‹ Abrégé d'histoire de FranceChapitre 54 sur 108 · VUES POLITIQUES DE BICHELIEU · texte numérisé non relu

VUES POLITIQUES DE BICHELIEU

nislère des arts qui pensionnait les gens dé lettres (nullement nourris par leurs ouvrages alors). Ajoutez-y les fêtes et diverses dépenses de reprëseiitàtion que Richelieu prenait sur lui. Au milieu de cette guerre dévorante, de cet effort immense pour refaire' Tarmée chaque année, il avait réussi pourtant à créer une marine.

La grande question du monde en ce siècle et aux trois derniers, c'est ^celie des' biens ecclésiastiques. Elle domine toute la guerre de Trente ans. En Allemagne, eh France,parlent, c'est la question, plus ou moins formulée, ici parlante et là muette.

Il était évident que les biens donnés à TÊglise servaient au moyen (^e diverses utilités publiques, écoles, hôpitaux, entretien des pauvres, etc.. L'État n'existant pas alors (à proprement parier), l'État réel, sérieux, était dans rÉglise. Celle-ci, peii« ai pieu,* se dégti||feaïdes charges, s'enfonça dans son repos. . . !, :'A •.

Au premier mot que l'Hôpital risqna pour demander un étal de ces biens' (mai 1561), le! clergé appela TEspagne. Mais les huguenots étaient là.H eut.peur, accorda une rente d'un million à peu près {iknir: la' dette du roi à l'Hôtel de Tille. Somme minime au siècle ! suivant, où toute valeur avait changé. : i i : ! . '

En 1638, Richelieu, aux abois, et peut-être poussé par les conseils hardis du moinç révolutionnaire Campanella, sembla déterminé à exiger davantage. De longue date, il avait prévu ce moment, ayant encouragé un long travail, riramènse compilation des Libertés gallicanes dé Pierre Bu Puy, qui lui prépara un arsenal d^actes et de vieux livres, réimprimés en trois in-folio^, pour battre le clergé en brèche. Le sens total fut résumé hardimetit par Dti Puy dans ce grand axiome : « L'Église ne peut pas posséder. >

Fière et redoutable menace bien. peu soutenue. Richelieu se résigne à ne demander que cinq millions et domi une

fois payés (1641). Dès lors, d'autant plus pesant, le ministre tombe sur le peuple.

L'Europe, épuisée, haletante, se mourait du désir de la paix. Hais la France malade, l'Espagne agonisante, l'empire exterminé, ne s'y décidaient pas. Pourquoi? Nulle question essentielle n'avançait, ni la question de propriété, ni la question religieuse. Pas un de ceux qui avaient pris ne voulait rendre. Le pape demandait un congrès. On passa sept années à en discuter la forme.

Révolution d« Portugal. — InlIiieMce deCliM|*Mm«« — Coalition des grmtkdm eontr« RIchellen (1640*1641).

— La scène change en 1640, mais par des circonstances extérieures auxquelles Richelieu eut peu de part. L'Angleterre entre en pleine révolution. L'Empire eapagnol tombe en pièces. La révolution de Portugal, qui siiivit de près, fut toute spontanée. Richelieu y avait pensé, et il cherchait un prétendant. Hais l'explosion se fit d'elle-même et pour Bragance (1" décembre 1640).

Elle nous valut le gain de dix batailles. L'Espagne, étranglée désormais entre deux révolutions, nous laissa faire partout. Elle ne put empêcher ni Harcourt de prendre Turin, ni la Heîlleraye de prendre Arras.

L'intérieur change aussi bien que l'Europe. Richefiea met en scène deux acteurs nouveaux qu'il croit siens. II donne au roi pour favori un joli page, un écolier à lui, le jeune Cinq-Mars. Et en même temps il établit en France le beau Mazarin.

Le roi ne pouvait plus se passer de Ginq-Hars. Louis XIII donna des signes d'Imbécillité caduque, à quarante ans. Les froideurs de son page, ses rebuffades, un simple oubli d'écrire dans les absences, faisaient pleurer le roi.

L'enfant échappait tant qu'il pouvait. Parfois, aux anti'chambres, ce garçon, que le roi eût voulu maréchal de France, passait le temps à lire le roman de Cylrus avec les

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