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PAIX D'UTRECHT

son armée en trois armées. Yillars, par une feinle lieureuse^ en se portant vers Landrecies, y attira Eugène, qui s'éloigna de Denain. Yillars trompa aussi les siens, qui ne comprenaient rien à ses manœuvres. Ils murmuraient. Tout à coup il se lance sur Denain. Point de fascines pour aider l'escalade. On y monta avec des hommes, sur les vivants et sur les morts. Rien ne tint contre cet élan. Tout fut tué, et de plus ce qu'Eugène envoya au secours. Il était venu an galop, et furieux, mordant ses gants et ses dentelles, il assis^ tait à la déroute (24 juillet 1712). C'était celle de sa fortune, qui ne se releva jamais. Yillars, forlifié, emporta toutes les places voisines, tous les magasins de l'ennemi, se trouva riche tout à coup. Soixante drapeaux envoyés à Yersailles.

Paix d'iJtrecht, de Kadatadt (1713). — 11 avait servi à

la fois les deux pays, en avançant l'œuvre de paix. Ni la reine, ni le roi, n'avaient beaucoup à vivre. Les ambassadeurs d'Anne signifièrent à Utrecht que, si la paix n'était pas signée le 11 avril 1713, ils la signeraient seuls. Donc, le ii, elle fut signée , malgré l'Empereur qui lui-même fut bientôt forcé de signer à Radstadt. L'Angleterre gagne tout. La France ne perd presque rien. Elle croit (bien à tort) avoir acquis l'Espagne. La Hollande reste ruinée. L'Autriche a les Pays-Bas, Milan, Naples, la Sardaigne.

La victoire de Denain ! et la paix de l'Europe I deux merveilleuses éclaircies. La misère est la même, l'embarras financier s'accroît. Hais Tâme est riche d'espérance.

En 1714 le roi avait fait un testament qui était déposé au Parlement; ce testament donnait à Orléans (cet homme doux, de tant d'esprit, facile et humain, qui ne peut haïr ni punir, qui pleurait ses ennemis, oubliait ses amis, et laissait tout aller au vent) le titre de Régent. Le pouvoir allait en réalité au duc du Maine, gardien, tuteur du Dauphin, et à un conseil de Régence composé uniquement de ses amis.

Maladie du roi. — Visiblement le roi baissait. Le ISaoût, il fit l'effort de recevoir debout un prétendu ambassadeur de Perse et de signer avec lui un traité. Cette comédie, dont les ministres avaient flatté sa vanité, l'acheva réellement. Le matin, il avait fallu le porter à la messe, et le soir on le roula au concert qui se faisait chez madame de Maintenon. Il y parut un homme mort. On fit venir les gens d'armes du roi à Versailles, dans l'espoir qu'il pourrait encore en passer la revue, le vendredi 2!2, avant la Saint-Louis. On voulait commencer de s'assurer des troupes.

Mais il déclinait si vite que la chose devint impossible. Là se posait la question : Qui remplacerait le roi, le représenterait dans cette circonstance solennelle? Qui poserait devant les troupes dans la majesté du commandement? Le (ils de son frère, Orléans, si près du trône, était appelé là par la force des choses, par son droit de naissance. Le roi envoya le duc du Maine. Grand coup pour Orléans.

Le due du Maine et le due d'orléana. — Il aurait

laissé faire sans Saint-Simon son conseiller. L'âpre seigneur lui fit honte de sa paresse, dit qu'on la croirait lâcheté, qu'on dirait qu'il n'osait se montrer devant le bâtard. Le duc se rendit â la revue. Il resta modestement à la tète de sa compagnie, et salua le Dauphin.

De son coursier royal, dominant, abritant le pâle et fragile orphelin, le duc du Maine apparaissait là comme le tuteur nécessaire ; mais à la vue d'Orléans, il pâlit, se troubla, baissa les yeux, ne sut plus où se mettre. Chacun s'émut de voir les rôies intervertis, le faux prince sur le cheval blanc, à la place du roi, le vrai prince avec les soldats, en simple capitaine.

Ce fut comme un coup de lumière qui éclaira la situation.

Le 25, l'état du toi s'clant aggrave, il reçut lés sacrements, communia et fut administré de l'exlrôme-onction. Il lyouU

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