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C. VAISSEAUX ET NERFS

Les poumons reçoivent deux systèmes de vaisseaux, l’un fonctionnel ou respiratoire, l’autre nourricier. Le système fonctionnel est constitué par les artères et les veines pulmonaires; le système nourricier, par les artères et les veines bronchiques.

I. Vaisseaux fonctionnels. — Artère pulmonaire. — L’artère pulmonaire, issue du ventricule droit, se partage en deux branches, l’une droite, l’autre gauche, qui se rendent au poumon correspondant.

Le trajet et le mode de ramescence des branches de l’artère pulmonaire sont calqués sur ceux de l’arbre bronchique. En d’autres termes il existe un tronc artériel, émettant des collatérales, qui à leur tour fournissent des rameaux plus petits et ainsi de suite. Nous avons indiqué les rapports réciproques du tronc bronchique et du tronc artériel et l’importance qu’avaient attachée à ces rapports certains anatomistes au point de vue de l’homologie des lobes du poumon (théorie de Aeby). Les divisions artérielles, étroitement accolées aux divisions bronchiques, arrivent avec elles jusqu’au lobule. Elles se ramifient comme la bronche intralobulaire jusqu’au niveau de l’acinus. Elles se capillarisent alors et forment un premier réseau (réseau périacineux), qui donne luimême naissance à un deuxième (réseau alvéolaire ou de l’hématose), tapissant l’alvéole entre l’endothélium et la membrane propre et faisant saillie dans la cavité alvéolaire.

Veines pulmonaires. — Les veines pulmonaires naissent : a) du réseau capillaire périalvéolaire ; b) du réseau capillaire de la plèvre viscérale ; c) du réseau capillaire de la portion terminale des petites bronches.

Les veines du premier groupe occupent la périphérie du lobule, contrairement aux artères qui sont intra-lobulaires.

Les veines du second groupe (veines pleuro-pulmonaires de Le Fort) vont se jeter dans les veines périlobulaires des lobules sous-pleuraux ou restent superficielles pour se terminer dans les troncs veineux du hile.

Les veines du troisième groupe (veines broncho-pulmonaires de Le Fort) ont ceci de particulier qu’elles correspondent au territoire de distribution des artères bronchiques. Elles se jettent dans les veines périlobulaires au moment où celles-ci abandonnent la périphérie du lobule pour venir s’accoler à la bronche sus-lobulaire.

Les branches plus volumineuses des veines pulmonaires sont satellites de l’arbre bronchique. Elles se résument en dernière analyse en

POUMONS

deux troncs pour chaque poumon. Ces veines pulmonaires se terminent dans l’oreillette gauche.

II. Vaisseaux nourriciers. — Artères bronchiques. — Les artères bronchiques, au nombre de deux, viennent de la crosse aortique. Chacune d’elles, parvenue au niveau du hile, se place contre la face postérieure de la bronche. Elle abandonne alors de nombreux ramuscules aux ganglions lymphatiques, aux gros troncs vasculaires, au tissu cellulaire sous-pleural et interstitiel, puis se divise en rameaux terminaux, satellites des ramifications bronchiques. Ces rameaux se terminent dans l’épaisseur des bronches. Mais leur territoire s’arrête à l’entrée du lobule.

Veines bronchiques. — Les veines bronchiques ne correspondent qu’à une partie du territoire des artères du même nom. Toutes celles qui naissent des petites bronches vont en effet se jeter dans les veines pulmonaires.

Les veines bronchiques, nées des bronches de moyen et de gros calibre, peuvent être réparties en deux groupes (Zuckerkandl) : 1° un groupe antérieur, placé sur la face ventrale de l’arbre bronchique et dont les troncs collecteurs se jettent à droite dans la crosse de l’azygos, à gauche dans une veine bronchique postérieure. Certaines de ces veines peuvent se terminer dans les gros troncs des veines pulmonaires ;

— 2° un groupe postérieur, placé sur la face dorsale de l’arbre bronchique et aboutissant dans la grande azygos, à droite; dans l’hémiazygos supérieure, à gauche.

Anastomoses des vaisseaux du poumon. — On peut les répartir en plusieurs groupes.

1) Anastomoses des branches terminales de l’artère pulmonaire. — Les branches terminales de l’artère pulmonaire possèdent des territoires relativement indépendants, c’est-à-dire ne communiquant entre eux que par la continuité des réseaux capillaires. Aussi l’oblitération brusque de Tune de ces branches aboutit-elle à la production d’un infarctus.

2) Anastomoses des artères pulmonaires et des artères bronchiques.

— Les artères pulmonaires et les artères bronchiques communiquent par des vaisseaux pouvant dépasser un calibre de 1/2 millimètre. Ces vaisseaux anastomotiques sont les uns superficiels, les autres profonds. Les anastomoses superficielles sont situées sous la plèvre et occupent généralement la face interne des poumons. Les anastomoses profondes se trouvent sur la paroi des ramifications bronchiques ; elles ne commencent à apparaître que sur les branches secondaires.

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APPAREIL RESPIRATOIRE

3) Anastomoses entre les veines du poumon. — De larges anastomoses entre le système des veines bronchiques et celui des veines pulmonaires existent au niveau des grosses bronches. Nous avons d’ailleurs vu que certains troncs terminaux des veines bronchiques allaient se jeter dans les veines pulmonaires.

4) Anastomoses des veines pulmonaires avec les veines médiastinales. — Ces anastomoses unissent la partie extra-pulmonaire des veines pulmonaires aux veines de l’oesophage, de l’aorte, du diaphragme et de la plèvre pariétale.

5) Anastomoses artério-veineuses. — Leur existence, admise par certains auteurs, n'est pas rigoureusement démontrée.

Lymphatiques. — Les vaisseaux lymphatiques, très abondants, se divisent en superficiels et profonds.

Les lymphatiques superficiels forment à la surface du poumon un réseau sous-pleural dont les collecteurs, au nombre de 4 à 5, vont se jeter dans les ganglions du hile.

Les lymphatiques profonds naissent de l’épaisseur des parois bronchiques et du tissu conjonctif interstitiel. Leur présence dans la paroi des conduits alvéolaires et des alvéoles n’est pas démontrée. Les collecteurs suivent les uns les ramifications bronchiques, les autres les troncs vasculaires et aboutissent aux ganglions du hile.

On admet généralement que les lymphatiques profonds s’anastomosent avec les lymphatiques superficiels à la périphérie du poumon. L’existence de ces anastomoses n’est pas absolument certaine et il est possible que les deux groupes de lymphatiques ne communiquent que grâce à la terminaison commune de leurs collecteurs.

Nerfs. — Les nerfs des poumons proviennent des plexus pulmonaires antérieur et postérieur, formés par des branches du nerf grand sympathique et du pneumogastrique. Ils sont constitués par un mélange de nerfs myéliniques et amyéliniques et présentent sur leur trajet de petits ganglions microscopiques. Ils se terminent dans les fibres lisses des bronches et des vaisseaux, dans la couche sous-épithéliale et même dans l’épithélium des petites bronches.

D. TISSU CONJONCTIF INTERSTITIEL

Les espaces compris entre les lobules sont remplis par un tissu conjonctif lâche dans lequel sont plongés les bronches interlobulaires, les vaisseaux et les nerfs. Ce tissu conjonctif est relativement plus déve-

PLÈVRES.

loppé dans le jeune âge. Au niveau du hile, il se continue avec le tissu cellulaire du médiaslin et forme sous la plèvre une nappe continue, la lame sous-pleurale.

Le tissu conjonctif interstitiel contient de nombreuses granulalions pigmentaires, libres ou incluses dans les leucocytes et les cellules fixes. Ces granulations sont surtout nombreuses autour des artérioles. Elles tirent leur origine principale, sinon exclusive, des poussières charbonneuses amenées par l’air inspiré et recueillies à la surface des bronches parles leucocytes migrateurs.

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