C. surr
A. més. sup.
Fig. 808. — Rapports du pancréas (d’après un moulage de II is).
Le contour de l’estomac est projeté en rouge par devant le pancréas. — Le col est très peu prononcé. Remarquer l’insertion du méso-colon transverse le long du bord antéro-inférieur du pancréas.
timètres au niveau du corps, son épaisseur de 1 cm. 5 à 2 centimètres. Son poids est de 80 grammes. Comme pour les glandes salivaires, il y a de très grandes variations dans le poids et le volume du pancréas.
Forme. — Le pancréas, allongé transversalement et renflé à son extrémité droite, a la forme d’un marteau. On lui distingue une partie centrale ou corps , une grosse extrémité droite ou tête, séparée du corps par un étranglement qui est le col , et une petite extrémité gauche effilée qui est la queue. Dans sa partie inférieure, la tête possède un prolongement recourbé qui reçoit dans sa gouttière ouverte en avant la veine mésentérique inférieure, et qu’on appelle le crochet du pancréas, le petit pancréas, le pancréas de Winslow. Le corps, triangulaire sur la coupe, a trois faces, une antérieure, une postérieure,
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d’égales dimensions, et une petite face inférieure qui est presque un bord.
Direction. — Le pancréas est dirigé horizontalement de droite à gauche, comme couché en travers delà colonne vertébrale, sur laquelle il se moule en partie, en s’incurvant en arrière.
Rapports. — La face antérieure , recouverte entièrement par le péritoine, est en rapport avec l’estomac qui y repose comme sur un lit ; elle est séparée de cet organe par l’arrière-cavité des épiploons. C’est essentiellement une face gastrique.
La face postérieure, non péritonéale, présente des rapports complexes. Au niveau de la tête, elle est en rapport avec la veine cave, avec le tronc de la veine porte et ses branches d’origine. Elle est creusée d’une gouttière, plus ou moins fermée, sillon du cholédoque , qui loge le canal cholédoque, descendant vers l’ampoule de Yater. Au-dessous du col passent les gros vaisseaux mésentériques supérieurs, artère et veine. Derrière le corps, dont la face présente deux gouttières longitudinales parallèles qui reçoivent au-dessus l’artère splénique, au-dessous la veine, sillons spléniques , on trouve de droite à gauche : l’aorte, dont les battements sont perceptibles à travers l’organe chez les sujets amaigris et qui sépare la glande de la colonne vertébrale, le rein gauche avec ses vaisseaux et sa capsule surrénale.
La face inférieure , large de 2 centimètres, repose sur l’intestin grêle.
Il y a trois bords : un supérieur, un antérieur et un inférieur. Le bord supérieur est remarquable par une saillie qu’il présente à son extrémité droite, à côté du col : c’est le tubercule épiploïque , qui repose en arrière sur le tronc cœliaque et le plexus solaire, et est en rapport avec un tubercule semblable de la face inférieure du foie. Le bord antérieur , qui est aussi inférieur, répond à la racine du mésocolon transverse. Le bord postérieur est appliqué sur le rein et sur l’angle duodéno-jéjunal.
La tète du pancréas, aplatie, quadrilatère, verticalement dirigée, adhère intimement par toute sa circonférence à la concavité de l’anneau du duodénum, qu’elle embrasse dans une sorte de gouttière; cette adhérence nous rappelle que le pancréas est une évagination du duodénum, ou plus exactement de la portion initiale du cholédoque.
La queue ou extrémité gauche, mal séparée du corps, est en rapport avec la face interne de la rate. Si elle est courte, elle est reliée à cet organe par l’épiploon pancréatico-splénique qui contient les gros vaisseaux de la rate.
Vaisseaux. — Artères. — Le pancréas n’a pas d’artère propre comme Jes gros viscères qui l’entourent. Sa principale artère est la
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pancréatico-duodénale, une des deux branches de bifurcation, avec la gastro-épiploïque droite, de la gastro-duodénale, elle-même branche de l’artère hépatique. Elle est destinée à la tête. D’autres rameaux lui viennent : de la mésentérique supérieure, qui donne la pancréaticoduodénale inférieure ou accessoire, et de l’artère splénique pour le corps et la queue.
Veines. — Les veines, disposées comme les artères, se jettent dans la veine splénique et la mésentérique supérieure. Le pancréas appartient au système porte.
Lymphatiques. — Les lymphatiques se jettent dans les nombreux ganglions qui entourent le pancréas. Les principaux ganglions sont ceux de la chaîne splénique, qui accompagne les vaisseaux de la rate sur la face postérieure du pancréas : les autres sont situés à l’origine des vaisseaux mésentériques supérieurs, et le long des vaisseaux pan créatieo-duodénaux, en avant et en arrière de la tête de la glande. En somme, ces ganglions péri-pancréatiques sont satellites des vaisseaux sanguins (fig. 487 et 488).
Nerfs. — Ils proviennent du plexus solaire et de ses branches de division .
Conduits excréteurs. — Le pancréas contient dans son intérieur deux conduits excréteurs : le canal de Wirsung et le canal deSantorini, ce dernier n’étant, après la période embryonnaire, qu’une branche spéciale du canal principal.
1° Canal de Wirsung. — Appelé canal pancréatique ou canal de Wirsung, du nom de l’anatomiste bavarois qui le découvrit en 1642, ce conduit principal est logé dans l’épaisseur de la glande dont il forme l’axe, à égale distance des bords et des parois. Blanc, fibreux, mince, il commence très étroit vers la queue, suit l’axe du corps en grossissant de plus en plus, puis se coude au niveau du col et descend dans la partie inférieure de la tête, à gauche du canal cholédoque auquel il s’accolle, pour se terminer dans l’ampoule de Yater, creusée elle-même dans le tubercule de Yater ou grande caroncule. Près de sa terminaison, il a la grosseur d’une petite plume d’oie. 11 s’ouvre dans l’ampoule, au-dessous du cholédoque, par un orifice assez étroit muni d’un sphincter lisse. Sur son trajet, il reçoit perpendiculairement des conduits secondaires, d’où son aspect de mille-pattes.
2° Canal de Santorini. — Dit aussi canal accessoire, canal récurrent, ce conduit, découvert au xvme siècle par l’anomiste italien Santorini, occupe la partie supérieure de la tête du pancréas. Il se dirige obliquement en bas et en dedans pour se jeter dans le canal de Wirsung au niveau de son coude. Ce qui le distingue d’une branche collatérale ordinaire, c’est, outre sa constance, le fait que sa petite extrémité ou
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droite s’ouvre dans l’intestin, et aussi, comme nous le dirons, son origine embryologique. L’orifice intestinal est creusé dans une petite papille de 2 à 3 millimètres de large, située sur la partie descendante du duo-
Fig. 809. — Embouchure des canaux pancréatiques (d’après Schirmer).
Le chodéloque est rejeté en dehors; un crin est engagé dans Santorini, l’ampoule de Vater est érignée. — Compar. avec les fig. 804 et 805.
dénum, à 3 centimètres au-dessus du tubercule de Yater; c’est la petite caroncule ou caroncule de Santorini , quelquefois d’ailleurs imperforée. Le canal accessoire est donc ouvert à ses deux bouts, et bien que normalement le cours du suc se fasse vers le conduit principal, le liquide pourrait accidentellement se déverser directement dans l’intestin.
Le canal de Santorini est chez l’embryon le conduit principal, et s’étend à toute la longueur du pancréas ; le canal de Wirsung, d’abord indépendant et limité à sa partie descendante, ne tarde pas à s’anastomoser avec le canal de Santorini au point qui sera le coude et à absorber toute la portion qui occupe le corps; Santorini atrophié devient un simple canal collatéral. Cette disposition embryonnaire explique les grandes variétés des canaux dans l’anatomie comparée et leurs anomalies chez l’homme.
Fonction. — Le pancréas sécrète le suc pancréatique et le déverse dans le duodénum au moment de la digestion. Ce suc contient des ferments qui agissent sur les trois espèces de matières alimentaires, les albuminoïdes, les féculents et les graisses.
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Résumé histologique1. — Le pancréas est une glande en grappe composée. Les lobules initiaux ont de 2 à 5 millimètres. Les canaux excréteurs portent appendus à leur origine, comme des fruits, deux espèces de corps : les uns creux, acini ou cavités sécrétantes; les autres pleins, ilôts de Langerhans.
Vacinus est formé de deux assises cellulaires. Dans l’assise externe sont les cellules principales, cellules pancréatiques ou sécrétantes, remarquables par leurs grains de zymogène; ce sont elles qui secrétent le ferment pancréatique. — L’assise interne est un revêtement mince et discontinu de cellules dites centro-ac.ineuses qui bordent la lumière du canal. On leur attribue un rôle de soutien. — Le canal de l’acinus se prolonge en boyaux entre les cellules principales ( canalicules intercellulaires.
Les îlots de Langerhans sont des amas de boyaux cellulaires anastomosés entre eux et complètement remplis par leurs cellules. Ce sont peut-être les organes de la sécrétion interne.
Le canal de Wirsung a pour paroi une couche conjonctive et élastique mêlée de quelques fibres musculaires lisses, et un revêtement d’épithélium cylindrique.
Pancréas d’Aselli. — On appelle ainsi un amas de ganglions lymphatiques situé à la racine du mésentère. On ne l’observe que chez certaines espèces animales, notamment chez les carnivores.