‹ Abrégé d'histoire romaine; rédigé conformément aux programmes officiels de 1874 pour la classe de quatrièmeChapitre 16 sur 64 · GUERRES CONTRE LA MACÉDOINE ET LA SYRIE · texte numérisé non relu

GUERRES CONTRE LA MACÉDOINE ET LA SYRIE

sont libres. » Une joie immense éclata à ces paroles. Deux fois l'assemblée se fit répéter le décret, et Plamininus faillit périr étouffé sous les fleurs et les couronnes (196). Les Grecs ne savaient pas encore ce que coûtait le protectorat des Romains, ce que valait cette liberté donnée par l'étranger, qui affranchissait la Grèce de toute domination, mais aussi y brisait toute force en interdisant toute confédération.

5. Fierlé du roi de Syrie, Anlloebas. — Le désintéressement de Rome était peu sincère : la crainte seule l'avait inspiré. Antiochus, roi de Syrie, prenait une attitude menaçante. Ce prince, qui se faisait appeler grand et qui pouvait le paraître, grâce aux illusions de l'éloignement, n'aspirait à rien moins qu'à l'empire de l'Asie. Le sénat lui demanda compte de ses armements : « Je ne me mêle pas, répondit-il aux envoyés romains, de ce que vous faites en Italie : ne vous occupez pas de ce que je fais en Orient. » L'arrivée d'Annibal à sa cour décida la guerre.

6. Annibal à Garthage, pals auprès d'Antioehos. — Ce grand homme venait d'être contraint à l'exil par les rancunes de Rome. En quelques années de paix il avait accompli à Carthage une suite de réformes qui allaient régénérer cette ville et lui rendre le moyen de recommencer la lutte. Le sénat demanda sa tête. Il s'enfuit auprès d' Antiochus.

ce Donnez-moi 1 1 000 hommes et cent vaisseaux, ditil au roi, et je soulève l'Italie et le monde. » Mais des courtisans jaloux décidèrent Antiochus à se défier du génie d'Annibal. Il repoussa ses conseils et s'abandonna aux mensongères promesses des Étoliens, qui s'engagèrent à lui livrer la Grèce, s'il voulait seulement s'y montrer.

9. Gombatdes Thermopyles (t9f) i Antloehos. — H débarqua en Grèce avec 10 000 hommes, et commença par perdre un hiver à Chalcis dans les. plaisirs. Le sénat eut le temps d'achever ses préparatifs, et, au printemps, les légions romaines, sous le com-

mandement du consul Acilius Glabrion, parurent en Thessalie.

Antiochus se porta aux Thermopyles pour l'arrêter, comptant faire mieux que Léonidas. Gaton, alors lieutenant d' Acilius, après avoir été consul, surprit et culbuta les Étoliens, qui gardaient le sentier d'Éphialte. Antiochus s'enfuit à Élatée, puis à Ghalcis, enfin à Éphèse. Là seulement il retrouva sa sécurité , mais il la retrouva tout entière : il regardait comme impossible que les Romains vinssent l'attaquer en Asie. Annibal seul s'étonnait qu'ils ne fussent pas encore arrivés.

8. Les Romains en Asie; bataille de Magnésie (iOO). — La flotte royale fut d'abord détruite en deux batailles qui donnèrent à Rome l'empire de la mer Egée. Les légions, conduites par le consul Lucius Scipion, à qui son frère l'Africain servait de lieutenant, passèrent l'Hellespont sans trouver d'obstacles et rencontrèrent Antiochus avec sa dernière armée à Magnésie. En quelques instants 52 000 Syriens furent, tués ou pris : le consul perdit seulement 350 hommes. Antiochus implora la paix. Les Romains l'obligèrent à livrer plusieurs provinces et ses éléphants de guerre à son ennemi le roi de Pergame, fixèrent au mont Taurus la limite de ses États, ce qui lui enlevait toute l'Asie Mineure, et ruinèrent pour longtemps ses finances en lui imposant une contribution de 180 millions (190). Le frère de Scipion l'Africain rapporta de cette guerre le surnom d'Asiatique.

9. Défaite des Galates (i89). — Il ne restait plus dans l'Asie Mineure qu'un peuple digne de se mesurer avec les Romains : les Gallo-Grecs ou Galates. D'origine gauloise, ils s'étaient établis vers la fin du troisième siècle dans le vaste territoire qui s'étend autour des monts Olympe et Magaba, entre la Phrygie et la Càppadoce, et s'étaient fait redouter de tous leurs voisins. A force d'étendre leurs pillages, ils avaient amassé de telles richesses, qu'un de leurs chefs fit annoncer dans toute l'Asie Mineure qu'il tiendrait table ouverte pendant

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