‹ Abrégé d'histoire de FranceChapitre 75 sur 108 · JEAN BART. PAIX DE RYSWIGR · texte numérisé non relu

JEAN BART. PAIX DE RYSWIGR

les JeuXj et Jean Bart la Railleuse. Jamais hommes ne jouirent autant de ces terribles fêtes de l'abordage et du triple péril d'un combat à mort sans retraite entre la mer et rincendie. Il parait qu'il y a là des douceurs, des délices que les élus connaissent. Les gens de Saint-JUalo en prenaient largement leur part. Un jeune homme, Dugùay-Trouin, fou de jeu, trouvait pourtant dans l'abordage de bien autres plaisirs.

Ces coups d'audace et d'héroïsme, le grand succès que Jean Bart eut, en brûlant 55 vaisseaux, n'empêchaient pas les grandes flottes des Anglais de dominer la mer. Ils vinrent à leur aise insulter cruellement nos ports en 93 et 94, par les machines infernales qui menacèrent Saint-Halo, détruisirent Dieppe, mutilèrent Du nkerque et le Havre. Ils auraient certainement occupé Brest, si Marlborough ne nous eût avertis de cette expédition. Vauban y accourut à temps et écrasa les assaillants. Chose plus humiliante, Guillaume prit l'ascendant sur terre. Luxembourg était mort; le roi Tavait remplacé par son ami d'enfance, Villeroi, le brillant, le charmant, l'irrésistible. Mais tel il ne fut pas sur le champ de bataille. Guillaume, dans cette campagne, trouva son apogée. La fortune, qui si longtemps avait chicané avec lui, vaincue par la persévérance, rendit hommage à la sagesse. Tel fut le secret, l'admirable rapidité de ses opérations, qu'avant qu'on se fût mis en garde, ses forces (anglaises et alliées) convergèrent vers Namur. Boufflers n'eut que le temps de s'y jeter. Ce très bon général y avait avec lui toute une armée, seize mille hommes. La grande armée de Villeroi arrivait. A Versailles, on croyait Guillaume en danger. Mais l'art d'attaquer et de défendre les places désormais régularisé, permit au très habile Cohorn de reprendre Namur. La ville fut prise le 6 juillet, Boufflers renferme dans le château.

Le 19 juillet, Villeroi avait vu la bonne position de

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Guillaume ; il battit en retraite. Et Boufflers, sans espoir, ayant, pour son honneur, repoussé encore un assaut, reiidil la citadelle (26 août 1694).

Les Anglais, d'orgueil et de joie, perdirent presque Tesprit. Tout alla au torrent des whigs, et, pour la première fois, il y eut uii ministère vraiment parlementaire. Guillaume, sans crainte ni danger, lâcha la presse et la Gt libre. Elle était tout entière pour lui. La Banque naissante de Londres reçut de toutes parts des capitaux, pour les prêter largement au roi. L'Europe reconnut son incontestable grandeur. En France il fallut se soumettre à avaler l'amère pilule, reconnaître Guillaume, par la paix de Ryswick.

Guerre de la suceesslon d'Rspag^ne. — Charles II, roi

d'Espagne, n'avait pas sept ans que les deux maris de ses sœurs, Louis XIY et Léopold, se mettaient à peu près d'accord pour le démembrement de son empire. C'était uq malade doux et bon, toujours tremblant la fièvre.

Les tergiversations de Charles II sur le choix d'un successeur étaient bien naturelles. N'ayant pas de postérité, le jeune prince de Bavière, qu'il eût préféré, et qui eut été accepté de l'Europe, mourut. L'Autriche ne pouvait lui donner nul espoir de résurrection. Toujours sauvée par l'étranger (Sobieski Eugène, fils d'Olympe Concini), elle n'en était pas moins sottement insolente. Restaient les Français. Charles II, en pleurant, céda à ce qu'on présentait comme le devoir. Il testa pour un petit-fils de Louis XIV, qui renoncerait à le couronne de France, La chose faite il mourut (novembre 1700). ^ Le testament inattendu de Charles II, tombé tout à coup à Versailles (8 novembre 1700), éveilla toutes les ambitions.

Accepter eût été recommencer la guerre, et contre toute TEuroj e. Le roi eut un moment d'honnêteté, de cha-

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