‹ Abrégé d'histoire de FranceChapitre 9 sur 108 · DEUXIÈME GUERRE AVEC G HÂR LES-QUINT · texte numérisé non relu

DEUXIÈME GUERRE AVEC G HÂR LES-QUINT

France, conquit presque toute la Hongrie, lui fit changer de front et regarder contre rAutriche.

Les Autrichiens écrivent (avril 1524) à Madrid qu'un Espagnol au service de France, le sieur Rincon, a été envoyé de Paris en Pologne pour négocier le mariage du second fils de François P' avec la fille àinée de Sigismond.

Vingt ans durant, Rincon fut le courageux, l'infatigable agent, qui, courant des dangers plus grands que Pizarre ou Cortës, à travers les Barbares, les embuscades, les sauvages forêts, les maladies, les pièges et dangers de toute sorte, fat notre intermédiaire avec l'Orient et rendit des services qui doivent consacrer sa mémoire.

Il parait avoir conçu, avec les Italiens, Tidée vaste et hardie, vraiment libératrice pour l'Occident, de former un faisceau de Pologne, Turquie, Hongrie turque.

Soliman, Ibrahim, étaient deux hommes pacifiques, et faits pour les arts de la paix. Mais la grande machine turque était montée pour la conquête.

L'armée ottomane arriva aux marais de Mohacz, où étaient les Hongrois. A la vue du croissant, Tardeur hongroise ne put plus se contenir ni rien attendre. Ils enlevèrent leur '. roi en avant et tous leurs chefs, plongèrent aveugles dans la masse ennemie.

Nombre d'eptré eux, emportés par la course, ou poussés par les Turcs, allèrent s'engouffrer aux marais.

La Hongrie resta là. C'est le tombeau d'un peuple. La question dès lors commença entre la Turquie et l'Autriche.

Qui avait détruit la Hongrie? Nul qu'elle-même. La fatale habitude de s'élire un prince étranger avait perverti le sens national. Dans la dernière et suprême élection, le héros hongrois, Batthori, livre sa patrie aux Allemands. En haine du Transylvain Zapoly, il reconnaît l'Autrichien Ferdinand. Les Turcs feront roi Zapoly.

La guerre orientale acelaausside terrible qu'elle est payée

en hommes. Chacun ramène des esclaves. On assure que cent mille familles, trois cent mille âmes, turent traînées en Turquie. Ils passèrent sous les yeux de Zapoly, qui salua de larmes amères ces prémices affreuses de son règne.

Se voyant presque seul, sauf deux agents de France qui étaient près de lui, il envoie l'un à Soliman, l'autre à François I". Le premier, qui était le Polonais Lasky, eut sans difficulté d'Ibrahim promesse d'un secours efficace. L'autre, qui était Rincon, négocia en France et en Pologne, offrant au roi de France la succession de Zapoly pour son second fils qui eût épousé une princesse polonaise. François P" promit un grand secours d'argent qu'il ne paya jamais.

La situation était fausse, bizarre. Il s'était ligué avec Henri VIII pour délivrer le pape qui n'était plus prisonnier. Il vivait en partie de décimes levées sur le clergé, sous prétexte de la guerre des Turcs, qui étaient ses amis.

Reprise delà guerre contre Charles-Qalnt (1527). »-

Son armée, menée par Lautrec, sans résultat se consume à Naples. L'Empereur, mortellement irrité de rester dupe du traité de Madrid, envenime la guerre par des injures, auxquelles le roi, non moins ridiculement, répond par un défi. Le duel étant réglé, convenu, le roi sent un peu tard que de tels intérêts ne s'éclaircissent pas par un coup d'épée. Il tergiverse, il équivoque, se moque ainsi de l'Empereur, c II dit m'avoir pris en bataille. Je ne me souviens pas l'y avoir jamais rencontré. 31

La rage de Charles-Quint alla si loin qu'il se vengea sur les fils de François I".

Les deux enfants, tenus dans une étroite et sombre prison, n'ayant plus un Français, ne voyant de visage que celui des geôliers, perdirent jusqu^à leur langue, changèrent de caractère. L'atteinte de ces traitements fut si

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profonde, que l'un d'eux mourut jeune; l'autre, notre Henri II, resta tout Espagnol, faible et sombre, violent. Charles-Quint put avoir la joie d'avoir tué en germe le fulur roi de France.

La France tarissait visiblement. Henri YIII, forcé par la clameur des commerçants anglais qui ne pouvaient se passer des Pays-Bas, fit trêve avec l'Empereur. Et le roi fut trop heureux d'y accéder.

L'anxiété de l'Empereur et de Ferdinand avait été très grande. Ils n'avaient pu rien opposer aux Turcs. La partie semblait belle pour le roi de France. Le pape le quittait, il est vrai, perte légère devant cette puissante assistance que lui donnait un tel succès des Turcs. Que fit-il ? Il traita.

Traité de Cambrât (1529). — L'affaire fut habilement brusquée par Marguerite dans une courte négociation avec la mère du roi (7 juillet — 5 août 1529).

Le traité de Cambrai était tel : La France gardait la Bourgogne, mais elle s'anéantissait moralement en Europe, abandonnant ses alliés et s'engageant même à agir contre eux.

Le roi, qui n'avait pas trouvé d'argent pour la guerre, en trouvait pour son ennemi. On lui rendait ses enfants pour la somme de deux millions d'écus d'or (soixantehuit millions d'aujourd'hui).

Il ne se mêlait plus de F Italie ni de V Allemagne. Il ne stipulait rien pour V Angleterre, son alliée.

Il menaçait les luthériens et Soliman, c le traité n'étant fait qu'en considération des progrès du Turc et des troubles scbismatiques qui pullulent par la tolérance. Jt {Nég. Autrich., 11,681.)

Il disait à l'Italie l'adieu définitif, non plus une simple parole de renonciation pour Naples et pour Milan. Il en rendait la clef, les places que jamais on n'avait lâchées, Barlette en Fouille, Asti, patrimoine de sa maison.

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Loin de rien stipuler pour Florence et Venise, il promettait que Tune se soumettrait avant quatre mois^ et que l'autre rendrait les places qu'elle avait depuis soixante ans dans la Pouille. Il prêtait sa marine^ et donnait cent mille écus à Tempereur « pour le passage dltalie. »

Pas un mot pour Sforza ni pour les barons de Naples, récemment compromis pour nous. Les Espagnols furent implacables pour ces Napolitains. Il les ruinèrent, les décapitèrent, coupant cette fois pour toujours et déracinant le vieux parti d'Anjou.

Pas un mot pour Renée, fille de Louis XII, qui venait d'épouser le duc de Ferrare, et qui dut implorer la clémence de Charles-Quint.

Pas un mot pour sa propre sœur y ni pour la question de Navarre, si grave pour la France. .

Mais il y avait une chose plus sacrée que la famille. C'étaient les vaillants hommes qui, de père en fils, se faisaient tuer pour nous, le vieux Robert La Mark,- son fils Fleuranges. Ruinés par l'Empereur, ils restaient ruinés. Le roi s'engagea à te rien faire pour eux.

Un homme, un petit prince, sans consulter ses forces, avait le premier, en 1525, avant les rois et les sultans, tiré répée pour le prisonnier de Pavie. Le duc de Gueidre, avec ses lansquenets entra aux Pays-Bas, effraya Marguerite, qui négocia en bâte, comme on a vu. Service immense. Dette d'honneur, s'il en fût, qu'on devait d'autant plus acquitter, que ce grand recruteur du Nord était au fond le chef de tous les gens de guerre de la basse Allemagne, qui nous donnaient la grosse infanterie. Ennemi de la maison d'Autriche depuis un demi-siècle, allié de la France, il lui fallut, à ce vieux Annibal, plier sous le destin, se faire vassal de VEmpereur.

Comment, dans un seul crime, tant de crimes à la

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