CHAPITRE V
ŒSOPHAGE
Préparation. — La portion cervicale de l'oesophage se prépare facilement en même temps que la trachée, derrière laquelle elle est située, et que le paquet vasculo-nerveux qu’il faut ménager. — La portion thoracique est visible quand on a enlevé le cœur et le péricarde; on peut enlever les poumons, mais il faut conserver la trachée et sa bronche gauche, la partie horizontale de la crosse de l’aorle et toute l’aorte descendante. Une préparation intéressante consiste à observer l’œsophage par derrière en faisant tomber les vertèbres dorsales et la portion voisine des côtes. La portion abdominale s’étudie avec l’estomac.
Une coupe transversale montre ses diverses tuniques, que l’on disséquera sur un segment de quelques centimètres de long fendu et épinglé sur un liège.
Définition. — L’œsophage est un conduit musculo-membraneux qui s’étend du pharynx à l’estomac.
Il fait passer les aliments de Ja cavité pharyngienne dans la cavité gastrique (troisième temps de la déglutition).
Situation. Limites. — L’œsophage occupe successivement dans son trajet la partie inférieure de la région cervicale, toute la région thoracique dans le médiastin postérieur et une très petite partie de la cavité
OESOPHAGE
abdominale. Il est constamment situé au-devant de la colonne vertébrale.
Sa limite supérieure répond au bord inférieur du cartilage cricoïde, repère fondamental, facile à constater ; l’œsophage commence avec la trachée. Ce point correspond à la 6e vertèbre cervicale, qui présente le tubercule carotidien sur son apophyse transverse. Cette extrémité est à 15 centimètres des arcades dentaires et difficile à atteindre avec le doigt, même sur le cadavre (fig. 745).
La limite inférieure est sur l’estomac, à la jonction de la petite courbure avec la grosse tubérosité. Entre cette dernière et l’œsophage, un sillon profond, demi-circulaire, qui se traduit intérieurement par un repli valvuloîde, marque sur le côté gauche du canal sa pénétration dans l’estomac. Cet abouchement répond à la face gauche de la 10e vertèbre dorsale ou à son disque sous-jacent.
Fixité. — L’œsophage est maintenu en place par la continuité de ses deux^ extrémités avec le pharynx et l’estomac ; par des tractus conjonctifs ou musculaires qui l’unissent à la bronche gauche, à l’aorte, au diaphragme; enfin par les cloisons sagittales qui, insérées sur ses angles, le suspendent à la colonne vertébrale. Ces diverses attaches lui laissent une certaine mobilité, surtout au point de vue de son extension en longueur et en largeur.
Forme et dimensions. — La forme de l’œsophage est celle d’un tube un peu aplati d’avant en arrière. Aux deux extrémités sont Y orifice supérieur ou pharyngien , et Y orifice inférieur ou cardiaque. Le tube est ouvert et béant, sur le vivant, dans sa portion thoracique et abdominale, et peut-être aussi dans la portion cervicale.
Sa longueur est de 25 centimètres, dont 4 ou 5 pour la portion cervicale, 16 ou 18 pour la portion thoracique et 2 ou 3 seulement pour la portion abdominale. Sa largeur extérieure est de 2 à 3 centimètres. Il laisse passer une sonde de 2 centimètres de diamètre ; cependant sur certains sujets, il est des points étroits dont le diamètre est réduit à 15 millimètres.
Toutefois, le calibre de l’œsophage n’est point régulier, il présente constamment des parties étroites et des parties larges. Les rétrécissements les plus constants au point de vue de leur siège sont : les rétrécissements cricoïdien, à l’orifice supérieur; aortique, au contact delà crosse de l’aorte ; bronchique, en arrière de la bronche gauche, et diaphragmatique, au-dessus et dans l’orifice diaphragmatique. Des dilatations fusiformes les séparent. Ces points rétrécis sont importants pour le cathétérisme ; ils sont des lieux d’élection pour l’arrêt des corps étrangers, pour les rétrécissements cicatriciels. La grande majorité des corps étrangers chez l’enfant s’arrêtent au-dessus du deuxième rétrécissement, au niveau ou un peu au-dessus de la fourchette sternale.
APPAREIL DIGESTIF
Direction. — Considéré dans son ensemble, l’œsophage est à peu près rectiligne et vertical et permet l'introduction de sondes droites. Examiné en place, il montre quelques flexuosités dans les deux sens.
Gang. cerv. sup.
A. carot. inl. g.
Pharynx V. lar. sup.
Corps thr.
A. carot. prim.