‹ Abrégé d'histoire romaine; rédigé conformément aux programmes officiels de 1874 pour la classe de quatrièmeChapitre 30 sur 64 · CICÉRON ET CATILINA; PREMIER TRIUMVIRAT. Î · texte numérisé non relu

CICÉRON ET CATILINA; PREMIER TRIUMVIRAT. Î

rien fait ! » Quand Pompée était revenu d'Asie, il avait trouvé César en possession d'un tel crédit, qu'il avait dû compter avec lui. Il pensait s'en faire un instrument : il en servit lui-même : il tomba sous le charme, il écouta les conseils, déguisés sous les éloges, et César contribua beaucoup à la détermination qui sépara Pompée de la noblesse, où était sa véritable place, pour le mettre à la tête du peuple, où son caractère ne pouvait le laisser longtemps.

Nommé édile curule en 68, il avait acheté d'un coup le peuple entier par la magnificence de ses jeux et par des prodigalités inouïes. Trois cent vingt paires de gladiateurs, tous couverts d'armures dorées, avaient combattu pour honorer la mémoire de son père. La même pompe avait régné dans les Mégalésies et les grands jeux romains. Bibulus, son collègue, disait : <c Nous nous ruinons tous deux, et il semble que lui seul paye, le peuple ne voit que lui. » Une nuit il replaça aux portes mêmes du Capitole la statue étinceîanted'or de son grand-oncle Marius, avec ses trophées de la guerre de Jugurtha et des Cimbres, et Catulus s'écriait, mais en vain : « Ce n'est plus par de sourdes menées, mais à la face du ciel, que César attaque la constitution! » ■

Le peuple lui donna ensuite le grand pontificat, charge à vie, qui le rendait inviolable et le constituait chef de la religion, malgré ses moeurs mauvaises et l'athéisme qu'il professait ouvertement. Il est vrai qu'en cela il ne faisait que ressembler à la plupart des hommes de son temps. C'est, en effet, le moment où Lucrèce écrivait son poème audacieux contre la crédulité populaire. Qatulus, un des compétiteurs de César au grand pontificat, le sachant obéré, avait essayé dé le désintéresser en lui offrant des sommes considérables : « J'en emprunterai de jplus grandes pour réussir, » dit-il. La même année (63), il fot désigné pour la préture.

n fut soupçonné d'avoir participé à la conjuration de Gatilina, surtout quand on le vit combattre la sentence

capitale prononcée contre Lehtulus et ses complices. En Tan 62, il devait déjà 850. talents, et il fallut que le riche Grassus le cautionnât, pour que ses créanciers lui laissassent prendre possession de son gouvernement de l'Espagne ultérieure. Il se hâta d'y ramasser de l'argent par des expéditions contre les Lusitaniens des montagnes et contre les Gallaïques, puis il revint à Rome, avec le titre dUmpei^ator (60), solliciter le triomphe et le consulat. Ces deux demandes étaient inconciliables. Entre une affaire de vanité et^ne question de pouvoir, César eut vite fait son choix. Il renonça au triomphe, renvoya ses licteurs et oourut au forum avec la robe blanche des candidats; Crassus et Pompée raccompagnaient et briguaient pour lui. Comment s'était formée cette triple alliance?

7. Formation dn premier trlnm virât. -» César les avait trouvés mécontents du sénat : Tun, que nous con-

y naissons déjà, parce qu^on ne ratifiait pas ses actes en Asie ; l'autre, parce qu'on le laissait sans influence dans l'État, malgré ses services contre les Samnites et Spartacus, malgré ses vingt mille esclaves et ses richesses, qui faisaient de lui le propriétaire de plusieurs quartiers

• de Rome. Le premier soin de César fut de les réconcilier, puis, il les amena à former une secrèfte union qu'on a désignée sous le nom de tHurrmirat, Tous trois se jurèrent de mettre en commun leur crédit et leurs ressources, et de ne parler, de n'agir en toute affaire que conformément aux intérêts de l'association. Mais ce fut César qui recueillit les premiers et leis plus sûrs profits de l'alliance : ses deux collègues s'engagèrent à le porter au consulat.

8. Le eonsnlat de JvleB César (S9). — Tout ce que les grands purent faire fut de lui donner pour collègue Bibulus, depuis longtemps son ennemi. Dès les premiers jours de son entrée en charge (59), César lut au sénat la loi suivante : « Pour relever l'agriculture et repeupler les solitudes de l'Italie, on distribuera aux pauvres les terres du domaine public. Celles de la Gam-

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