CÉSAR ET CRASSUS; CONSULAT DE CÉSAR
1. État de la république en l'an 63; Cicéron. — 2. Catilina. — 3. Catilina chassé de Rome. — - 4. Exécution des complices de Catilina. — 5. Bataille de Pistoie et mort de Catilina.— 6. César. — 7. Formation du premier triumvirat. — 8. le Consulat de Jules César (59).
i. État de la vépnbliqne en rirn 63 1 Cleéran. —
Depuis 60 an», deux tentatives avaient été faites en sens contraire pour reconstituer la république : Tune par les Grracques en vue des intérêts populaires, Tautre par Sylla au nom des intérêts aristocratiques. Toutes deux avaient échoué, et Rome était retombée dans fe désordre et les violences. Le consulat dePison, en Tannée 67, fut digne des plus mauvais jours delà république : les émeutes, les luttes à main armée, recommençaient. Nobles et peuple étaient également convaincus d'impuissance à gouverner, et il n'y avait plus qu'une expérience à tenter : la monarchie. Trois hommes y tendaient alors : Pompée, à la manière de Périclès, par les lois mêmes de son pays ; Catilina, comme Denys et Agathocle, par les conspirations et la soldatesque ; César, à la façon d'Alexandre, par d'irrésistibles séductions et l'ascendant de son génie. Entre ces trois hommes un autre se plaça, qui, meilleur que son temps, croyant à la vertu et au pouvoir de la raison, ne se résignait pas à la pensée qu'on ne pût sauver la liberté, et cherchait, comme Drusus, le salut de la république non dans la domination exclusive d'une classe de citoyens, mais dans la conciliation de tous les ordres : j'ai nommé Cicéron.
Cicéron était d'Arpinum, comme Marins. Son élocu-
lion abondante et fleurie révéla de bonne heure en lui l'orateur disert! Après quelques succès au barreau , il eut le courage d'aller encore étudier en Grèce. U débuta dans les charges publiques par la questure et accusa,
au nom des Siciliens, Verres, leur ancien gouverneur, dont le nom est resté celui du pillard le plus éhonté et le plus avide que Rome ait connu. Ge procès, qui eut un immense retentissement , porta très-haut la renom* mée de l'accusateur, dont aujourd'hui en* core nous admirons ' les Verrines. Mais Gicéron, homme nouveau , avait besoin d'un appui : il rechercha celui de Pom- Î>ée, et contribua à ui faire décerner des Cicéron'. pouvoirs extraordi-
naires. Gependant il reconnut bientôt à quoi tendait ce personnage qui osait se vanter de n'avoir jamaià eu d'autre général que luimême, et, entre tous ces ambitieux, Pompée, Gésar, Gatilina,' il chercha à former le parti des honnêtes' gens, qui se donna pour mission de défendre la république. Son consulat parut être la réalisation de ce dessein (63). Ge fut contre Gatilina qu'il eut d'abord à lutter.
S. Catllln*. -—Get homme était une nature puissante pour le mal. Durant les proscriptions, il s'était signalé
— 1. Iconographie romaine de Visconti.