MOLIÈRE. MADAME
cette protection, le commerce multipliait ses vaisseaux.
CTest raffermissement de Colbert. Le peuple salua ces mesures de ses applaudissements. Il disposia du roi en lui mettant dans les mains plus d'argent qu'il n'en avait jamais TU de sa vie; en lui montrant pièces et chiffres, quelques calculs sommaires qui lui firent croire qu'il tenait tout.
Hoiiére. — Hadame. — On venait de brûler Morin^ pauvre visionnaire fanatique que le parlement avait d'abord traité en fou. Deux prêtres, ses disciples, étaient envoyés aux galères, et la dame Malherbe exécutée (mars 1663). Le parti dévot de la cour pensait bien ne pas s'arrêter là. L'homme le plus en péril certainement était Molière, qui dans sa comédie récente s'était moqué de l'enfer. UÊcole des Femmes fut jouée le 26 décembre 1662. Chaque soir, cette terrible comédie revenait irriter les haines, donner prétexte aux cabales qui' poursuivaient Molière. Le roi trouva fort mauvais qu'on osât critiquer cette pièce.
Il permit à Molière dé se défendre. De là, la Critique de VEcole des Femmes^ où les marquis figurent de façon ridicule. Cela plut fort au roi, qui, justement alors, était excédé des étourdis qui Tentouraient.
Le roi et Madame, pour faire pièce au parti dévot, firent à Molière l'honneur d'être parrain, marraine, de son premier enfant.
Pascal venait de mourir, mais les Provinciales vivaient. Les Jésuites restaient frappés. Pascal, par pudeur, les avait pourtant épargnés, omettant le plus fort, craignant d'ébranler l'Église même. Les Jésuites prirent peur de Madame. Revenue puissante près du roi, elle serait restée telle, si sa misérable santé ne l'eût anéantie presque l'année suivante.
Affaire avec le pape (1662). — Jamais la cour ne fut plus bas, le roi plus haut, plus libre, plus hardi, plus méprisant pour ropinion. Il voulait établir partout la pré-
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séance de ses ambassadeurs, il fut insulté à Rome dans la personne du sien (juin 1662). Il en poursuivit la réparation avec une ftpreté d'orgueil extraordinaire.
Le roi demanda le passage des Alpes pour faire marcher des troupes sur Rome, et se tint prêt à saisir Avignon. Il avertit le pape qu'il eût à céder avant le 15 février. Il devait, comme amende^ rendre Castro à notre allié, le
duc de Parme^ déclarer le peuple corse incapable de aei^ vir i'isgiisey enfin éterniser le souvenir de révènement par
une pyramide qui rappellerait moins le crime des Corses
que rhumiliation du saint-siège.
Le 13 février, le pape s'humilia. Le 18, le roi et Madaoïe
tinrent au baptême l'enfant de Molière.
MMom grands Jours d'Auvergne (Août 1665). — Col*
bert fit sa révolution dans les finances. Il défendit aax villes d'emprunter, de se ruiner. Il eut la grande idée de promener en France la loi armée, autrement dit le roi, qui jugerait le peuple par son conseil. Les parlements eussent, à ce moment, été suspendus. Colbert dut retomber à l'idée pauvre et routinière des commissions des parlements qui tiendraient les grands jours dans les provinces du centre, aux rudes pays d'Auvergne, de Forey, du Yélay. Là un joyeux seigneur se passait toutes ses envies, celle, par exemple, de murer un homme tout vif, de le tenir des mois dans une armoire, courbé, ni assis ni debout. Un autre ne tuait pas; il faisait tuera petits coups par son fils, enGuit de dix ans, etc.
Ce qui était le plus fort, c'est qu'ils faisaient la guerre au roi. Une assignation royale était un outrage qu'on lavait dans le sang.
Le 31 août 1665, s'ouvrent les grands jours. Ils durèrent trois mois. Longtemps annoncés d'avance, ils furent sans effet. Les coupables eurent le temps de se cacher ou dresser leurs batteries. Il n'y eut qu'un seigneur décapité, fort