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PREMIÈRE ASSEMBLÉE DES NOTABLES

d*en hant le dogme monarchique : < Le roi est seul légish lâteur^ juge des doléances des États généraux. La France libérée, seul il avisera à ce qui reste à faire. » Préface altière pour étourdir sans doute. On crut que d'autant moins on attendrait l'œuvre de ruse.

Cent millions accordés — les États en 89 — c'était l'avis très général et fort sensé de l'assemblée.

La surprise fut forte quand on vit Lamoignon qui montait vers le trône et parlait bas au roi.

Chacun se regardait. cMais c'est donc un Lit de justice? qui le savait? qui l'aurait cru? Quelle longue comédie d'écouter des discours pendant six heures, puisqu'on ne veut rien qu'ordonner I 3>

Le duc d'Orléans dit : c Sire, je demande à Votre Majesté la permission de déposer à ses pieds ma déclaration. Je regarde cet enregistrement comme illégal. Il serait nécessaire, pour la décharge des personnes qui seraient censées avoir délibéré, d'ajouter qu'il est fait par très exprès commandement de Votre Majesté. i>

Traduit brutalement, cela disait : Nou^^ nous lavons les mains de l'infamie. >Et encore : t Point d'argent! Personne ne remplira l'emprunt. %

Adieu donc les quatre cenl millions! La consolation de la cour, ce fut de jeter deux parlementaires aux forteresses, d'exiler Orléans.

Les amis de la cour, ayant décidément manqué Tesc'?motage de leur demi-milliard, arrêtés dans l'emprunt, arrêtés dans l'impôt, prenaient leur parti vaillamment , militairement, et conseillaient la banqueroute.

Brienne était perdu s'il n'eût eu un solide appui dans la reine et son extrême irritation. La honte du tour de passe-passe qui avait si mal réussi l'exalta, et pour mieux braver, elle siégea dès lors aux comités et aux conseils. Elle opina^ et prit la voix prépondérante.

C^onp d'État» — Résistance cle Bretagne* Danplifiié»

— C>onv<»catloncles États srenéraux* (Mai, août 1778).

Brienne succombait néanmoins. La réforme pourtant bien modérée sur la maison du roi avait exaspéré, La jeune cour d'Artois, autour de laquelle s'étaient groupés tous les violents, Taurait volontiers jetée par le fenêtre. La reine, saluée il rOpéra d'un seul cri : < Madame Déficit 1 > y pensa ellemême, hésita, sembla se demander s'il ne vaudrait pas mieux user de la violence. La force la plus sûre était celle des vingt régiments étrangers. Mangeant le pain du roi, ils ne connaissaient que lui.

Mais la cour avait contre elle l'armée transformée depuis 81. Tout grade supérieur y était pour la noblesse de cour avec tous les gros traitements. Les nobles de province n'arrivaient guère qu'au grade de capitaine très peu payé et pour les plus légers motifs ils étaient brisés. € Un colonel qui a besoin d'argent, disait-on, casse un officier, vend son grade à un autre. >

La première révolution de 1788 fut celle de la noblesse. D'autre part les pairs de France, la vraie cour du royaume, agissent contre la cour de Trianon et siègent au Parlement malgré le roi. — Tout va vers une crise. — Le Parlement veut désarmer le roi, s'attaque aux lettres de cachet. Donc mort au Parlement. Il est réduit à quelques membres. Le reste, supprimé, ruiné, remboursé quand et comment? Le trésor insolvable va suspendre ses payements.

Le roi remplace le parlement par une cour plénière composée de sa domesticité qui va travailler pour elle. Ces valets sont nommés à vie. Cette cour plénière, s'il y a lieu € (Vétablir de nouveaux impôts, statuera définitivement sur la délibération des États. Donc, lorsqu'ils viendront, les États généraux ne seront [qu'une vaine cérémonie. Les pairs s'effrayèrent. Unis au Parlement, ils déclarèrent que les € coups préparés contre la magis-

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