‹ Abrégé d'histoire de FranceChapitre 76 sur 108 · GUERRE DE LA SUCCESSION D'ESPAGNE · texte numérisé non relu

GUERRE DE LA SUCCESSION D'ESPAGNE

rite, de vraie religion : il repoussa le démon tentateur qui venait pour perdre son âme, mettre à ses pieds les royaumes de la terre. Il refusa le testament.

Une conspiration universelle s'était formée d'elle-mèmn à la cour pour forcer la volonté du roi. Dans un dernier conseily tenu chez madame de Maintenons il n'y eut d'appelé que le chancelier Ponchartrain, H. deBeauvilliers, elTorcy, chargé des affaires étrangères. Torcy reproduisit tous les arguments pour l'acceptation. Ses raisons principales furent ceiles-ci: Il prétendit que l'on n'avait pas à choisir entre la guerre et la paix, mais entre la guerre et la guerre, ^i. de Beauvilliers parla comme un sage et un saint, en appela au cœur et à la conscience du roi, lui fit scrupule sur l'incroyable barbarie de recommencer la guerre avec cette pauvre France, blême, amaigrie, élique, et qui n'avait plus que les os. Le chancelier, prudent (entre le Dauphin et madame de Maintenon), n'osa se décider, biaisa, s'en rapporta à la sagesse du roi.

En acceptant le testament pour son petit-fils Philippe \, il le viola en cette clause essentielle et sacrée que la France et l'Espagne ne pourraient être réunies. Le Roi dit : € A demain. La nuit porte conseil. >

Les Holii ndais tenaient du roi d'Espagne l'autorisation de garder certaines places des Pays-Bas qui les couvraient cuK mêmes. Ils appelaient cela leur barrière. Un matin (6 février 1701), le gouverneur du pays, électeur de Bavière, notre ami, nous ouvre ces places ; les Hollandais s'éveillent prisonniers. La Hollande et Guillaume mêmes n'étant pas prêts, ont l'humiliation de reconnaître Philippe V,

Mort de Guillaume. — Avènement de la reine Anne

(1702). — Mais Guillaume mourut bientôt. Le premier acte de la reine Anne, qui lui succède, est la déclaration de guerre à la France (4 mai 1702 ).

Harlboroush. — Eugène de Savoie. — Tillerol •nrprla

dan* Créinonc(l •'février 1702). — Laguerre,c*esi\enom propre du vrai roi d'Angleterre, Marlborough, qui va, sous la reine Anne, gouverner et combattre. La guerre ^ le nom d'Eugène, l'épée, Tâme meurlrière de TAutriche. Deux sinistres figures, mais d'effet redoutable. Il est plaisant de voir ce que Versailles opposait à ces deux extermiuateuiN. Tous pauvres gens de bien, créatures médiocres de madame de Haintenon. La place du féroce Louvois était tenue par l'agneau Chamillart Harsin, homme du monde fort léger, mais dévot, ami de Fénelon. Tallart, esprit doux, fin, gracieux. La Feuillade et Villeroi. Ces deux derniers étaient précisément les deux hommes qu'Eugèae et Marlborough eussent demandés pour adversaires, si on les avait consultés.

La France avait pourtant un très capable général, Catinat, mais il n'avait que des recrues contre les vieux soldats d'Eugène. Son inaction désespérait le roi qui voulait des batailles.

Sur le Rhin, la moitié de l'armée manquait de fusils. En Espagne, M. de Tessé avait de vieux canons qui à chaque instant éclataient et ne tuaient que leurs canonniers. Pour chauffer ce sage et trop lent Catinat, on envoya Villeroi. Du premier coup celui-ci se fil prendre. Il était dans Crémone, si peu, si mal gardé, que, dans une nuit d'hiver {l*' février 1702), le prince Eugène eut le temps de pénétrer par un égout et de faire entrer cinq mille hommes. La garnison dormait et dormait aussi Villeroi. H descend, sort, est prisonnier. Heureux événement. L'armée sans général ne s'en battit que mieux de rue en rue. Elle coupa le pont qui allait amener encore huit mille hommes a Eugène. D'un clocher, avec désespoir, il vit Crémone perdu, et partit assez vite.

La g:ucrre en Italie. — Vendôme. — Philippe V. —

On avait envoyé Vendôme pour débloquer Mantoue, pour préparer une belle campagne au petit roi d'Espagne, qui do-

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