RECTUM
Préparation. — Il faut étudier le rectum dans les deux sexes. Choisissant un bassin qui pourra préalablement avoir été utilisé pour la dissection des muscles superficiels du périnée, et ayant bien lavé le rectum, on fera une coupe antéropostérieure, non pas médiane, mais paramédiane, à deux doigts de la symphyse pubienne, de façon à n’ouvrir ni la vessie ni le rectum et à longer leurs faces laté~ raies. On choisira le côté correspondant à la figure de l’ouvrage dont on se sert. On étudie avec soin les rapports, non seulement avec la vue, mais aussi par le toucher rectal. Puis on extrait le rectum que l’on distend par insufflation, en ne liant en bas que la collerette de la peau. On observe facilement son revêtement péritonéal, sa forme bosselée, ses bandes musculaires, les vaisseaux hémorroïdaux supérieurs. On l’incise; les valvules, les colonnes et la coupe du sphincter interne sont alors visibles.
Définition. — Le rectum est la portion terminale du tube digestif. Il joue, plus immédiatement que les autres segments du gros intestin, le rôle de réservoir et d’agent d’expulsion.
Situation. — Il est situé dans le petit bassin, en partie dans sa cavité, 'portion pelvienne ; en partie dans sa paroi inférieure, portion périnéale. Sa limite supérieure est ordinairement indiquée par un rétrécissement, collet de V ampoule, qui le sépare du colon pelvien. Elle correspond au corps de la 3e vertèbre sacrée. On voit que nous rattachons au colon pelvien de l’S iliaque ce qu’on décrivait autrefois sous le nom de portion supérieure du rectum et qui s’étendait, sur une longueur de 7 centimètres, jusqu’à la symphyse sacro-iliaque gauche. Sa limite inférieure est marquée par sa jonction avec la peau du périnée.
Fixité. — Le rectum est un organe immobile; il peut se dilater, s’invaginer, mais non se déplacer en masse ; les déplacements latéraux de sa partie intra-pelvienne sont tout à fait restreints. Il est fixé : 1° par le péritoine, qui applique une partie de l’ampoule 'contre le sacrum, sans former de méso ; — - 2° par le fascia rectal, sorte d’aponévrose
APPAREIL DIGESTIF
qui recouvre la partie non péritonéale de l’ampoule et la rattache à l’aponévrose périnéale supérieure; — 3° par deux muscles du périnée, le releveur de l’anus et le sphincter, qui embrassent son extrémité inférieure et qui s’insèrent d’autre part sur les parois du bassin. Péritoine, fascia et muscles se succèdent sans discontinuité.
Dimensions. — La longueur du rectum est de 15 centimètres, dont 12 pour la portion ampullaire. Sa largeur extérieure, à l’état de moyenne distension, est de 6 centimètres. La portion anale n’a que
que 3 centimètres de long. sur autant de largeur.— Sa capacité est de 400 à 500 grammes d'eau.
Il est extrêmement dilatable. Extemporané ment, on peut après anesthésie y introduire la main, non sans dangers d’ailleurs. La distension lente, progressive, atteint les plus grandes limites; car on a vu le rectum, rempli par des matières fécales, occuper toute l’excavation pelvienne, avec une circonférence de 34 centimètres; et l’on sait que parmi les nombreux corps étrangers qu’on y a fait pénétrer figurent des verres à bière.
Direction. — Le rectum présente des inflexions dans les deux sens. Ses inflexions latérales sont faibles et négligeables, d’où son nom de rectum, droit; elles consistent dans une déviation à droite que présente souvent sa portion pelvienne. Il n’en est pas de même de ses inflexions antéro-postérieures», qui sont constantes, très accentuées et d’une grande importance pratique (fig. 788).
Le rectum décrit d’abord une courbure dont la concavité, concentrique à celle du sacrum et du coccyx, regarde en avantet en bas ; puis il s’infléchit à angle droit, et se dirige obliquement à 45°, en arrière et en bas. Le point d’inflexion est le coude du rectum; il est à 3 centimètres du sommet du coccyx, et la paroi antérieure du rectum présente à son niveau une dilatation ou cul-desac. Il faut donc, quand on introduit le doigt ou un instrument par l’anus, le diriger en avant, vers la symphyse du pubis, puis au bout de 3 centimètres de parcours le redresser pour
sa
face
Rectum,
antérieure.
Fig.
vu par
Ampoule rectale; au-dessus, portion inférieure du colon pelvien. ; — Le péritoine est coupé au ras de son insertion; son extrémité inférieure en pointe correspond au cul-de-sac de Douglas. On voit que la plus grande partie du rectum est extra-péritonéale.
— Bandelette musculaire antériéure sous le péritoine.
GROS INTESTIN
le porter en arrière. Si on continuait à le pousser en avant, on pourrait perforer la paroi antérieure du rectum; de nombreux exemples de perforation ont été cités, le plus souvent par des canules destinées aux lavements.
Configuration externe. — Envisagé dans son ensemble et isolé, le rectum est fusiforme. En place, il se montre composé de deux parties bien différentes : l’ampoule et l’anus. L’ampoule est un réservoir, une sorte de vessie fécale; l’anus est un canal d’évacuation, une sorte d’urètre. Tout les distingue, leur direction, leurs rapports, leur structure, leur fonction. Le coude du rectum marque leur séparation.
U ampoule est la portion ampullaire, portion pelvienne, portion libre, portion supérieure ou moyenne des différents auteurs. Elle est ovoïde, longue de 12 centimètres, large de 6 centimètres, très dilatable. Elle est arquée, comme le sacro-coccyx sur lequel elle s’applique. Elle est bosselée, comme le colon, mais d’une façon moins typique. En effet, on reconnaît à sa surface, non point trois bandelettes longitudinales, mais deux seulement devenues médianes, l’une antérieure, l’autre postérieure, d’aspect charnu; sur les côtés, des bosselures et des sillons. Ces sillons qui correspondent à des valvules intérieures sont latéraux et transversaux, alternant de droite à gauche. On en compte de 1 à 5, ordinairement 3 ; le plus important et le plus constant est situé à droite, à 8 centimètres de l’orifice anal.
L’anus est la portion anale, canal anal, portion sphinctérienne, portion périnéale, portion adhérente, portion inférieure des divers auteurs. C’est un canal rectiligne, long et large de 2 ou 3 centimètres, plus court chez la femme que chez l'homme, peu dilatable, à direction rectiligne. Nous dirons plus loin qu’il se particularise encore par une doublure de muscles striés et par un épithélium à type pavimenteux. Ce canal s’ouvre dans l’ampoule par un orifice interne; il s’ouvre au dehors par un orifice externe, ou orifice anal , qui débouche au fond d’un entonnoir cutané, appelé marge de V anus.
Un certain nombre d’auteurs ont réservé le nom d’anus à l’orifice externe et à sa marge cuta-née; mais on est généralement d’accord aujourd’hui pour comprendre sous ce nom toute la portion tubulaire ou inférieure du rectum, qui présente une même structure continue.
L’orifice anal est situé entre les ischions, à 3 ou 4 centimètres en avant du coccyx. Il a la forme d’une fente dont la direction est antéropostérieure, comme celle du sillon interfessier, et dont le grand axe est oblique en bas et en avant. On lui distingue deux bords latéraux et deux commissures. Autour de lui, la peau forme 6 à 10 plis radiés qui aboutissent à l’orifice; ce sont des plis de distension ou plis musculaires, plis de froncement, qui disparaissent quand l’orifice est dilaté. Chez les
APPAREIL DIGESTIF
sujets très amaigris, pendant la vie et surtout après la mort, l’anus prend souvent une disposition i nf un clibuliforme ;
Rapports. — On considère au rectum quatre faces : une face antérieure, une face postérieure et deux faces latérales. Ces dernières ne sont que des bords sur l’intestin vide; elles se constituent par la distension de l’organe.
1° Face postérieure. — Cette face est en rapport avec la face anté-