MORT DU DUC. ET DE LA DUCHESSE DE BOURGOGNE
restait incertain^ lorsque Marlborough vint établir une batterie qui mettait notre cavalerie entre deux feux. Cela décida la retraite. Boufflors la fit lentement avec une moitié de Tarmée. L'autre moitié rejoignit bientôt. Les vainqueurs ne profitèrent pas de cette séparation ; ils n'en pouvaient plus. Ils laissèrent vingt mille morts sur cet horrible champ de bataille, les Français sept mille. Les alliés purent sonner les cloches, mais les cloches des morts. Même succès sur la frontière. Entrés par trois côtés, Allemands, Autrichiens, Savoyards, se donnaient rendezvous à Lyon. La partie fut manquée. Les premiers qui parurent, les Allemands, furent jetés dans le Rhin. On s'aperçut qu'il y avait encore une France.
Détreme de la Franee. — Hlort da dae et de la da-
eheMe deBoargosne (1712). — Il y avait unc France, on l'avait vu, senti, mais une France à bout de ressources. Desmarets ne payait qu'en rentes les sommes exigibles. Celui qui attendait cent francs en touchait cinq.
Dans ce Versailles doré, sous les triomphants plafonds de Lebrun, l'Europe voyait un mendiant, pauvre diable en faillite, débiteur insolvable. Aux négociations que le roi ouvrit au printemps, quand il offrit de l'argent pour la guerre qu'on faisait à son petit-fils, les Hollandais se mirent à rire, et demandèrent où seraient les sûretés, quels seraient les banquiers qui répondraient pour un homme tellement ruiné.
De telles risées portent malheur. On trouva partout odieuse la conduite d'Heinsius. Il voulait seulement pouvoir dire au parti de la paix : c Vous le voyez, jeuégocie. » Il appelait nos négociateurs, et en même temps, par fous les genres d'affronts, il lâchait d'irriter, d'exaspérer.
Eugène avait en poche un plan dressé, signé par lui, du démembrement de la France. C'était là son roman, et il s'v obstinait en furieux. Fort sottement les Hollandais se faisaient ses organes.
401 ÂBRfiGË D'HISTOIRE DE FRANGE.
Tel était l'état de TEurope lorsqu'une fièvre pourprét emporta au mois de février 1172 le pefit-fîlsduroi le doc de Bourgogne, et sa charmante femme. La cour fut à la lettre comme assommée du coup. Cette mort compliquait encore la situation en rapprochant de la succession Philippe Y. Louis XIY eut la maladresse de traîner, d'hésiter à tirer 'de lui la renonciation qu'attendait l'Angleterre. Elle retira ses troupes, quinze mille Anglais. Hais les Allemands qu'elle soldait s'obstinèrent à rester, à servir sons Eugène. S'il eût été encore le vrai Eugène, il aurait marché sur Paris. Il devint.un vieux tacticien. Pour prendre Landrecîes, il étendit ses lignes à dix lieues de distance. Un conseiller du Parlement, qui se promenait, vit le premier un point faible où on pouvait le forcer.
Les conférences venaient de s'ouvrir à Utrecht, et, malgré les reproches, les vaines fureurs de l'Autriche et de la Hollande, l'accord réel de l'Angleterre et de la France rendait la paix probable. Les ministres anglais nous étaient amis plus que nous-mêmes. Ils nous ouvraient une chance admirable, celle de transférer Philippo Y en Italie. Il s'obstina à rester roi d'Espagne, et fit un mal immense à son pays. Les whigs, qui régnèrent après Anne, firent roi le duc de Savoie, mais pour qu'il gardât les Alpes contre nous, nous séparât de l'Italie.
Wletotre de Denatn (24 juillet 1712). — Le li juin,
la nouvelle arrive d'une trêve conclue entre l'Angleterre et la France. Pour arrhes, le roi donnait Dunkerque. Eugène perdait l'armée britannique, plus de soixante mille hommes. Mais les mercenaires allemands et belges, qui en faisaient les trois quarts, sans s'inquiéter du serinent qu'ils avaient fait â la reine Anne, restèrent obstinément. Eugène se trouva avoir encore en tout cent trente mille hommes. Pour prendre Landrecies, pelite place, qui, dans le style des vieilles guerres, couvrait lat Picardie^ il divise