BATAILLES DE FRIBOURG ET NOROLINOEN
i'oifre qa'on faisait de le conduire derrière et de lui faire tourner l'ennemi (3 août 1644). La nuit, Hercy se déroba, et avec une habilelé, un ordre admirable, se posta mieux encore, sur la Montagne-Noire qui domine Fribourg. Nouvelle attaque infructueuse. Condé revient tout seul à petits pas, tous ses amis tués. A l'un d'eux qui vivait encore : « Ce a*est rien, dit-il, nous allons recommencer et nous y prendre mieux. » Alors, sept fois de suite, on charge. A la longue, craignant pour ses vivres, Mercy marcha, mais choisissant son terrain si habilement qu'on ne pouvait le joindre qu'en marchant à la file. On le lit, on reçut de ce prétendu fugitif une charge terrible. Il nous prit plusieurs drapeaux. Cela s'appelle ta victoire de Fribourg. Il y eut pourtant un effet moral, l'Europe fut effrayée de la docilité du soldat français qui avait obéi à ce point-là.
Toutes les petites villes du Rhin, dans cette terreur, ouvrirent, et Mayence même.
Batollie de NerdUniiren (1645). — Hîége de Lérldi»
(1647). — L'anniversaire de la bataille, le 3 août (1645), même histoire à Nordlingen. Hercy était tué. Tous nos ofûciers généraux tués ou blessés. On n'en fnt pas moins joyeux à la cour, la reine surtout. Mazarin fut plus grave. Chaque victoire de Condé augmentait sa servitude, l'exigence et la rapacité de celte famille.
Dans la campagne de Flandres, que le duc d'Orléan? commença et où Enghien eut l'adresse de le remplacer, Gassion, fait maréchal après Rocroy, prit Furnes pour lui et l'aida à prendre Dunkerque (11 octobre 1646), en le cou« vrant de sa personne contre les Espagnols. Hazarin avait envoyé en Catalogne Harcourt, il eut quelques succès, mais vint échouer devant le roc de Lérida» place déjà funeste aux Français. Les amis des Condé crièrent qu'il y fallait Condé. Il se laissa persuader. Hazarin malicieusement l'y envoya; on n'avança pas. Le fer de nos mineurs rebroussait
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8urce roc. L'armée d'Aragon s'avançait, la chaleur venait, les maladies. Condé désespéré fut obligé de s'en aller. Deux ou trois fois, nous nous étions heurtés à cette porte redoutable, Lérida, et toujours en vain. Condé, pour se soulager le cœur, égorgea tout dans une petite ville qu'il prit sur son passage. Nous ne nous relevâmes que par les révolutions imprévues de Naples et de Sicile, résurrections tardives des nationalités antiques.
Un sublime corroyeur de Sicile, qui menait tout, périt. Et de même Masaniello, le pêcheur roi de Naples. Naples appela les Français. Mazarin promit tout, ne tint rien. Nous gardâmes les conquêtes de Richelieu. Sur l'empire quelques morceaux de l'Alsace. Mais pouvait-on garder ce qu'on avait pris àTEspagne? La question restait tout entière. Elle ne fut nullement tranchée par la bataille de Lens, une des meilleures de Condé, qui firent admirer le plus et son tact militaire, et son héroïque intrépidité.
Avec cela, il avait le cœur gros, et il en voulait mortellement à Mazarin, croyant qu'il l'avait perfidement envoyé contre ce roc de Lérida pour s'y casser le nez
Un soir, à je ne sais quelle comédie où était le prince, un impertinent siffle. On voulait l'empoigner. Il s'évanouit dans la foule en décochant ce trait : c On ne me prend pas... Je me nomme Lérida. »
Cette rage de Condé n'a pas peu aidé à la Fronde.
La Fronde parlementaire (1648). — La révolution de
la Fronde fut une révolution morale, la guerre des honnêtes gens contre les malhonnêtes gens.
L'austérité du jansénisme avait fait d'honorables progrès dans le parlement. Cette fronde religieuse avait précédé la Fronde politique, et, indirectement, elle y aida fort. Le jansénisme était l'aîné. La garantie qui assurait aux magistrats l:i succession des charges achetées expirait le 1" janvier 1648. Ils avaient tout à craindre. Ils n'en défendirent pas