LUTNES CONNÉTABLE; SA MORT
dans toutes leurs plaintes^ demandaient qu'on fit justice de la mort d'Henri IV?
Expédition dans I0 Béant. — Leur assemblée générale qui tenait à Loudun avait parole du roi qu'on redresserait ses griefs si elle se séparait. Promesse, il est vrai, verbale^ aon écrite, mais garantie par Condé, Lesdiguières et Chàtillon, reçue par Du Plessis-Mornay.
Ce fut justement leur Condé qui alla au nom du roi les déclarer au Parlement criminels de lèse-majesté. L'armée dont le roi n'avait plus besoin contre sa mère, il la mène droit en Béam.
Depuis soixante ans, un tiers des biens ecclésiastiques était employé à l'entretien du culte des protestants. Il y ayait dix protestants en Béam contre un catholique. Et ceux-ci, si peu nombreux, gardaient les deux tiers des biens.
La révolution ne s'en fit pas moins, et avec des violences furieuses que ce pays si soumis ne provoquait nullement
Une assemblée générale des huguenots se fit à la Rochelle, et elle ordonna d'armer, mais tous les grands du parti disaient le contraire. Mornay môme voulait qu'on se soumit.
Le Béam, qui se relevait, fut écrasé par d'Épernon. On escamota Saumurau pauvre Mornay, qui, du reste, le méritait bien par le tort que ses conseils avaient fait à son parti.
Avec le Béam, De Luynes fondait sa maison, non seulement en France, mais en Flandre, chez le roi d'Espagne.
Son frère Gadenet, en 1619, était à Bruxelles et recevait de l'infante le prix de la trahison. De la comtesse de Chauines, unique héritière^ et du baron de Péquigny, était née une fille qui réunit tout. L'Espagne l'élevait dans le palais de l'infante, qui la donna, avec cette fortune immense, à Cadenet, frère de Luynes.
ÎSÎ ABUÉGË D'HISTOIRE DE FRANCE.
Eiévationde Rteheiiew. -^Richelieu était le dernier de trois frères. Sa famille n'était pas riche. Le frère aîné, qui était à la cour, dépensait tout. Le second, qui avait Tévêché de Luçon, se fit chartreux. Et, pour que cet éyéché ne 4iortU pas de la famille, il fallut que le troisième, notre Richelieu, se fithomme d'Égalisé, malgré ses goûtsd'homme d'épée.
De bonne heure, il passa ses thèses, à grand bruit, en Sorbonne.
La reine mère le prit pour aumônier (1616).
Sa fortune eut des ailes. A Finstant conseiller d'État (mars), secrétaire des commandements (juillet).
Déjà, au 30 novembre, il a saisi deux portefeuilles, la i;:uerre, les affaires étrangères.
Pendant ce premier ministère, n'ajant d'appui que la reine mère, il ne put être qu'Espagnol.
U demanda, obtint de s'exiler, de la suivre à Blois pour la conseiller.
Mais Luynes ne se reposait pas sur un homme si double. Il l'obligea de s'exiler plus loin, à Avignon.
Une influence aida à le faire revenir. Ce fut celle du P. de Bérulle ami de Luynes, ami delà reine mère et de tout le monde. Quand, délivrée par d'Épernon, elle commença la guerre civile, Luynes, inquiet, lui dépécha Bérulle, qui fut charmé de s'entremettre. Il traîna Richelieu è la cour, pensant, avec son aide, rétablir le pouvoir de la reine mère, à mesure que Luynes s'userait.
Celui-ci allait vite. Sans portée et sans prévoyance, il entassait sur lui tout ce qui pouvait l'écraser ; en une fois il prit l'épée de connétable et les sceaux, c'est-à-dire la paix et la guerre.
sièfre de RfonUmbaii. — Il emmena le roi étourdimenl devant Hontauban, qui l'arrêta court, et se défendit. Le roi ne le pardonna pas à Luynes. Assiégés, assiégeants,