CONSTITUTION ANATOMIQUE
doublée intérieurement par une couche de cellules aplaties, étoilées (cellules myo-épithéliales) et par un épithélium cubique, ne présentant aucun signe d’activité.
Conduits excréteurs. — Chaque conduit acineux se fusionne avec les conduits voisins, pour former les conduits lobulaires, qui donnent naissance à leur tour aux conduits lobaires de 3e, de 2e et finalement de 1er ordre. Ces derniers portent le nom de conduits galactophores. Chaque canal galactophore résume donc la circulation d'un lobe. Leur injection, facile sur les femmes en lactation, montre que chaque lobe est rigoureusement indépendant des voisins.
Les conduits galactophores convergent tous vers la base du mamelon et se rassemblent en un faisceau conoïde qui forme l’axe de celui-ci. De direc-
, canaux c, se rétrécit notablement en 6, quand il monte dans
tion Sinueuse, présentant la papille et reçoit un vaisseau aberrant (y. ab ).
parfois des coudures brusques, ils ont un calibre assez irrégulier. Séparés dans l’épaisseur du mamelon par les faisceaux du muscle mamillaire, ils s’ouvrent à l’extérieur par les pores lactifères.
Leur paroi est formée par une couche conjonctivo-élastique, tapissée par un épithélium cubique qui devient pavimenteux stratifié au voisinage de l’orifice mamillaire.
Vaisseaux et nerfs. — Les vaisseaux de la. mamelle se divisent en superficiels et profonds, les premiers se terminant ou naissant dans les téguments et la couche sous-cutanée, les seconds dans le corps mammaire. Ils ne forment cependant pas des systèmes indépendants, mais échangent entre eux de fréquentes anastomoses.
I. Artères. — Les artères de la mamelle ont plusieurs origines :
1° La mammaire interne fournit une série de vaisseaux qui traversent l’espace iptercostal sous le nom d 'artères perforantes antérieures ;
2° La mammaire externe ou thoracique longue donne au seg-
Sinus b.
Fig. 955. — Mamelle d’une femme en lactation avec un lobe injecté en place (préparation par corrosion) (Middendorp).
Le tronc principal du lobe, forme par Tunion de plusieurs
MAMELLES
ment inféro-externe de la mamelle une série de rameaux ascendants émergeant sous le bord inférieur du grand pectoral;
3 0 La branche interne de l'artère acromio-thoracique et l’artère thoracique supérieure (inconstante) irriguent plus spécialement le segment supéro-externe de la mamelle par des vaisseaux qui cheminent sur le grand pectoral ou traversent d’abord ce muscle ;
4° LesJ2e, 3e et 4e intercostales aortiques , envoient à la glande leurs rameaux perforants latéraux qui abordent la mamelle par sa face profonde.
Ces artères se terminent, soit dans les téguments, soit dans le corps de la mamelle. Elles forment de riches réseaux capillaires autour des acini.
II. Veines. — Elles comprennent : 1° les veines superficielles souscutanées , bien visibles pendant la gestation et l’allaitement, sous l’aspect d’un réseau bleuâtre;
2° Les veines profondes qui sont au nombre de deux pour chaque artère correspondante dont elles partagent le trajet. Les veines perforantes antérieures sont, presque toujours, bien plus grosses et plus nombreuses que les rameaux artériels correspondants.
L’origine de ces veines ne présente rien de particulier. Elles constituent de petits plexus autour des acini.
III. Lymphatiques. — Les lymphatiques se divisent en deux groupes :
1° Lymphatiques superficiels (cutanés et sous-cutanés). — Le mamelon et l’auréole, dont le système sanguin est relativement peu développé, sont recouverts d’un réseau très riche de vaisseaux absorbants qui se jettent dans les ganglions axillaires.
2° Lymphatiques profonds (glandulaires). — Les lymphatiques glandulaires naissent de réseaux péri-lobulaires, ne pénétrant jamais à l’intérieur des acini. De ces réseaux partent de nombreux collecteurs qui se dirigent presque tous vers la face antérieure de la glande et forment au niveau de la partie centrale de celle-ci un gros plexus sous-auréolaire. De ce plexus naissent deux gros troncs qui se portent vers le creux de l’aisselle et se termine dans deux ganglions du groupe externe ou thoracique placés sur le trajet de l’artère mammaire externe, au niveau de la 3(: digitation du grand dentelé.
Ces deux troncs représentent la voie lymphatique principale. Mais il existe des voies accessoires émanant non plus du plexus sous-aréolaire, mais de la périphérie du corps de la mamelle. C’est ainsi que deux ou trois troncs traversent le grand pectoral et se rendent, en cheminant au-dessous de lui, dans les ganglions sous-claviculaires; d’autres perforent l’extrémité antérieure des espaces intercostaux pour aboutir à la chaîne mammaire interne (v. t. II, fig. 493, p. 781),
ÉVOLUTION DE LA MAMELLE
IV. Nerfs. — Les nerfs se divisent en nerfs cérébro-spinaux (cutanés et glandulaires) et en nerfs sympathiques.
Les nerfs cutanés émanent des filets moyens de la branche susclaviculaire du plexus cervical et des 2e, 3e, 4e, 5e, 6e nerfs intercostaux.
Les yierfs glandulaires proviennent exclusivement des rameaux perforants antérieur et latéral des 4e, 5e et 6e nerfs intercostaux. Les rameaux perforants antérieurs se distribuent à la partie interne de la glande, fournissant également des filets tégumentaires. Les rameaux perforants latéraux sont bien plus importants et vont spécialement à la moitié externe de la mamelle.
Les filets sympathiques sont satellites des vaisseaux.
§ 3. ÉVOLUTION DE LA MAMELLE
Champ auréolaire
L’ébauche première de l’appareil de la lactation apparaît sur l’embryon de 30 à 34 jours, sous la forme d’un épaississement linéaire de l’ectoderme qui s’étend sur les
parties latérales du tronc de la Champ, gi. Fos. lact.
racine du membre thoracique à celle du membre abdominal. C’est la ligne lactée. Sur cette ligne l’ectoderme pousse toute une série de bourgeons, les points lactés.
Chacun de ces points est le rudiment d’une glande mammaire.
Mais chez l’homme il en persiste un seul de chaque côté. Ce point lacté persistant ne tarde pas à s’étaler et à s’enfoncer dans la profondeur pour former la fossette lactée dont le fond constitue la dépression auréolaire. De celle-ci partent, vers le 3‘‘ mois, des bourgeons pleins, ébauches des conduits galactophore s qui se ramifient du 4e au 6e mois, en même temps que le tissu conjonctif dont
ils sont entourés se densifie pour former la plaque mammaire. Ultérieurement la dépression auréolaire subit une série de transformations qui aboutissent à la formation de l’auréole et du mamelon.
Fig. 956.. (Huss.)
Coupes de l’ébauche mammaire chez un embryon humain femelle de 10 cm. (A) et de 32 cm. (B) de long.
MAMELLES
A la naissance , la glande mammaire présente, dans les deux sexes, une ébauche de sécrétion qui se traduit par une multiplication active des culs-de-sac terminaux.
A la puberté, un phénomène du même ordre se reproduit, peu marqué chez l’homme, plus intense chez la femme.
Pendant la grossesse, la glande mammaire subit un développement considérable qui commence dès le début de la gravidité et s’accentue progressivement. La mamelle augmente de volume, sa consistance devient plus ferme et plus élastique, les veines sous-cutanées se dessinent au-dessous des téguments, la pigmentation de l’auréole et du mamelon s’accentue. En même temps on voit apparaître au niveau de l’auréole des saillies arrondies que l’on désigne sous le nom de tubercules de Montgomery et qui résultent de l’hypertrophie des glandes sébacées (tubercules de Morgagni) d’une part, des glandes mammaires accessoires, d’autre part.
Histologiquement il se produit une réduction du stroma, en même temps qu’une hypertrophie considérable de l’élément glandulaire. Cependant pendant la grossesse et jusqu’au 5e jour après l’accouchement la glande ne fournit qu’une sécrétion d’essai, le colostrum.
Pendant la période de lactation, qui commence 4 à 5 jours après l’accouchement, la glande mammaire garde les caractères extérieurs .qu’elle présentait durant la grossesse.
Le processus histologique de la sécrétion lactée, qui a donné lieu à de nombreuses discussions parait se faire selon le type mérocrine.
Après la période de lactation, la glande régresse progressivement et reprend les caractères de la mamelle au repos qui nous a servi de type de description.
Après la ménopause, la mamelle diminue de volume, la peau se flétrit, le corps mammaire s’atrophie et devient plus dur. L’élément glandulaire disparait en grande partie, étouffé par la sclérose.
Mamelles chez l’homme. — En général, les mamelles sont réduites chez l'homme à des proportions insignifiantes et ne débordent pas l’auréole.
L’auréole est toujours de plus petite dimension que chez la femme et n’atteint guère que 3 centimètres de diamètre. Elle est le plus souvent elliptique et parfois couverte de poils assez longs. Elle présente d’ailleurs la même structure que chez la femme, la même richesse en fibres musculaires.
Le corps mammaire est représenté par une petite masse très dense, irrégulière, ne dépassant pas 2 centimètres dans le sens transversal et 5 millimètres d’avant en arrière.
ÉVOLUTION DE LA MAMELLE
Anomalies. — La mamelle est sujette à de nombreuses anomalies acquises [atrophie, hypertrophie) ou congénitales. L’àbsenee totale ( amazie ), est exceptionnelle; l’absence du mamelon ( athélie ) est moins rare. Mais, généralement il y a anomalie par excès. Il s’agit tantôt de mamelons surnuméraires ( polythélie ), tantôt
Fig. 957. — Schéma des sièges d’élection des glandes mammaires surnuméraires (axillaires, pectorales, abdominales, inguinales, vulvaires). (Merkel.)
de glandes supplémentaires ( polymastie ). Comme le montre la figure 957, mamelons et mamelles surnuméraires se rencontrent généralement sur une ligne mammaire qui répond à la ligne lactée de l’embryon. Ces anomalies par excès reproduisent d’ordinaire une disposition normale chez certaines espèces animales; ce sont des anomalies réversives.