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CHAPITRE IV

PHARYNX

Préparation. — Pour étudier cet organe, il faut faire la coupe du pharynx, qui consiste à enlever toute la portion de la tête située en avant de la colonne vertébrale. La section de la base du crâne doit présenter une surface angulaire, à sommet antérieur. Cette coupe peut se faire de haut en bas ou de bas en haut. — 1° De haut en bas. La voûte du crâne ayant été enlevée ainsi que le cerveau, on scie transversalement la base en passant immédiatement en avant du conduit auditif externe. Cette coupe est difficile à réussir. Il est prudent vers la fin d’obliquer de chaque côté et de se repérer sur l’atlas, pour ne pas tomber trop en avant, dans la voûte du pharynx. Une fois la base sciée, on libère les parties molles de chaque côté en incisant le long des apophyses transverses des vertèbres cervicales et en ayant soin de laisser en avant avec le pharynx le gros paquet vasculo-nerveux. On coupe transversalement en bas au niveau des premiers anneaux de la trachée. Puis on distend modérément le pharynx avec de l’étoupe ou un corps quelconque, et on le dissèque par sa face postérieure. Après l’étude des muscles, on fend sur le milieu la paroi postérieure et on étudie la face interne de la cavité. La même préparation sert pour les muscles du voile du palais et pour l’amygdale. Pour bien voir l’amygdale pharyngienne, il faut un nouveau-né ou un enfant. — 2° De bas en haut. Procédé plus simple et plus sur. On coupe horizontalement toutes les parties molles du cou jusqu’à la colonne vertébrale, en passant au-dessous du larynx, par les premiers anneaux de la trachée. On passe le doigt derrière le pharynx ou la partie supérieure de l’œsophage et en avant des muscles prévertébraux. On se rend compte de l’espace prévertébral et des cloisons sagittales qui le ferment de chaque côté. On incise peu à peu les cloisons de bas en haut, ainsi que les parties molles sus-jacentes, en ayant soin de laisser en avant le paquet vasculo-nerveux. Cette étude de l’espace rétro-pharyngien ou prévertébral est des plus importantes, surtout à la partie supérieure. Arrivé sur l’apophyse basilaire, on la coupe par deux traits de scie obliques que l’on combine de façon à passer juste en avant de l’atlas et en arrière des apophyses styloïdes, qu’on tâche de garder au moins partiellement avec le pharynx pour ménager l’insertion du stylo-pharyngien. On complète avec le ciseau. Le reste comme dans la première coupe. Commencer la dissection des constricteurs par le plus inférieur, en enlevant la tunique adventice. Bien observer à la partie supérieure les ganglions rétro-pharyngiens et la tunique fibreuse, et sur les côtés la position de l’amygdale. Profiter de là pièce pour étudier l’espace maxillo-pharyngien.

Les angles du pharynx présentent une difficulté spéciale; car ils donnent insertion aux cloisons sagittales qui ont disparu dans la coupe, à l’aponévrose stylopharyngienne et à la gaine vasculaire.

PHARYNX

Définition. — Le pharynx est une cavité musculo-membraneuse placée entre la bouche et l’œsophage. Sorte de carrefour interposé entre les voies digestives et les voies aériennes et dans lequel s’ouvrent les fosses nasales, la trompe d’Eustache, la b uche et le larynx, il sert à la déglutition, à la respiration et à la phonation (fig. 745).

Situation. Limites. — Il est situé en avant de la colonne vertébrale, en arrière de la face et du larynx. Il appartient à la fois à la tête

A. carot. int. ...

Fosse de Rosenmüller

Bourse phar. ■■ — M. stylo-phar

Amygd. palat.

M. phar.-st

LÀg. hyo-thyr. lal

Meinb. élast. phar.

M.ptéryg.ext.

Face ext. muq.

phar.

M. ptéryg. int.

Os hyoïde.

, Cart. thyr

Œsopli.

Fig. 703. — Pharynx vu par sa face postérieure (d’après Luschka).

On a enlevé les muscles constricteurs. Remarquer : sur les côtés l’espace maxillo-pharyngien, la terminaison du muscle pharyngo-staphylin (pilier postérieur du voile), le muscle stylo-pharyngien, les trois saillies de la muqueuse (bourse pharyngienne et fossettes de Rosenmüller).

et au cou. Sa limite supérieure est la base du crâne, c’est-à-dire la face inférieure de l’apophyse basilaire de l’occipital; sa limite inférieure répond en arrière au corps de la 6e vertèbre cervicale, en avant au bord inférieur du cartilage cricoïde, repère facile à trouver sur le vivant. Il finit avec le larynx, et l’œsophage commence avec la trachée.

Fixité. — Le pharynx est suspendu à la voûte du crâne, par sa muqueuse et par l’insertion de sa tunique fibreuse. Sa partie inférieure mobile monte et descend dans la déglutition, et l’excursion de ce mouvement peut atteindre 7 centimètres. En outre il est rattaché à toutes les parties

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voisines : à la colonne vertébrale, parles cloisons sagittales; au squelette de la face, à l’os hyoïde, au larynx, par les insertions des muscles et le prolongement de sa muqueuse ; à l’œsophage, qui est sa continuation.

Dimensions. — Le pharynx a une longueur de 15 centimètres et une largeur qui par suite de sa disposition en entonnoir mesure 6 centimètres au niveau des fosses nasales, 4 centimètres et demi derrière le larynx, et n’a plus que le diamètre du doigt à son orifice inférieur.

Face externe et Rapports. — Le pharynx a la forme d’une pyramide quadrangulaire, dirigée verticalement; il présente une hase supérieure et un sommet tronqué qui regarde en bas et se continue avec l’œsophage. Organe creux, il offre à étudier une face externe et une face interne.

. I. Face externe. — La surface externe figure une gouttière avec une face postérieure et deux faces latérales; il n’y a pas de face antérieure, elle est confondue avec les fosses nasales, la bouche et le larynx. A la jonction des trois faces sont les angles du pharynx.

La face postérieure plane est une face vertébrale. Elle est en rapport sur toute son étendue avec la face antérieure des corps vertébraux que recouvrent en partie les muscles prévertébraux et leur aponévrose. Entre le pharynx et la colonne est Y espace prévertébral. Occupé par du tissu cellulaire lâche qui permet les mouvements ascensionnels du pharynx, cet espace est fermé de chaque côté par des lames conjonctives, très extensibles mais résistantes, qui s’étendent des angles du pharynx à l’aponévrose prévertébrale; ce sont les cloisons sagittales. Il se continue avec l’espace rétro-œsophagien, et par lui arrive jusque dans le médiastin postérieur. C’est dans cette couche celluleuse que se développent les abcès prévertébraux ou rétro-pharyngiens.

Les faces latérales présentent des rapports différents dans la portion céphalique et dans la portion cervicale, ces deux portions étant d’ailleurs d’égale longueur.

Dans sa portion céphalique, le pharynx est en rapport avec Y espace maxillo-pharyngien. Cet espace est formé par la convergence en avant de la paroi latérale du pharynx, et de la branche du maxillaire inférieur que recouvre le muscle ptérygoïdien interne; de là sa forme triangulaire sur la coupe horizontale, le triangle ayant pour base en arrière la colonne vertébrale. En hauteur, il est vertical, et s’étend de la base du crâne à l’angle du maxillaire inférieur. Au milieu d’une graisse de remplissage, il contient le gros paquet vasculo-nerveux de l’artère carotide interne, de la veine jugulaire interne et du nerf pneumogastrique, accompagné d’une chaîne de ganglions lymphatiques. Les nerfs glosso-pharyngien, grand hypoglosse et spinal le traversent à sa partie supérieure. Le ganglion cervical supérieur du grand sym-

PHARYNX

pathique et les nerfs qui en partent occupent sa partie postérieure, contre l’angle du pharynx, appliqués sur l’aponévrose prévertébrale. Le pharynx est en rapport avec tous ces organes.

Il importe de remarquer que l’espace maxillo-pharyngien est à son tour divisé en deux espaces secondaires par le diaphragme stylien. On appelle ainsi une cloison verticale constituée au milieu par l’apophyse styloïde et par les muscles styliens du bouquet de Riolan, en dedans par l’aponévrose stylo-pharyngienne qui s’étend de l’apophyse styloïde et du muscle stylo-pharyngien à l’angle du pharynx, en dehors par les ligaments stylo-maxillaire et stylo-hyoïdien. En avant de ce diaphragme s’étend Yespace pré-stylien (ptérygo-pharyngien de Jonnesco), qui est au contact immédiat de la paroi latérale du pharynx et ne renferme aucun organe important; il est le siège du phlegmon amygdalien. En arrière est l’espace rétro-stylien (stylopharyngien de Jonnesco),qui contient le paquet vasculo-

nerveux ; la de son contenu. A gauche, ce même espace divisé eu deux loges par la cloison ,. , . verticale du diaphragme stylien (aponévrose stylo-pharyngienne, muscles du

parotide Vient bouquet de Riolan figurés en masse, ligament stylo-maxillaire). Les vaisseaux y pointer, mais et ner^s ont ®té enlevés. La place de l’amygdale est indiquée en pointillé.

’ Comparez avec la fig. 749 qui représente une coupe transversale de cette

reste séparée même région et avec la fig. 768.

du pharynx

par le diaphragme stylien. Ce dernier espace est le siège probable du phlegmon latéro-pharyngien.

Dans sa portion cervicale, le pharynx reste en rapport avec le paquet vasculo-nerveux et, le long des cartilages du larynx, avec les lobes latéraux de la glande thyroïde. Au-dessous de l’hyoïde, la carotide interne est remplacée par la carotide primitive.

II. Face interne. — La cavité du pharynx présente une voûte et qua- Abrégé d’Anat. — III. * 79

Fig. 704. — L’espace maxillo-pharyngien et le diaphragme stylien.

Pharynx vu par la face postérieure. A droite, l’espace maxillo-pharyngien vidé

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tre parois: une paroi antérieure, une paroi postérieure et deux latérales.

La paroi antérieure ne lui appartient pas en propre, elle n’est que la face postérieure d’autres organes (voile du palais et langue), et c’est seulement derrière le larynx que le pharynx forme un canal complet.

La voûte appliquée sur la partie antérieure de l’apophyse basilaire est un peu oblique en bas et en arrière. Sa surface plissée constitue Y amygdale 'pharyngienne que nous décrirons avec la muqueuse.

La paroi antérieure est constituée de haut en bas par les parties suivantes : les orifices postérieurs, ovalaires , des fosses nasales, ou choanes ; — le voile du palais; — l’isthme du gosier circonscrit par les piliers antérieurs. Le voile avec ses piliers et l’amygdale appartiennent au pharynx ; mais, pour la clarté de la description, nous les avons décrits avec la cavité buccale; — la base de la langue, face pharyngienne que tapisse l’amygdale uale ; — l'épiglotte, l’orifice supérieur du larynx et la face postérieure de ses cartilages aryténoïde et cricoïde tapissée par la muqueuse pharyngienne.

La paroi postérieure est rosée, unie ou légèrement mamelonnée par des saillies glandulaires.

Amy gd.

Langue Êpigl.

Gouttière ph.

Fig. 765. — Pharynx vu par sa face antérieure (d’après Sappey).

On a fendu et écarté la paroi postérieure du pharynx. De haut en bas, s’échelonnent les orifices du nez, de la bouche et du larynx.

PHARYNX

Les parois latérales , de plus en plus étroites à mesure que l’on descend, présentent à leur partie supérieure l’extrémité saillante du pavillon de la trompe d’Eustache.

Les angles ou sillons latéraux qui unissent la face postérieure aux faces latérales sont remarquables par les fossettes de Rosenmüller qui avoisinent les trompes d’Eustache. Nous allons revenir sur ce point.

Derrière le larynx, les parois latérales se rencontrent avec la paroi antérieure en formant une dépression ovalaire ou triangulaire à grosse extrémité supérieure, qui commence sur les côtés de l’épiglotte et se termine en se rétrécissant sur les côtés du cartilage cricoïde. Ce sont les gouttières pharyngo-laryngées , ou plus simplement les sinus pirif ormes. Chez les mammifères, elles sont considérables et méritent le nom de fosses. On suppose qu’elles servent au passage des liquides et des petites bouchées.

La cavité du pharynx que nous venons de décrire dans son ensemble se divise, d’après les rapports de sa paroi antérieure, en trois portions nasale, buccale et laryngienne. Les deux premières ont pour limite naturelle entre elles le bord libre du voile du palais ; la portion buccale finit en bas à l’os hyoïde, qui sépare la langue du larynx (fig. 651 et 671).

La partie nasale est des plus intéressantes ; elle constitue la cavité naso-pharyngienne (naso-pharynx, arrière-cavité des fosses nasales). Exclusivement aérienne, destinée à la respiration, à la phonation et à la ventilation de l’oreille moyenne, cette cavité a une forme cubique, haute et longue de 2 centimètres et large de 4 centimètres. Elle a pour parois la voûte du pharynx avec son amygdale, la face supérieure du voile du palais, les choanes en avant, en arrière la portion de la paroi postérieure qui répond à l’arc antérieur de l’atlas, et les portions des faces latérales qui contiennent la trompe d’Eustache et les fossettes de Rosenmüller (fig. 745 et 767).

La trompe, en s’avançant obliquement dans la cavité naso-pharyngienne, forme une saillie évasée, pavillon de la trompe , situé à 1 centimètre au-dessus du voile du palais et à 2 centimètres en arrière du cornet inférieur. Son orifice arrondi ou triangulaire regarde en bas, en dedans et en avant.

La fossette de Rosenmüller est une dépression verticale qui occupe l’angle du pharynx, en arrière de la trompe. Profonde de 1 centimètre et plus, au point qu’une sonde en s’y engageant sur le vivant donne l’illusion d’avoir pénétré dans la trompe, elle s’étend sur toute la hauteur de la cavité. Sa surface est tomenteuse, quelquefois traversée par des brides. C’est un reste de la 2e fente branchiale.

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Structure du pharynx. — Le pharynx est composé de quatre couches qui sont de dehors en dedans :

La tunique adventice;

La tunique musculaire;

La tunique fibreuse;

La tunique muqueuse.

1° Tunique adventice (aponévrose externe, gaine lamelleuse). — C’est une membrane celluleuse dense, lin fascia, qui enveloppe tout le pharynx et qui constitue la gaine des muscles constricteurs. Elle a les mêmes limites et les mêmes insertions que ces muscles. Les ganglions lymphatiques rétro-pharyngiens sont noyés dans son épaisseur. Ses angles latéraux reçoivent les insertions des cloisons sagittales et de l'aponévrose stylo-pharyngienne. Ses parties latérales prennent dans la région supérieure une densité fibreuse; à ce niveau, la tunique adventice fait cloison entre le ptérygoïdien interne et les muscles péristaphylins, et reçoit du péristaphylin externe des renforcements tendineux. C’est cette partie condensée que les auteurs décrivent sous le nom à' aponévrose latérale du pharynx ; Cruveilhier. aponévrose pétro-pharyngienne ; Jonnesco, aponévrose latérale externe.

2° Tunique musculaire. — Cette tunique est formée par les trois muscles constricteurs qui embrassent étroitement le pharynx. Cet organe reçoit en outre le stylo-pharyngien et le pharyngo-staphylin.

En tout 5 paires de muscles qui sont les :

Constricteur supérieur;

Constricteur moyen ;

Constricteur inférieur;

Stylo-pharyngien ;

Pharyngo-staphylin.

Nous avons décrit le pharyngo-staphylin avec le pilier postérieur du voile du palais. Nous commencerons par le constricteur inférieur parce qu’il est le plus superficiel. Les trois constricteurs, muscles plats et curvilignes, s’imbriquent en effet en se recouvrant de bas en haut.

1° Constricteur inférieur. — Ce muscle a la forme d’un trapèze. Son bord inférieur est horizontal, son bord supérieur oblique monte vers la ligne médiane ; ses deux bords externe et interne sont verticaux.

Il s’insère en dehors par un double faisceau, aux cartilages cricoïde et thyroïde : 1° au cricoide, sur la face latérale de son anneau; 2° au thyroïde, à la ligne oblique de sa face externe, aux tubercules qui la terminent, et à toute la partie du cartilage qui est située en arrière de cette ligne. En dedans ses fibres se terminent sur le raphé médian en s’entrecroisant partiellement avec les fibres opposées.

Ce muscle recouvre le constricteur moyen et quelquefois même le

PHARYNX

constricteur supérieur. Le nerf laryngé supérieur s’engage sous son bord supérieur, et le laryngé inférieur ou récurrent sous son bord inférieur.

2° Constricteur moyen. — Ce muscle est triangulaire; son sommet est à l’os hyoïde, et sa base sur la ligne médiane. Avec celui du côté opposé, il forme un grand losange. Il est remarquable par sa minceur.

Fibro-cart. pét.-bas.

A. carot. int.

Gr. corne os hyoïde

Corne sup. cavt. thyr.

F aise, du sterno-thyr. au constr. inf.

M. constr. inf.

M. st.-thyroïd

•Œsophage

T un. fibr.

Lig. méd.

post.

M. stylophar.

F aise, tonsill.

Fais, laryng.-

M. pléryg. ec et.

M. masséler

M. conslric. sup.

par côté m.

pétro-phar.

M. pléryg. int.

M. constr. moy.

Trachée

Fig. 766. — Muscles du pharynx (d’après Luschka). La tunique adventice qui couvrait les muscles a été enlevée.

Il s’insère en dehors : à l’os hyoïde, à sa petite corne et à toute la longueur de sa grande corne; en dedans, au raphé médian.

Il recouvre le constricteur supérieur. Sous son bord supérieur légèrement saillant s’engagele muscle stylo-pharyngien.

*1° Constricteur supérieur. — Plus mince encore, ce muscle a une iorme quadrilatère. Ses fibres sont horizontales; le bord supérieur est arciforme, à concavité supérieure.

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Il s’insère en dehors sur une ligne verticale : 1° à l’aile interne de l’apophyse ptérygoïde et à son crochet entre les deux péristaphylins qu’il sépare, laissant en dehors de lui le péristaphylin externe ; 2° au ligament ptérygo-maxillaire, qui lui est commun avec le buccinateur ; 3° à la partie postérieure de la ligne myloïdienne du maxillaire inférieur. En dedans, il se fixe au raphé fibreux médian du pharynx et s’entrecroise avec le muscle opposé, comme le font tous les constricteurs.

Ce muscle n’arrive pas jusqu’à la base du crâne; il en reste séparé par un espace de 1 centimètre et demi dans lequel apparaît la tunique fibreuse. Il forme, avec la tunique adventice qui le recouvre, la paroi interne de l’espace maxillo-pharyngien.

Quelques fibres du constricteur supérieur vont à la base de la langue (faisceau lingual, muscle pharyngo-glossé). Parmi celles-ci, il en est qui prennent insertion sur la capsule de l’amygdale, et constitue un petit muscle plat, Y ctmygdalo-glosse , muscle tonsillaire, adducteur de cette glande.

Comme l’indique leur nom, ces trois muscles sont constricteurs ; ils resserrent transversalement la cavité pharyngienne. Accessoirement les deux inférieurs peuvent élever l’os hyoïde et le larynx. La partie cricoïdienne du constricteur inférieur sert de sphincter à l’entrée de l’œsophage et soulève la muqueuse en bourrelet.

4° Stylo-pharyngien . — Ce muscle long, extrinsèque au pharynx dans la plus grande partie de son trajet, s’insère en haut à la base de l’apophyse styloïde. De là il se porte en bas et en dedans et aborde l’angle du pharynx en passant sous le bord supérieur du constricteur moyen. Devenu intra-pharyngien il se termine par un large éventail. Les fibres transversales s’insèrent sur la paroi latérale du pharynx, sur l’amygdale (muscle tonsillaire, antagoniste de l’amygdalo-glosse) et sur les replis épiglottiques. Les fibres descendantes se fixent sur le bord postérieur du cartilage thyroïde et atteignent même le cricoïde.

Le stylo-pharyngien traverse obliquement l’espace maxillo-pharyngien. Il est longé sur son bord externe parle nerf glosso-pharyngien. Son bord interne donne insertion à V aponévrose stylo-pharyngienne , cloison fibreuse triangulaire à sommet inférieur qui s’attache d’autre part à l’angle du pharynx. Nous l’avons déjà indiquée à propos de l’espace maxillo-pharyngien.

Ce muscle est élévateur et dilatateur de la cavité pharyngienne.

Muscles surnuméraires. — On rencontre fréquemment des faisceaux surnuméraires à la partie supérieure. Le plus constant est le muscle p étr o -pharyngien, petit faisceau allongé qui descend de la base du crâne le long de l’angle du pharynx, en recouvrant le constricteur supérieur.

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3° Tunique fibreuse. — La tunique fibreuse, aponévrose interne du pharynx ou mieux intra-pharyngée, est une membrane conjonctive interposée entre la couche musculaire qui glisse sur elle et la muqueuse à laquelle elle adhère intimement. Elle a exactement la forme du pharynx, avec une partie postérieure et des parties latérales. En dehors elle a les mêmes insertions que ses muscles; en dedans, sur la face postérieure, elle constitue le raplié médian sur lequel s’insèrent les constricteurs.

La tunique fibreuse est d’autant plus nette et plus dense qu’on l’examine plus près de la base du crâne. Dans la partie nasale, elle a le type fibreux; au-dessous, elle n’est plus qu’une mince membrane élastique. On la prépare sans trop de peine dans toute la partie qui correspond au •constricteur supérieur, portion nasale et buccale du pharynx. Arrivée à l’os hyoïde, elle n’est plus dissécable. C’est à tort qu’on a décrit un renforcement en arrière de l’amygdale, sous le nom à’ aponévrose amygdalienne ; la tunique y est mince, et d’ailleurs interrompue par les insertions des muscles tonsillaires sur la capsule de l’amygdale.

C’est dans la partie supérieure qu’elle offre sa plus grande densité. Entre la hase du crâne et le bord supérieur du constricteur supérieur, sur la face postérieure du pharynx, elle a l’aspect d’une aponévrose (i aponévrose céphalo-pharyngienne de Cruveilhier). La tunique adventice qui se fusionne avec elle augmente encore son épaisseur. Son insertion à l’apophyse basilaire présente trois renforcements ligamenteux : 1° le ligament suspenseur médian qui descend du tubercule pharyngien sur le raphé médian; 2° les ligaments suspenseurs latéraux, qui se portent du rocher sur les angles du pharynx; ils sont formés de deux faisceaux entre lesquels s’évagine la muqueuse de la fossette de Rosenmüller (fîg. 763).

4° Tunique muqueuse. — La muqueuse du pharynx présente deux types différents suivant qu’elle occupe la partie digestive ou la partie respiratoire.

Dans toute la portion buccale et laryngée, et sur toute la face postérieure du pharynxjusqu’à la voûte, la muqueuse a le type buccal. D’un gris plus ou moins rosé, construite sur le type dermo-papillaire, avec de grosses papilles saillantes et un épithélium pavimenteux stratifié, elle est appliquée sur la tunique fibreuse et lui adhère. Il n’y a pas de sou s- muqueuse, excepté dans la partie laryngée ou nous avons vu que la tunique fibreuse faisait défaut. On trouve des glandes muqueuses éparses sous la muqueuse et même en dehors de la tunique fibreuse; un groupe confluent se voit derrière le larynx. Des îlots discrets de tissu lymphoïde existent dans la paroi postérieure; leur hypertrophie donne lieu à la pharyngite granuleuse. Ori a signalé aussi dans la partie inférieure quelques bourgeons gustatifs.

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La muqueuse du type nasal est localisée à la cavité naso-pharyngienne; elle revêt la face postérieure du voile, les faces latérales et la voûte. Rouge, molle, épaisse, elle possède un épithélium cylindrique cilié. Elle est riche en glandes et s’infiltre par place de tissu lymphoïde. Cette infiltration se voit sur le pavillon de la trompe, dont la lèvre postérieure devient Y amygdale tubaire de Gerlach (1878), dans la fossette de Rosenmüller, et sur toute l’étendue de la voûte où elle forme l’amygdale pharyngienne.

Amygdale pharyngienne. — L 'amygdale pharyngienne ou de Luschka (1869) ne présente sa forme normale que chez l’enfant. Elle se montre sous l’aspect d’une plaque saillante et plissée, quadrilatère comme la voûte du pharynx qu’elle occupe entièrement, et mesurant comme elle de 2 à 4 centimètres suivant l’âge et suivant les diamètres considérés. Sa surface offre des plis et des sillons disposés en éventail, qui convergent vers une dépression profonde de 2 à 3 mm., située tout à fait en arrière et au milieu, au bout du sillon médian. Cette dépression est la fossette 'médiane ou recessus médian du pharynx. La fossette répond, non point à l’ancien canal pharyngien de la glande pituitaire, mais à l’adhérence de l’extrémité supérieure du pharynx à la corde dorsale embryonnaire (fig. 745 et 767).

La muqueuse qui revêt cette formation, cylindrique ciliée dans les sillons, pavi menteuse sur les crêtes, montre à sa partie profonde une nappe continue de tissu lymphoïde, dans lesquels les follicules lymphatiques se voient à l’œil nu comme des grains de semoule. La couche lymphatique ou adénoïde, que limite en dessous une lame élastii/ue, repose sur une épaisse couche glandulaire qui déverse ses produits dans les sillons et les anfractuosités. Enfin celle-ci est à son tour fixée au périoste basilaire épais et adhérent, origine des polypes naso-pharyngiens.

En résumé, de la surface à la profondeur, s’étagent les couches suivantes : l’épithélium, la couche lymphoïde avec sa limitante élastique; la couche glandulaire et le périoste basilaire.

L’amygdale pharyngienne est un organe de l’enfance et de l’adolescence. Elle est bien marquée à la naissance; elle atteint son plein développement à la deuxième année et le garde jusqu’à la puberté. Avec la puberté, elle commence à subir des phénomènes de régression, et chez l’adulte, en partie atrophiée et disloquée, en partie déformée par les lésions inflammatoires très fréquentes, elle se réduit à quelques plis irréguliers près de la ligne médiane. Souvent la fossette médiane s’allonge et prend la forme d’un entonnoir profond de 1 centimètre, connu sous le nom de bourse pharyngienne de Meyer.

L’ensemble des formations amygdaliennes que nous avons étudiées jusqu’à présent constitue Vanneau lymphatique du pharynx.

PHARYNX

Anneau lymphatique du pharynx, de Waldeyer. — On désigne sous ce nom la réunion des formations lymphoïdes qui sont situées dans le pharynx vrai, au sens embryologique, c’est-à-dire en arrière du sillon terminal de la langue. Cet anneau, sensiblement vertical, commence par l’amygdale pharyngienne, se continue par l’amygdale tubaire, le tissu lymphoïde du voile du palais et du pilier postérieur, l’amygdale palatine, et se ferme sur la ligne médiane par l’amygdale linguale. Les quatre amygdales ont une même structure générale, avec des différences de forme extérieure. Toutes sont des organes dont le plein développement correspond à l’enfance et à l’adolescence ; elles sm. méd.

commencent à rétrograder avec la puberté.

Placées à l’entrée des voies respiratoires et des voies digestives, elles apparaissent comme un organe de défense contre les invasions microbiennes de l’extérieur.

V aisseaux et nerfs .

— Les arteres du pharynx proviennent toutes de la carotide externe. La portion buccale et la portion laryngienne reçoivent leurs vaisseaux : de la pharyngienne ascendante, de la palatine ascendante qui provient de la faciale, et du rameau pharyngien de la thyroïdienne inférieure. A la portion naso-pharyngienne la maxillaire interne envoie l’artère ptérygo-palatine ou pharyngienne supérieure par sa branche sphéno-palatine, et l’artère vidienne.

Les veines forment deux plexus : un plexus sous-muqueux , bien bien marqué dans la partie laryngienne; un plexus péri -pharyngien, situé extérieurement entre la couche musculaire et la tunique adven-

Fig. 767. — Anneau lymphatique du pharynx (d’après Th. Schmidt).

Cette coupe médiane antéro-postérieure montre la moitié gauche de l’anneau lymphatique formée par les amygdales pharyngienne, tubaire, palatine et linguale.

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tice. Ce dernier plexus qui s’étend sur les trois faces du pharynx et qui reçoit la presque totalité des veines profondes se déverse soit en avant dans le plexus ptérygoïdien, soit aux angles du pharynx dans une longue arcade latérale , qui elle-même se iette par des troncs transversaux dans la veine jugulaire interne.

Les lymphatiques naissent des réseaux muqueux et musculaires. Ils se partagent en deux groupes distincts. Ceux de la cavité naso-pharyngienne se jettent dans les ganglions rétro-pharyngiens que nous avons vus être situés sur la face postérieure du pharynx, près de son angle, à 1 ou 2 centimètres au-dessous de la hase du crâne (flg. 499). Ces ganglions souvent volumineux jouent un rôle important dans la pathologie de cette région. Les troncs lymphatiques. des portions buccale et laryngée se portent en dehors aux ganglions de la chaîne jugulaire interne.

Les nerfs sensitifs et moteurs proviennent du plexus pharyngien , situé sur les faces latérales et muni de ganglions nerveux. Ce plexus tire ses branches afférentes du nerf glosso-pharyngien et du pneumogastrique, celui-ci ayant, comme on le sait, reçu la branche interne du spinal. Le ganglion cervical supérieur du grand sympathique fournit des filets vasculaires et sécréteurs.

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