‹ Abrégé d'anatomieChapitre 190 sur 211 · BRANCHES COLLATÉRALES · texte numérisé non relu

BRANCHES COLLATÉRALES

Les dix branches 'collatérales peuvent être réparties en deux groupes de nombre égal, suivant qu’elles se dirigent en avant ou en arrière.

1° Branches viscérales.

2° Nerf de l’obturateur interne.

3° Nerf du releveur de l’anus.

4° Nerf hémorrhoïdal ou anal.

5° Nerf honteux interne.

!0° Nerf du pyramidal.

1° Nerf du jumeau supérieur.

8° Nerf du jumeau inférieur et du carré crural.

9° Nerf fessier supérieur.

10° Nerf fessier inférieur ou petit sciatique.

1° Branches viscérales. — Ces branches nerveuses, grêles, au nombre de trois ou quatre, se détachent des dernières paires sacrées et sont destinées aux viscères pelviens : vessie, rectum, vagin ; tantôt elles

Branches antérieures ou

ntra-pelviennes

NERFS RACHIDIENS.

restent indépendantes et constituent autant de nerfs hémorrhoïdaux, vésicaux ou vaginaux; tantôt elles se perdent dans le plexus sympathique destiné aux organes contenus dans le bassin.

Nerf de l’obturateur interne. — Il émerge assez haut de la lace antérieure du plexus, prenant naissance par deux racines, l’une sur le tronc lombo-sacré et l’autre sur la lie sacrée. Il sort du bassin par la grande échancrure sciatique et apparaît sur la face externe de

N. fcmoro-cuL-

5“ gangl. lombaire

N. fess. su p. (

N. oblur.int.

N. dorsal verge M. Irons, sup. pér.

N. cul.post. cuisse (r. pér.) N. cul.post. cuisse (r. fess.) ■

N. génilo-crur.

N. obtur.

Tr. lombo-sacré

1 ” n. sacré.

2° n. sacré

N. rclev. anus

N. hont. int.

N. hémorrh.

j\. dorsal verge N. périnéal

Fig. 641. — Plexus sacré (d’après Hirschfeld). Constitution du plexus sacré. Ses branches collatérales.

l’épine sciatique, qu’il contourne pour se rendre dans l’espace pelvirectal inférieur. Là, il s’insinue entre l'obturateur interne et l’aponévrose qui le tapisse et pénètre enfin le corps musculaire par des filets divergents.

3° Nerf du releveur de l’anus. — Ce nerf tire son origine de la 4°, parfois de la 3e sacrée, et se distribue, sous le fascia pelvien, à la face interne du muscle en longeant ses insertions supérieures.

Il donne quelquefois le nerf de l’ischio-coccygien ; d’autres fois ce rameau est indépendant.

4° Nerf hémorrhoïdal ou anal. — Ce nerf, de dimensions assez

PLEXUS SACRE

grêles, prend naissance sur la 3e et la 4e sacrées, sort du bassin par la partie inférieure de la grande échancrure sciatique, chemine sur la face externe de l’épine sciatique, entre le grand et le petit ligament sacrosciatiques, et se porte en dedans pour pénétrer dans la fosse ischio-rectale. 11 se divise alors en plusieurs rameaux: les antérieurs destinés aux parties molles de la région périnéale, les postérieurs à la région cutanéo-muqueuse et au sphincter externe de l’anus. C’est donc un nerf mixte.

5° Nerf honteux interne. — D’un volume considérable, le nerf honteux interne se détache par plusieurs racines de la 2e, 3e et 4e sacrés. Il se constitue en tronc unique, un peu en dedans du sommet du plexus, et sort presque aussitôt de la cavité pelvienne par la partie inférieure de la grande échancrure sciatique. L’artère honteuse interne qui l’accompagne est placée en dehors. Le nerf passe ensuite sur la face externe de l’épine sciatique, entre le grand et le petit ligament sacro-sciatique, et pénètre dans le creux ischio-rectal par la petite échancrure. Il se place alors contre la tubérosité ischiatique, sur laquelle il est appliqué par l’aponévrose de l’obturateur interne et se divise en ses deux brandies terminales, le nerf périnéal et le nerf dorsal de la verge.

a) Nerf périnéal. — Le nerf périnéal se dirige en bas et en avant décrivant avec l’artère honteuse interne, qui est en arrière et au-dessous, une courbe peu accentuée qui regarde en haut et en avant. Il atteint ainsi le périnée auquel il est destiné. Un peu avant il a donné naissance à une branche collatérale : le rameau périnéal externe , qui traverse l’aponévrose moyenne, fournit quelques filets au sphincter externe de l’anus, suit la branche ascendante de l’ischion, perfore l’aponévrose périnéale superficielle et se termine dans la peau de la région antéroexterne du périnée.

Après avoir émis le rameau périnéal externe, le nerf périnéal, arrivé au contact de l’aponévrose moyenne, se divise en deux branches : la branche superficielle et la branche profonde.

a) La branche superficielle (rameau superficiel du périnée) est presque exclusivement sensitive. Aussitôt après son origine, elle traverse l’aponévrose périnéale moyenne, puis l’aponévrose périnéale superficielle avec l’artère de ce nom. Elle devient sous-cutanée au niveau du bord postérieur du transverse. Se portant alors en avant, à peu près à égale distance de la ligne médiane et de la branche ascendante de l’ischion, elle se termine dans les téguments des bourses chez l’homme et des grandes lèvres chez la femme.

[j) La branche profonde (rameau profond du périnée) est surtout musculaire. Elle traverse l’aponévrose périnéale moyenne avec 1 artère bulbaire dont elle va suivre le trajet, puis se dirige en avant, à peu près

NERFS RACHIDIENS.

parallèle à la branche superficielle, mais séparée d’elle par l’aponévrose périnéale superficielle.

Chez l’homme, elle passe sur la face profonde du transverse superficiel du périnée et chemine ensuite entre le hulbo-caverneux en dedans, l’ischio-caverneux en dehors, fournissant des filets moteurs à ces trois muscles. Elle pénètre par plusieurs rameaux dans le bulbe et les corps caverneux, abandonnnede fines branches aux artères hélicineset s’épuise enfin, dans la région balanique, en ramuscules très ténus qui s’anastomosent en arcades avec les derniers filets du nerf dorsal de la verge.

Chez la femme, la branche profonde innerve les muscles du périnée et passe entre le constricteur du vagin et l’ischio-clitoridien pour se terminer dans le bulbe du vagin.

h) Nerf dorsal de la verge. — Le nerf dorsal de la verge est la continuation du nerf honteux interne. Il suit le bord interne des branches ascendantes de l’ischion et descendantes du pubis et fournit dans ce trajet des filets moteurs aux muscles sphincter strié de l’urètre et transverse profond. Arrivé à un ou deux centimètres de la symphyse pubienne, il se porte en avant et perforant l’aponévrose moyenne il passe sur le côté du ligament suspenseur, pour se rendre à l’appareil génital externe.

Chez l’homme, il se place sur le dos de la verge, d’où son nom, chemine avec l’artère dorsale et en dehors d’elle au-dessous du fascia pénis et atteint la couronne du gland. Dans ce trajet, il envoie des filets superficiels à la peau des parties latérales de la verge et des filets profonds aux corps caverneux. Il se termine dans la muqueuse du gland par de nombreux filets très déliés qui aboutissent à des corpuscules spéciaux.

Chez la femme, ce nerf — nerf dorsal du clitoris — beaucoup plus grêle, présente le même trajet périnéal. Arrivé au-dessous de la symphyse, il se termine dans la muqueuse du clitoris.

6° Nerf du pyramidal. — Les filets nerveux destinés à ce muscle se présentent avec une disposition variable. On rencontre tantôt un nerf unique, tantôt deux ou trois rameaux. Emis par la face postérieure des premiers nerfs sacrés, ils restent parfois isolés, d’autres fois s’anastomosent en arcade sur la face antérieure du muscle. D’ailleurs, quelle que soit la variété d’origine, ces filets ont habituellement un trajet assez court et s’enfoncent presque toujours dans la portion intrapelvienne du muscle pyramidal.

7° Nerf du jumeau supérieur. — C’est un petit filet nerveux qui se détache de la face antérieure du plexus vers son sommet, se dirige, par la grande échancrure, sur la face externe de l’épine sciatique et presque aussitôt se perd dans la face profonde du muscle auquel il est destiné.

PLEXUS SACHE

8° Nerf du jumeau inférieur et du carré crural. — Assez

souvent distinct du précédent et un peu plus volumineux, il présente la même origine et les mêmes rapports, cheminant comme lui entre la paroi osseuse, à laquelle il fournit des filets, etles muscles qui la recouvrent. Ceux-ci la séparent du grand nerf sciatique. Après un court trajet, il se termine dans le jumeau inférieur et le carré crural qu’il pénètre par leur face profonde.

9° Nerf fessier supérieur (%. 642). — Ce nerf prend son origine sur la face postérieure du tronc lombo-sacré et sur le 1er nerf sacré. Les deux racines se réunissent bientôt en un seul tronc qui sort du bassin par la partie supérieure de la grande échancrure sciatique, au-dessus du pyramidal, en dehors des vaisseaux fessiers. Dès lors il s’infléchit pour suivre un trajet ascendant entre le moyen et le petit fessier, d’abord unique puis divisé en deux rameaux qui se subdivisent à leur tour, constituant ainsi des filets divergents pour le moyen et le petit fessier. Son filet le plus externe est destiné au tenseur du fascia lata.

10° Nerf fessier inférieur ou Petit sciatique (fig. 641 et 642). — Ce nerf, la plus volumineuse des collatérales du plexus sacré, sort du bassin au-dessous du muscle pyramidal, avec le grand nerf sciatique en arrière duquel il est placé et dont il semble être l’accessoire. Il se divise en deux branches terminales, une branche musculaire et une branche cutanée, que quelques auteurs considèrent comme distinctes dès leur origine et décrivent comme deux nerfs différents.

A. Branche musculaire (nerf fessier inférieur proprement dit). — Cette branche se décompose en nombreux rameaux qui s’appliquent sur la face antérieure du grand fessier et s’y épanouissent en filets ascendants et descendants qui pénètrent dans ce muscle.

B. Branche cutanée ( nerf cutané postérieur de la cuisse ). — Ce tronc nerveux descend verticalement vers la face postérieure de la cuisse et passe entre le grand trochanter et la tubérosité de l’ischion. Dès qu’il n’est plus recouvert par le grand fessier, il s’insinue dans un dédoublement de l’aponévrose fémorale et répond en avant à l’espace qui sépare le demi-tendineux du biceps. Il suit ainsi à peu près l’axe médian de la face postérieure de la cuisse et atteint la région poplitée, où il se divise en ses branches terminales.

Le nerf cutané postérieur est sensitif; il envoie ses branches collatérales aux téguments de la fesse, de la région périnéo-scrotale et de la face postérieure de la cuisse.

a) Les rameaux fessiers se séparent du nerf au niveau de son trajet sous-fessier, s’incurvent sous le bord inférieur du grand fessier, suivent un trajet récurrent et se distribuent à la peau de la région fessière.

b) Les 'rameaux périnéaux ou génitaux s’éloignent du nerf au

NERFS RACHIDIENS.

niveau ou un peu au-dessous des précédents. Ils sont en généra au nombre de deux et se dirigent en dedans et en avant, en décrivant autour de la tubérosité iscbiatique une courbe à concavité supérieure. Ils atteignent ainsi la région du pli fémoro-périnéal; devenus souscutanés, ils s’épuisent en filets destinés aux téguments du périnée, au scrotum ou à la grande lèvre.

c) Les rameaux fémoraux se détachent successivement des deux côtés du tronc d’origine, perforent l’aponévrose et vont se perdre dans la peau des parties interne et externe de la face postérieure de la cuisse.

A la hauteur de la partie moyenne de la région poplitée, le nerf cutané postérieur devenu très grêle se divise en 2 branches terminales : l’une traverse l’aponévrose jambière, couvre de quelques rameaux très fins la partie postérieure du mollet; l’autre atteint la veine saphène externe, l'accompagne dans son canal aponévrotique et s’anastomose bientôt avec le nerf saphène externe.

GRAND NERF SCIATIQUE

Page 1