‹ Abrégé d'histoire de FranceChapitre 77 sur 108 · GUERRE D'ITALIE · texte numérisé non relu

GUERRE D'ITALIE

vait y venir, et pour dominer, entraîner notre allié douteux, le Savoyard.

Une intrigue, fort bien menée entre Turin et Versailles, avait dupé le roi, lui avait surpris son aveu pour le mariage d'une sœur de la duchesse de Bourgogne avec le jeune roi d'Espagne. Le plan du Savoyard était qu'on lui offirît un royaume (La Lombardie, la couronue de fer?) La petite avait treize ans, lui dix-sept. Ces filles d'Amédée savaient tout en naissant. Celle-ci, emportée, se dominant moins que sa sœur, avait au moindre mot un torrent d'éloquence et de passion. Grand fut i'étonnement du jeune homme quand cette intrépide poupée se mit à discourir bride abattue, comme un vieux politique, et fit ses conditions. Le jeune homme plein de respect et de la crainte de son grand-père n'osa rien promettre.

Mariage sans mariage. Vrai désespoir pour le jeune prince honnête, qui, en réalité, n'avait pas d'épouse.

Victor-Amédèe crut que TafTaire était perdue, et que la reine enfant serait sans influence. Dès le 5 janvier 1702, il traita avec Eugène, sans se déclarer encore ouvertement, afin de le mieux servir contre nous. On le soupçonna à Versailles. Louis XIV, faisant passer Philippe en Italie, ne permit pas à la petite reine de le suivre.

Le roi avait pour général Vendôme, soixante mille Français, deux mille Espagnols. Il parut ferme et brave.

Si Vendôme eut la chance, avec son jeune roi, de battre les Impériaux dans deux affaires brillantes, il ne put, de toute l'année, déloger Eugène de l'île entourée de rivières qu'onappelait ^erraglio de Mantoue. D'innombrables Français périrent dans ce pays malsain.

Cependant la présence du jeune roi était beaucoup en Italie. C'était son vrai champ de bataille, . Victor- Amédée le sentait. Cela le gênait fort. Madame des Ursins, dame tVhonneur de la reine, n'avait rien négligé pour rendre sa

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