‹ Abrégé d'histoire romaine; rédigé conformément aux programmes officiels de 1874 pour la classe de quatrièmeChapitre 29 sur 64 · CICÉRON ET CATILINA; PREMIER TRIUMVIRAT · texte numérisé non relu

CICÉRON ET CATILINA; PREMIER TRIUMVIRAT

étranglé le premier» Sur son cadavre, Gethegus, Gabi* nius, Statilius et Geparius, subirent l'un après l'autre la même mort. Quand le consul traversa pour la seconde fois le forum, en descendant de la prison, il ne dit que ces mots : « Ils ont vécu ; 5> et là foule, frappée de stupeur, s'écoula en silence (5 décembre 63).

5. Bataille de PIstole et mort de Catllina. — Cette énergie intimida le reste des conjurés, et Antonius mar-

,cha lui-même contre Gatilina, qui réunissait des forces sérieuses en Étrurie, et qui, inquiété sur ses derrières par Metellus, se décida à livrer bataille à.Pistoie. Avant le combat, il renvoya son cheval, comme Spartaeus, ne voulant de refuge que dans la victoire, et se plaça au centre avec un corps d'élite. La bataille fut acharnée ; pas un de ses soldats ne recula ou demanda quartier : lui-même fut trouvé, bien en avant des siens, au milieu d'un monceau de cadavres ennemis, et respirant encore. On lui coupa la tête et on l'envoya à Rome. Gicéron se flattait d'avoir à jamais effrayé les ambitieux et les partis. « Que les armes le cèdent à la toge ! » s'écriait le consulaire ébloui. Il fut vite détrompé. En déposant les faisceaux, il s'était promis d'adresser un discours au peuple pour glorifier son consulat : « L'homme* qui n'a pas permis aux accusés de se défendre ne se défendra pas lui-même, » dit le tribun Metellus Nepos, et il lui ordonna de se borner au serment d'usage, qu'il n'avait rien fait de contraire aux lois. « Je jure, s'écria Gicéron, je jure que j'ai sauvé la république !» A ce cri éloquent, Gaton et les sénateurs répondirent en le saluant du nom de Père de la» patrie, que le peuple entier confirma par ses applaudissements. Mais l'ivresse de ce dernier triomphe ne devait pas être de longue durée.

6. César. — Gésar avieiit commencé à se faire une place dans l'État à l'ombre du nom de Pompée, en favorisant l'ambition de ce vaniteux général ; mais il avait, pour se recommander lui-même auprès du peuple, ses talents, sa naissance, étant d'une maison qui prétendait

descendre de Vénus et d'Anchise, et les souvenirs cpi'éveillait le gendre de Ginna et le neveu de Marius, Thomme qui dès l'âge de dix-sept ans avait bravé Sylla, enfin le charme indicible répandu sur toute sa personne. Magnifique et prodigue, comme s'il eût compté sur les

richesses du monde, il jetait Tor, moins pour ses plaisirs que

Î)OUT ses amis et pour e peuple, qu'il conviait à des fêtes splendides. Fier, actif, il avait, sans hauteur blessante y le génie du commandement.

Tombé aux mains des pirates, il maîtrise ces brigands et les force à le servir. Ils lui demandent 20 talents pour sa rançon : «Vous en aurez 50, mais je vous ferai pendre; » et il leur tint parole.

Quelque temps après, Mithridate attaquant Cé8„i, ' les alliés, il avait,

sans titre, sans mission, rassemblé des troupes, battu plusieurs détachements ennemis et retenu des villei? dans Talliance de Rome. « Redoutez ce jeune élégant à la robe flottante, » avait dit aux nobles le vieux Sylla. L'élégant débauché cachait en effet une ambition audacieuse ; ses amis Pavaient vu pleurer devant une statue d'Alexandre en répétant : <c A mon âge il avait conquis le monde, et je n'ai encore

U Iconographie romaine de Visconti.

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