RICHELIEU
tousse moquaient de luu Les pluies, les maladies, aggravei ont sa situation. Luynes leva le siège et s'en alla mourant.
Piiiatevx. — Ia TlenTtii0. — Le favori qui succéda à Luynes, Puisieux, nous mit encore plus bas. Le roi s'épuisait à deux sièges, Montpellier, la Rochelle, et ne s'en tira que par une fausse paix, où Ton trompa ceux qu'on ne pouvait vaincre. Et pendant ce temps-là les plus grands événements avaient lieu en Europe. Les Bavarois, les Espagnols, étaient maîtres du Rhin sur toute la rive qui nous touche, de Strasbourg jusqu'à la Hollande. Et nous étions cernés à l'est.
D'autre part, la vallée des Alpes, qui mène du Milanais au Tyrol, la Yalteline, jusque là soumise à nos alliés protestants les Grisons, avait passé aux Espagnols du Milanais, et ceux-ci désormais communiquaient à volonté avec leurs cousins autrichiens.
Le 21 janvier 1623, nos Espagnols du Louvre, les Puisieux, les BéruUe, furent obligés de laisser entrer au conseil un militaire breton, La Vieuville, qui prit les finances, et apporta au ministère ce qu'on a appelé la politiqtAe de Richelieu. C'était celle du bon sens, celle du péril de la situation. Depuis treize ans on ^trahissait la France. Il n'y avait pas une minute à perdre, pour s'arrêter dans cette fatale carrière, pour tourner bride et la sauver.
Le 7 février, la Vieuville traita avec la Savoie et Venise contre l'Espagne, leur promit vingt mille hommes ; chacune d'elles en donnait douze mille. L'Espagne recula à Tinstant. L'Autriche, qui, à ce moment même, bouleversait l'Empire de fond en comble, voici qu'elle se cache derrière le pape. Le pape, son compère, déclare qu'il prend en garde les forts de la Valteline.
Htnistère do cardinal de BleheUeo. (24 avril i 624).
— La Vieuville appela au conseil l'homme de la reine mère, l'ami de Bérulle, Richelieu, cardinal depuis 1622.
Celui-ci ne perdit pas de temps pour le mettre à la porte. Ce fut fait en trois mois (12 août).
La Vieuviile n'avait eu ni la tète forte, ni la suite, ni le caractère qui pouvaient soutenir l'audace de sa première démarche ; ce changement radical dans la politique de la France, Richelieu en avait la force et le géuie. Mais, tons ses précédents lui rendaient une telle révolution plus difficile qu'à personne.
Que dirait la reine mère et Bérulle? As^rait-on contre eux?
Terrible scandale d'ingratitude!
Un homme qui dérivait de la reine mère, et qui allait s'en détacher, devait trouver en elle un point où elle-même flottât et fût, pour ainsi dire, contre elle-même. Et il fallait encore qu'en cela on n'eût point contre soi l'homme qu'elle consultait, Bérulle. Ce point fut le mariage de sa fille Henriette. Le seul j^rand mariage qu'on pût lui faire faire en Europe, c'était celui du fils de Jacques I*'. L'orgueil royal et maternel était pris là. Et quant à Bérulle, la chose lui allait aussi. Mais il ne fallait pas s'y tromper; on ne pouvait épouser l'Angleterre qu'en se brouillant (au moins pour quelque temps) avec l'Espagne, qui avait désiré ce mariage pour elle-même. On ne pouvait gagner le roi Jacques qu'en aidant au rétablissement de son gendre le Palatin. Et, pour cela, il fallait deux choses, aider d'ai^nt l'armée que Jacques envoyait en Allemagne, et subventionner la Hollande, qui devait agir de concert.
Affaire de la Taiteiine. — L'affaire de la Yalteline était plus compliquée. Là, devant l'Espagne, on trouvait le pape, qui la masquait, la défendait. Bérulle se chargea d'aller à Rome en obtenant du pape la dispense nécessaire au mariage anglais, protestant, et un arrangement raisonnable de l'affaire de la Yalteline.
Le pauvre homme y trouva des difficultés imprévues : la cour papale fit mille et mille chicanes pour la dispense.