CHAPITRE XVI
LUTNES CONNÉTABLE ; SA MORT. — LE CARDINAL DE RICHELIEU MINISTRE. — AFFAIRE DE LA VALTELINE; LUTTE AVEC LA PA- PAUTÉ. — CONSPIRATION ET MORT DE CHALAIS. — SIÂGB ET PRISE DE LA ROCHELLE.
imjmmm «•nnëtobie. — Le changement de favoris ne changea absolument rien au grand courant des choses. Coneini appartenait aux Espagnols, et voulait les appeler à son secours ; Luynes ne fut pas moins Espagnol. Au moment de la crise, il s'offrait à l'Espagne pour une modique pension.
Tout ce qu'il voulait, c'était de l'argent. Il prit pour lui rénorme fortune de Concini, et bientôt se fit connétable. Ses frères,BrantesetCadenet,se déguisent en M.de Luxembourg et M. le duc de Chaulnes. Tous deux maréchaux de France.
Luynes promit des réformes, n'en fit point, et, tout au contraire, créa pour argent nombre d'offices nouveaux (avec exemption d'impôts et droit de vexer le peuple). La langue ne suffit plus aux titres ridicules que le fisc inventa: aiineurs de drap, vendeurs de poisson, élèves de l'écriloire, etc.
IjB vrai changement au Louvre fut celui du confesseur. Luynes osa prier le P. Cotton de se retirer.
La persécution protestante, c'est le point où s'accor-
daient tous les rivaux d'influence. Concini Tavait corn* mencée, et Luynes la continua. Le clergé la demandait, le P. Arnoux, le nouveau confesseur du roi, Timposait à son pénitent ; le favori espérait y occuper son jeune roi à une petite guerre sans péril. Il n'était pas jusqu'aux exilés^ aux gens de la reine mère, tels que Richelieu, qui ne poussassent en ce sens.
Quarante ans martyrs, quarante ans héros, les protestants, très fatigués, refroidis, et généralement paisibles, auraient désiré le repos.
Le seul de leurs chefs qui ne trahit point, Rohan, gendre de Sully, un politique, un capitaine, un caractère âpre et austère, d'indomptable résistance, eut cependant le tort de croire qu'il fallait chercher à la cour des patrons pour les huguenots. Ils étaient un parti nombreux et très fort encore.
Us ne connaissaient pas leurs forces, et, comme des gens qui croient toujours se noyer, ils empoignaient au hasard la moindre planche pourrie. Leur héroïque Rohan^ amoureux des causes perdues, s'attacha à la reine mère au moment où elle était exilée en réclusion à Blois (novembre 1618).
Somntsalon de Marie de Hédiela. — On pouvait
toujours lui faire son procès. Elle se sauva de Blois, en descendant à grand péril d'une tour haute de cent pieds (février 1619). La voilà à la tête d'un parti étrangement hétérogène. D'Épernon, le plus mortel ennemi des protestants^ en est le chef avoué. Et les protestants se préparent à l'ai der, lui prêtant d'abord leur appui moral, venant compli* monter la reine mère et se recommander à elle.
Conclusion. La mère est battue par le fils aux portes d'Angers. On s'arrange, l'on s'embrasse. Toute la guerre retombe sur les protestants.
Est-ce à de telles gens qu'ils devaient s'allier, eux qui