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CHAPITRE XXV

VICTOIRES DE RAUGOUX ET DE LAWPELDT. — PAIX D'AIX-LA-CHA- PELLE. — GUERRE DE SEPT ANS. — ATTENTAT DE DAMIENS. — DÉFAITE DE ROSBACH. — LITTÉRATEURS ET PHILOSOPHES. — CHOISEUL. — LE PACTE DE FAMILLE. — LES JÉSUITES. — PAIX DE PARIS. — D'AIGUILLON. — MORT DE LOUIS XY.

Tletolresde RaneowK e< de I<«wreldt (1746-1747). —

Toutes les forces de la France sont concentrées en Flandre pour la guerre de parade que le roi va faire en mars. On réunit pour lui cent vingt bataillons près d'Anvers, cent quatre-vingt-dix escadrons. Anvers pris sur-le-cbamp, le roi a ce qu'il veut, et le 30 mars, au début même de la campagne, il a fini la sienne, revient droit à Versailles. Le maréchal de Saxe, Lov^endail et Conti, continueront Tœuv rc facile de prendre les villes de Flandre, et Maurice gagnera l'inutile victoire de Raucoux.

Mous demandions la paix en offrant humblement de rendre nos conquêtes. Et l'on n'en voulait pas. Cependant tout le monde était bien las, surtout les Étals secondaires, pauvres comparses du grand drame où ils ne gagnaient que des coups. Les obstinés eux-mêmes commencèrent à se faire plus doux aussi, quand Maurice menaça Maêstricht, le boulevard de la Hollande, quand il gagna tout près la victoire de Lawfeldt, peu décisive, il est vrai, mais sanglante. Puis il emporta Berg-op-Zoom. Sac cruel qui montra

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combien s*aîgrissâit cette guerre, et terrifia la Hollande. Si Ton prenait aussi Haêstricht, notre armée débordait, et ce riche pays, si peu fait à la guerre, se voyait appelé aux cruels sacrifices, aux affreux moyens de défense qu'il prit contre Louis XIV, s'inondant, se noyant, s'infligeant un désastre plus grand que n'eût fait l'ennemi. L'Anglais aussi, ayant anéanti jusqu'au dernier de nos vaisseaux, ayant fait son œuvre de guerre, devenait pacifique pour ne pas nous laisser reprendre avantage sur terre. Donc on négocia. Malgré le maréchal de Saxe qui raisonnablement voulait d^abord Maêstricht, on se dépêcha de traiter.

p»iz d'Aix-i»-ChapeUe (1748). — Le but primitif de la guerre, où étaitril ? Et qui s'en souvenait? rAutriche, que l'on devait détruire, malgré sa cession à la Prusse, était plus forte que jamais. Le mari de l'infante, son établissement, sa royauté lombarde, qu'étaient-ils devenus? Notre infante voyait tout lui échapper, l'espoir même.

Un traité brusqué finit cette guerre, un trait de plome nous ôtait toutes ces places fortes que l'on venait de prendre, ce royaume des Pays-Bas. Le maréchal de Saxe en^ tourait et tenait Haëstricht, la clef de la Hollande. — bien plus l'occasion d'infliger aux Anglais un affront solennel, de voir prendre la place, à leur nez, sans rien faire. Il gémissait, écrivait à Versailles. Et Versailles était sourd. Excessives étaient les misères, il est vrai. H ne restait d'argent que pour les fêtes. Peu réclamaient. Voltaire l'osa. Dans certains vers, au roi et à la Pompadour, il finit par ce trait : c... Et gardez tous deux vas conquêtes. »

Le traité était fait, mais n'était pas signé (il ne le fut que le 18 octobre).

Le vrai mot, juste et fort, sur la paix d'Aix-la-Ghapene, fut dit aux halles, resta proverbial. Pour une injure, on disait : t Béte comme la paix. »

I«ïous rendions un royaume^ les Pays-Bas; et un em-

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