‹ Abrégé d'histoire de FranceChapitre 11 sur 108 · DEUXIÈME GUERRE AVEC CHARLES-QUINT · texte numérisé non relu

DEUXIÈME GUERRE AVEC CHARLES-QUINT

démoraiisation qu'elles entraînaient avec elles. Il avait pris en horreur rinfâme commerce du sang.

Très tolérant, il poussa à la guerre contre les catholiques, lorsqu'ils appelèrent l'étranger. Un matin, les montagnards ayant marché vers Zurich, il défendit la patrie sans espoir delà sauver. Blessé, il ne voulut pas de grâce. Son corps fut mis en morceaux. Son ami Myconius, pour sauver son cœur des outrages, le jeta au courant du Rhin. Le fleuve des anciens héros en reste plus héroïque.

Origines du protestantisme français. — Rien de plus

saint, de plus pur, que les origines du protestantisme français. Rien de plus éloigné de la sanglante orgie anabaptiste de Munster.

Le premier martyr parisien fut un jeune ouvrier d'une vie tout édifiante. Il était paralytique, et on le prit dans son lit.

Il avait été d'abord un garçon leste et ingambe, vif, farceur, véritable enfant de Paris. Frappé par un accident, il n'en était pas moins resté un grand rieur. Assis devant la porte de son père, qui était un cordonnier, il se moquait des passants. Un homme dont il riait approche et dit avec douceur : c Mon ami, si Dieu a courbé ton corps, c'est pour redresser ton âme. » Il lui donne un Évangile. Étonné, il prend, ht, et relit, devient un autre homme. Son infirmité augmentant, il resta six ans dans son lit, gagnant sa vie à enseigner l'écriture ou à graver sur des armes de prix, ce qui le mettait à même de donner aux pauvres et de les gagner à l'Évangile.

Pendant six mois, de novembre en juin, continuèrent dans Paris les sacrifices humains.

Persécutions contre les protestants. — Les Condamnés

ne furent pas préalablement étranglés, mais effectivement brûlés vifs. Et^ cette peine ne suffisant pas, on imagina en mai cet atroce suspensoir des chaines de fer qui soutenaient

le patient et prolongeaient le supplice, empêchant le corps de s'affaisser et de disparaître dans le feu.

Les procès brûlés avec les hommes, par une précaution infernale, ont rendu très difficile d'écrire avec certitude les actes de ces martyrs.

Rien n'indique que le roi se soit imposé le supplice Aq voir ces horribles spectacles, plus choquants qu'on ne peut dire par les convulsions des patients et l'odeur des chairs brûlées. Il ne vint à Paris que le 21 janvier, sortit à huit heures du matin, alla du Louvre à Saint-Germain-l'Auxerrois, et de là, en grande pompe, à travers les rues tapissées, suivit la procession du clergé, qui porta le saint sacrement de reposoir en reposoir. A chacun, il s'arrêta et fit ses dévotions. Puis il dîna à l'évêché. Il y vit l'amende honorable.

Huit jours auparavant (13 janvier 1535), la Sorbonne avait tiré du roi une incroyable ordonnance qui supprimait l'imprimerie. Elle n'a pas été conservée, mais le fait est prouvé par la suspension qu'accorda le roi (26 février).

La demande de la Sorbonne étaiUellement ridicule, que les parlementaires, jusque-là alliés des sorbonnistes, réclamèrent contre eux. Budé et Jean Du Bellay démontrèrent au roi que la chose était et inepte et impossible.

Le clergé tourna l'obstacle. Il obtint qu'il y aurait censure, des censeurs élus par le Parlement. Et peu après, en 1542, il tira la chose des mains du parlement, et se ht censeur.

Cependant, de toutes parts, la voix publique s'élevait contre l'horrible inconséquence de poursuivre les protestants à Paris et de les aider en Allemagne, de traiter avee les Turcs et de brûler les chrétiens.

Les Allemands, il est vrai, avaient détruit Tanabaptisme (communiste et polygame). Hais à Paris, avec quelque furie qu'eût été menée la chose, les pièces brûlées avec les

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