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VAISSEAUX LYMPHATIQUES

Les vaisseaux lymphatiques comprennent : 1° des capillaires qui constituent les réseaux originels; 2° des troncs collecteurs qui naissent de ces réseaux et qui se fusionnent pour constituer des canaux de plus en plus volumineux. Ceux-ci se réduisent en dernière analyse à deux gros troncs, le canal thoracique et la grande veine lymphatique qui se jettent dans le système veineux.

Dans leur trajet centripète, les collecteurs rencontrent les ganglions lymphatiques dans lesquels ils se capillarisent, pour se reconstituer ensuite formant ainsi au niveau de chaque ganglion un véritable système porte lymphatique.

Nous envisagerons successivement les capillaires et les collecteurs.

1. La découverte des vaisseaux lymphatiques paraît devoir être attribuée à ilérophile et à Ilérasistrate qui aperçurent les premiers les vaisseaux chylifères, retrouvés plusieurs siècles plus tard par Aselli. Les recherches ultérieures de Rudbeck, Cruikshank, Mascagni, Teichmann et plus près de nous celles de Sappey, complétèrent progressivement l’anatomie descriptive des lymphatiques. Les recherches histologiques récentes (Recklinghausen, Ranvier, etc.) ont précisé la structure et l’origine des vaisseaux lymphatiques.

Capillaires. — Disposition générale. — Les capillaires lymphatiques constituent les réseaux d’origine. Nous ne rappellerons pas ici les discussions auxquelles a donné lieu la question de l’origine des lymphatiques et des relations de ces vaisseaux avec le tissu conjonctif. Il est admis aujourd'hui que les capillaires lymphatiques constituent un système absolument clos. Leur communication avec les espaces conjonctifs ou avec les cavités séreuses est purement physiologique, mais non morphologique.

Répartition. — Les réseaux lymphatiques sont très inégalement répartis dans l’organisme et il est pour ainsi dire impossible de formuler le pourquoi de cette disposition en apparence capricieuse. Ils font défaut dans les épithéliums et les parois vasculaires. Leur existence est discutable dans le tissu osseux: Dans le système nerveux, les vaisseaux lymphatiques proprement dits sont remplacés par les gaines périvasculaires et par des fentes interstitielles en relation avec les espaces méningés, mais relativement indépendantes du système lymphatique général.

Territoires lymphatique s. — Bien que les réseaux d’origine d’un même organe ou d’une même région soient continus, une injection poussée en un point déterminé tend à injecter de préférence certains collecteurs donnés. On est ainsi amené à admettre que chaque réseau est décomposable en plusieurs territoires et que chacun de ces territoires correspond à un groupe de collecteurs. Bien que l’indépendance de ces collecteurs soit tout à fait relative, cette distinction a une grande importance pratique. Pour certains organes, on peut fixer avec une approximation suffisante les limites des différents territoires; on peut ainsi apprécier leur étendue et par conséquent établir quelle est la voie lymphatique principale.

Structure. . — Les capillaires lymphatiques ont la forme de conduits régulièrement bosselés, de calibre très variables (30 à GO g), mais généralement plus volumineux, du moins lorsqu’ils sont injectés, que les capillaires du réseau sanguin correspondant.

Leur paroi se réduit à une simple assise de cellules endothéliales, directement appliquées sur les travées conjonctives voisines. Nitratées, ces cellules endothéliales, qui mesurent 30 à 40 g suivant leur grand axe, apparaissent limitées par des lignes noires, sinueuses comme les sutures des os de la voûte crânienne.

Collecteurs. — Forme , couleur. — Observés intacts sur l’animal vivant, les collecteurs lymphatiques apparaissent sous forme de conduits moniliformes, dont la paroi mince et fragile laisse transparaître leur contenu tantôt incolore, tantôt lactescent.

Leur aspect bosselé tient à la présence de valvules. Celles-ci, qui font défaut au niveau des capillaires et deviennent rares dans les gros troncs collecteurs, sont surtout abondantes au niveau des vaisseaux de moyen calibre. Disposées par paire, elles ressemblent aux valvules veineuses et comme celles-ci ont leur concavité tournée du côté du cœur.

Situation , direction. — Les lymphatiques sont dits superficiels ou profonds, ce qui veut dire sous-cutanés ou sous-aponévrotiques au niveau des membres, sous-capsulaires ou intra-parenchymateux au niveau des viscères. Lymphatiques superficiels ou profonds sont d’ailleurs toujours unis par de nombreuses anastomoses.

Les collecteurs lymphatiques sont généralement satellites des vaisseaux sanguins. Plus sinueux que ceux-ci, ils deviennent plus llexueux encore au voisinage des plis articulaires, et au niveau des organes mobiles ou à volume oscillant.

Anastomoses. — Les collecteurs lymphatiques s'unissent entre eux par de nombreuses anastomoses; ce sont des anastomoses par convergence ou par communication longitudinale. Elles sont surtout nombreuses au voisinage des ganglions.

Structure. — A quelques variantes près, tous les troncs lymphatiques ont, quel que soit leur calibre, une même structure fondamentale.

Ils sont essentiellement formés d’une tunique interne endothéliale, doublée d’une gaine conjonctive.

Les cellules endothéliales, plates et allongées dans le sens des vaisseaux, n’ont pas le contour découpé en feuille de chêne des cellules des capillaires. L'enveloppe celluleuse est formée de fîhres conjonctives, renforcées par des fihres élastiques très fines et par des fibres musculaires lisses, assez irrégulièrement réparties.

La paroi des vaisseaux lymphatiques est riche en vaisseaux et en nerfs.

Développement. — Les vaisseaux lymphatiques paraissent se développer aux dépens de cordons de cellules mésenchymateuses. Ces cordons qui s'accroissent par bourgeonnement sont d’abord pleins ; ils se creusent ensuite d'une lumière centrale. La communication de l’ébauche du système lymphatique avec le système veineux ne parait s’établir que secondairement.

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