MAJORITÉ DU ROI
Il ne veat plus que son frère paye la rançon convenue^ qui était d'épouser Mlle de Chevreuse. On rompt brusquement et avec outrage avec les deux Lorraines, les Chevreuse mère et fille. Elles demandent le sang de Bourbon pour laver TalTront du sang de Lorraine. Retz remplit le parlement de gens armés à lui et de coupe*jarrcts qui, au besoin, pourraient faire un massacre. La reine n'était pas moins altérée de vengeance. Condé la jetait dans le désespoir en révélant ses correspondances avec Hazarin. Le prince, retiré à Saint- Haur, ne se sentant plus appuyé dans Paris, avait perdu terre. U ne lui restait plus que la guerre civile, l'appel aux révoltes de provinces, à l'Espagne impuissante, à l'Empereur, à Cromwel ou au Diable.
La Fronde rendit à Hazarin le service de chasser Condé. n pouvait dès lors à son aise se moquer d'elle, bafouer Retz et le parlement, rire du public, à qui on avait promis les États généraux.
majorité du roi (5 Septembre 1651). — Hais Louis XIV, né le 5 septembre 1633, a atteint ses treize ans.
A treize ans et un jour, le roi était majeur et capable de gouverner. Louis XIV entend régner . désormais. Le 8 septembre 1651, le beau jeune roi, à cheval, ayant son petit frère à côté, s'en va au parlement avec la reine, Honsieur, toute la cour. Il remercie la reine, la fait chef du conseil, innocente Condé, mais défend à Hazarin de revenir jamais dans le royaume. Le roi entend qu'il soit banni et proscrit éternellement.
Le roi règne et les dames continuent glorieusement leur généralat. Elles remontent à cheval, et elles donneront des quenouilles aux hommes lassés ou pacifiques, entre autres au grand Condé. c J'ai assez, disait-il, de la guerre des pots de chambre. > Il était réellement un sauvage officier de la guerre de Trente ans, mais il fallut qu'il cédât à sa sœur et à madame de Châlillon. Hadame de Longueville emmena
triomphante ses deux frères, la Rochefoucauld, enfin ses lieutenants, à la conquête du Midi.
Contre son drapeau, de couleur Isabelle, la reine, au Nord, déploie le drapeau blanc, et, favorisée par la Fronde, mène une armée au delà de la Loire. Elle n'avait que quatre mille soldats, aguerris il est vrai, de plus, le roi, la jeune et blonde image de la royauté pacifique et du repos futur pour lequel soupirait la France.
Goerre civile. — Hasarln eontre Condé. — Tout SUr
la route suivit Tenfant royal. Gondé n*eut un petit secours des Espagnols qu'en leur livrant une place près Bordeaux et se brouillant avec le parlement. Celui de Paris refuse d'enregistrer la déclaration qui le disait traître et allié de
I étranger. Ceci le 4 décembre 1651. Le 18 décembre le parlement apprend par une lettre polie de Mazarin que, pour reconnaître les obligations qu'il a au roi et à la reine, il vient les délivrer; il a levé une bonne armée de dix mille hommes et la conduit en France.
Levé, avec quoi? Avec son argent personnel, sur la fortune d'un homme arrivé sans un sou en 1639. L'examen des registres de son banquier, Cantarini, venait d'établir qu'il avait volé neuf millions.
Le parlement a condamné Condé le 4. Le 30, il con^ damne Mazarin , qui vient faire la guerre à Condé. Il veut qu'on arme les communes pour l'arrêter. Mazarin n'en est pas moins le héros, le vainqueur de ce moment.
II a enfin les deux armées et peut agir. Il va de succès en succès.
Joomée de la porte Saint- Antoine (juillet 1652). — Siadeniotselle de Montpenster sauve Condé. • — Condé
ira de revers en revers. Il va se trouver à Saint-Cloud pris entre les deux armées. 11 entreprend de filer sous les murs et d'aller se poster au confluent de Charenton. Opération scabreuse devant un général aussi attentif que