HENRI II. — LES GUISES
Gérait personne. Charles-Quint paraissait horriblement aigri. Granvelie l'en excuse sur sa maladie. Il fit couper les pieds aux soldats allemands qui, selon leur vieil usage, s'étaient loués en France, et l'infant (Philippe II) intercéda en vain pour eux.
Les Vénitiens, qui connaissaient ses affaires mieux que lui, disent, il est ruiné. 11 ne peut plus rien tirer de rilalie.
Il tire encore moins de l'Espagne.
Tous les grands capitaines du siècle sont morts; il ne lui reste plus que le duc d'Âlbe, médiocre ; et un bandit italien qu'on appelait le marquis de Marignan.
II donna au monde après sa victoire de Muhlberg, un de ces spectacles qui effrayent, qui appellent la colère divine. Ce fut une chose nouvelle dans l'Europe chrétienne de voir renouveler les scènes barbares de captifs promenés, montrés (comme Bajazetdans sa cage de fer). Il menait par l'Allemagne et jusqu'aux Pays-Bas ses prisonniers, l'électeur, le landgrave, un héros et un saint, comme on montre une ménagerie de bêtes fauves. •
Une seule ville, Magdebourg, résista à l'empereur, à l'Espagne, à l'Empire. Et Maurice, qui l'avait fait vaincre, le trahit à son tour.
Henri II déclare la g^aorre à l*einperear (1552). —
Prive de sietz. — Maurice avait traité avec la France dès octobre 1552. Le roi avait pris Metz en avril; en mai il était dans l'Alsace.
Dès janvier i552, les levées s'étaient faites à grand bruit partout le royaume.
Celte noblesse mécontente avait tout oublié, elle était venue en si grand nombre (même les sauvages nobles de Bretagne, d'armes et de maisons inconnues), qu'Henri II, étourdi de sa propre grandeur, dit dans un sot orgueil : < Protecteur de l'Empire ! Mais pourquoi pas empereur? » H. DE FR., Temps modornes* u. — 9
Charles - Quint vient avec soixante mille hommes pour nous reprendre Metz. Mais la France elle-même y était
Le duc d'Âlbe, qui menait Tarmée impériale, trouva la ville formidablement préparée.
Une mortalité terrible commença chez les assiégeants, plongés jusqu'au nez dans la boue. L'empereur malade perdit trente mille soldats, avant de pouvoir s'arracher de là (!•' janvier 1553).
€oDqaète des trois évèehés. — Veu Espas^^ols em Fl-
cardie (1553). — Nous gardàmcs Metz, Toul et Verdun. Admirable morceau d'empire.
Pendant ces chants et ce triomphe, six mois après son avantage, la France reçoit le plus sensible coup. Charles- Quint relevé est plus haut que jamais dans l'opinion de l'Europe. La mort d'Edouard YI met sur le trône d'Angleterre la catholique Marie, qui se donne à l'Espagne, à Charles-Quint, à Philippe II son fils. La France qui vivait de hasard, à un mois ou deux de distance, fit deux traités contraires avec et contre l'empereur, par les Guises une ligue de guerre (décembre 1555), par le connétable un traité de paix (février 1556).
Le jeune roi d'Espagne nous attaquait au nord. Son armée était à Rocroi et ne rencontrait pas d'obstacle.
Le neveu du connétable, Coligny, comme gouverneur de Picardie, avait vu, avait dit, que le péril n'était pas sur la Meuse. Les vieilles bandes de l'Espagne restaient toutes à rouesl. Et, en effet, quand leur habile général, le duc de Savoie, vit tous les Français vers Mézières, il tourna brusquement, entra en Picardie et se jeta vers Saini- Quentin.
Défense de Saint-Quentin par ColIg^y. — S'arrêterait'^
il au moins à Saiut-Queutin ? Coligny se dévoua. Coligny, grand amiral, ex-coioucl de Tiiiia literie, gouverneur de