étages à peu près égaux : segment supérieur ou étage du tronc , et segment inférieur ou étage de la ramure. La bronchiole intra-lobulaire traverse l’étage

APPAREIL RESPIRATOIRE

supérieur à peu près suivant l’axe et en abondonnant presque constamment un certain nombre de rameaux collatéraux (1 à 5) plusieurs fois ramifiés à leur tour.

Arrivée à l’étage inférieur (étage de la ramure), elle se bifurque en deux branches sensiblement égales. Ces deux branches se bifurquent à leur tour trois ou quatre fois de suite; de sorte que la bronchiole intra-lobulaire s’épanouit par bifurcations successives en une sorte de ; panache terminal très touffu. Ces rameaux ultimes du lobule forment les bronchioles terminales ou bronchioles acineuses ; leur nombre varie de 50 à 80.

Après un certain parcours, la bronchiole acineuse s’élargit en un vestibule au delà duquel elle prend le nom de canal alvéolaire. Devenue canal alvéolaire, elle continue à se diviser, et subit une, deux ou trois bifurcations successives très rapprochées; les derniers rameaux se terminent en culs-de-sac parfois élargis en massue.

La bronchiole acineuse porte déjà de place en place quelques alvéoles ; les canaux alvéolaires en sont bosselés par un revêtement continu.

Ces alvéoles sont de petits sacs parfois plurilobés, polyédriques par pression réciproque. Ils sont de taille très inégale, mesurant généralement un à deux et demi dixièmes de millimètre de largeur; leur nombre est considérable.

Au canal alvéolaire ramifié en bouquet qui fait suite à une bronchiole acineuse, on donne généralement le nom d’acinus pulmonaire.

L’acinus parait avoir environ deux millimètres de diamètre; il est généralement inséparable des acini voisins.

Rapports avec les vaisseaux. — A. U artère intra-lobulaire , branche de l’artère pulmonaire, pénètre avec la bronchiole dans le lobule , et se divise comme elle, mais d’une façon plus précoce.

B. Les veines , au contraire, nées des capillaires acineux, passent à la périphérie du lobule et en gagnent le sommet où elles rejoignent le faisceau broncho-artériel.

Tissu conjonctif. — - Le tissu conjonctif entoure chaque lobule d’une sorte de capsule fibreuse mince, confondue avec celle du lobule voisin, et qui se continue à la périphérie avec le tissu sous-pleural. Cette capsule périphérique forme les espaces interlobulaires , par opposition aux espaces conjonctifs intra-lobulaire s. De la capsule partent enfin de petites cloisons incomplètes pénétrant dans le lobule, et tendant à le diviser en lobulins.

Sur les coupes transversales , la structure du lobule apparaît différente suivant le siège de la coupe.

POUMONS

a). Étage supérieur. — A la périphérie : espaces interlobulaires, capsule avec veines et lymphatiques. — Au centre : espace intra-lobulaire, branche, artère, lymphatiques.

h). Étage moyen , au niveau de la division en quatre. Le polygone est plus large; à la périphérie, c’est encore l’espace interlobulaire. Au centre, apparaissent quatre espaces intra-lobulaires , formant quatre lobulins.

c). Étage inférieur , la coupe intéresse les canaux alvéolaires et les alvéoles.

IL Structure. — 1° Bronche intra-lobulaire. — Au point de vue histologique, la bronche intra-lobulaire comprend : une tunique conjonctive mince; une musculeuse, formée de faisceaux musculaires lisses; une muqueuse avec un chorion très mince, riche en fibres élastiques, et un épithélium prismatique cilié d’abord, qui plus loin perd ses cils et s’abaisse.

2° Canal alvéolaire. — Dans le canal alvéolaire, la tunique musculaire est réduite à des anneaux disséminés de moins en moins nombreux, les fibres élastiques sont plus abondantes. L’épithélium est constitué par des cellules cubiques mélangées à des nappes d’éphithélium respiratoire. — La bronche intra-lobulaire et les canaux alvéolaires sont unis par des bronchioles de transition à épithélium mixte.

3° Alvéole. — L’alvéole constitue une logette rétrécie à son ouverture, polyédrique, mesurant un à deux et demi dixièmes de millimètre de largeur en moyenne, complètement isolée des alvéoles voisines. Elle est constituée par une membrane propre, entourant un réseau capillaire que tapisse l’épithélium respiratoire.

a) . Paroi ou membrane propre. — C’est une mince membrane conjonctive, amorphe, continue. Dans cette membrane sont incluses les fibres élastiques très nombreuses formant un réseau continu sur le fond des alvéoles ( fibres du sac), avec condensation autour de l’orifice {fibres d' orifice) . Il n’y a pas de fibres muscidaires lisses.

b) . Réseau capillaire. — Ce réseau est situé à la face interne de la membrane propre, à demi enclavé dans son épaisseur et faisant saillie à sa surface. Les mailles en sont de même largeur que le calibre des capillaires : celui-ci est de 6 à 8 y..

c) . Épithélium respiratoire. — Cet épithélium comprend deux sortes d’éléments bien distincts : des petites cellules (18 à 20 p.) : clairsemées, polyédriques, isolées ou réunies par groupes ; des grandes lamelles (40 à 100 y) : irrégulières sans noyau.

Les petites cellules occupent de préférence les mailles du réseau capillaire, les grandes lamelles s’étalant à sa surface.

APPAREIL RESPIRATOIRE

Page 1