‹ Abrégé d'histoire romaine; rédigé conformément aux programmes officiels de 1874 pour la classe de quatrièmeChapitre 31 sur 64 · CICÉRON ET CATILINA; PREMIER TRIUMVIRAT · texte numérisé non relu

CICÉRON ET CATILINA; PREMIER TRIUMVIRAT

panie ne seront données qu'à ceux qui ont au moins trois enfants, et pour ces concessions une redevance sera payée au trésor. Si les terres publiques ne suffisent pas, on achètera, avec l'argent que Pompée a rapporté, des domaines particuliers au prix où ils ont été marqués sur les registres du dernier cens, et seulement du consentement des propriétaires. Vingt commissaires veilleront à l'exécution de la présente loi. » Il n'y avait rien à reprendre dans cette proposition, dont la sagesse et l'opportunité rappelaient la première loi de Tiberius. « Ce n'est pas la loi que je redoute, s'écria Ga,ton, mais le prix dont le peuple devra la payer; » et il parla si vivement que César, cédant à l'impatience, le fit saisir et traîner en prison. Dès lors il cessa de consulter le sénat, affectant, lui, consul, de tout porter par-devant le peuple.

Le jour où il présenta sa loi, Crassus et Pompée la louèrent hautement, et Pompée s'engagea même, si on l'attaquait avec l'épée, à la défendre avec l'épée et le bouclier. Le jour du vote, malgré l'aspect menaçant du forum rempli d'hommes armés, Bibulus vint avec Gaton et LucuUus se placer auprès de son collègue pour déclarer qu'il observait le ciel et que par conséquent toute affaire devait être suspendue. Mais, dès qu'il voulut parler, on se jeta sur lui. Il fut précipité du haut des degrés du temple de Castor et forc^ de chercher asile dans un édifice voisin. Lucullus aussi faillit périr. Deux- tribuns furent blessés; Caton, deux fois chassé de la tribune, y remonta deux fois; à la fin on l'entraîna : la loi passa, et un plébiscite obligea les sénateurs, les magistrats et tous ceux qui brigueraient une charge à l'avenir, d'en jurer l'observation littérale, sous peine de mort. Tout le monde jura, même Caton.

Cette loi agraire était la première depuis soixante ans

qui eût réussi à passer. Le peuple ainsi gagné. César

s'attacha l'ordre équestre en diminuant d'un tiers le

prix des fermes de l'impôt en Asie, et fit confirmer les

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actes de Pompée durant son commandement contre Mithridate.

Le sénat semblait ne plus exister, Tun des consuls ne le convoquant jamais et l'autre lui ayant défendu de se réunir par la proclamation d'un justitium. Bibulus, en effet, pour entacher d'illégalité les actes de son collègue, avait déclaré fériés tous les jours de son consulat. Mais la religion était un moyen Lien usé : cette opposition faite au nom des vieilles croyances fit sourire, et les plaisants nommèrent cette année le consulat de Julius et de César.

Son pouvoir allait finir avec son consulat, mais le peuple, dont il s'était conservé l'affection par une succession non interrompue de jeux, de spectacles et de largesses, lui donna, au mépris du sénatus-consulte sur les provinces consulaires, le gouvernement pour cinq années de la Gaule cisalpine et de TBlyrie, avec trois légions. Gaton eut beau s'écrier d'une voix prophétique : ce C'est la tyrannie que vous armez, et vous la mettez dans un fort au-dessus de nos têtes, » le sénat tremblant se hâta d'ajouter à ce don, en gage de réconciliation, une quatrième légion et une troisième province, la Gaule transalpine, où la guerre élait imminente et où César allait trouver la gloire, d'immenses richesses et l'empire. (59).

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