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PRISE ET REPRISE DE CORBIE

première fois, parfaite enteate, accord actif de l'Espagne et de rÂutriche. Hais il faut l'avouer l'invasion n'était pas sérieuse.

Les bandes qui entrèrent par le Nord, par la Iiorraine et la Franche-Comté, sous le drapeau de l'Espagne et de l'empereur, ne se battaient ni pour Fun ni pour l'autre ; elles ne voulaient rien que piller. L'invasion des barbares retardée par Gustave, quand il brisa Waldstein, ne fut pas une conquête, comme elle l'eût été sous ce chef, mais un grand pillage anarchiqué.

L&gottverneur des Pays-Bas, le cardinal infant, assiège et prend la Capelle (!<"' juillet 1636). Nul obstacle. Des places non approvîsifiiraées, démantelées. Des gouverneurs tremblants, que les habitants forcent de se rendre. Un indicible effroi dans les campagnes. Toute la barbarie des guerres turques; incendie, pillage et massacre. Jean de Werth remplissant tout de son nom et de sa terreur. La irrande masse espagnole s'arrête à assiéger Corbie, qui est prise (15 août). Le torrent roule vers Paris. Les Croates vont jusqu'à Pontoise. Paris, épouvanté, déménage, fuit vers Orléans.

Richelieu, ce génie si sérieux et si attentif, souffrait ici plus qu'un revers. Mais, homme d'esprit avant tout, il comprit bien qu'en ce pays de France, sous les croisées moqueuses du Louvre, il fallait de l'aplomb et une belle coniénance. Il sortit en voiture, à peu près seul, traversa en tous sens cette foule qui jusqucrlà le maudissait et qui ne sut plus qu'applaudir. Les métiers, reçus par le roi dans la grande galerie du Louvre, montrèrent un noble enthousiasme et promirent une armée. On la leva réellement avec l'aide du Parlement et de toute la bourgeoisie, qui donna sans compter.

Nos troupes grossissaient. Et celles de l'ennemi fondaient chaque jour. Tous retournèrent à leurs camps d'Allemagne^

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ZH ABRÉGÉ D'HISTOIRE DE TKANGE.

ramenant chacun sa charge de vol. En deux ans^ dans TEst seulement, un demi -million d'hommes mourut de misère et de faim. Le cardinal infant traînait et hésitait pour s'enfoncer en France. Il ne profila pas des perfidies secrètes de nos généraux princes du sang. Monsieur, cette fois encore, tourna le dos au moment où leâ conjurés le regardaient et attendaient son ordre.

En six semaines, Richelieu et le roi reprirent Corbie (14 novembre 1636). La terrible année de Corh*£{on appela ainsi 1636) et Tannée encore qui suivit hè donnent nui autre résultat que de démontrer la faiblesse dTun gouvernement qui paraissait fort. Tous les princes allemands firent roi des Romains le fils de Tempereur, consolidèrent la couronoc impériale dans la maison d'Autriche. En France lûéme, les Espagnols à notre barbe, prirent et gardèrent longtemps nos îles de Provence. Richelieu employant le peu qu'il avait de forces en Franche-Comté, n'avait pas eu à temps l'argent nécessaire pour recruter l'armée du nord.

Lutte entre Anne d'Antrlishe et le Cardlnnl. — - Pendant ce temps, aux carmélites de la rue Saint-Jacques, oà resta le foyer de l'intrigue espagnole, la reine renoua correspondance avec son frère, Philippe IV .

Elle trouvait là une sûreté qu'elle n'avait nulle part. Elle put y voir à la grille qui elle voulait, des inconnus, de' faux pauvres, les agents que Hirabel envoyait de Bruxelles, le lord papiste Hontaigu. A chaque année, elle espérait que Richelieu n'en pourrait plus, serait tari, fini. Les temps étaient bien changés. Les révoltes, isolées, partielles et sans concert, ne rappelaient en rien la Ligue. Les insurrections de paysans qui éclatèrent ici et là en 1638, la sournoise résistance (de bourgeoisie surtout) qui se fît sous forme religieuse et s'appela le jansénisme, n'auraient pas fait grand'chose. L'homme tant détesté n'en fût pas moins resté fort et haut dans l'opinion.

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