‹ Abrégé d'histoire romaine; rédigé conformément aux programmes officiels de 1874 pour la classe de quatrièmeChapitre 33 sur 64 · Opérations en Ëpire (48). ^— A la fin de décem · texte numérisé non relu

Opérations en Ëpire (48). ^— A la fin de décem

bre 49, il se rendit à Brindes pour passer en Bpire, où Pompée avait rassemblé une armée, une flotte considérable, beaucoup d'argent et de vivres. Malgré la saison contraire, suivant son habitude, il prit l'offensive. Il traversa l'Adriatique avec quelques troupes, s'empara d'Oricum et d'ApoUpnie, mais manqua Dyrrachium, où Pompée le prévint. Alors il pressa Antoine de passer le détroit, au premier vent favorable, avec le reste de- ses forces. Les jours s'écoulaient, et Antoine n'arrivait pas. Peu accoutumé à ces lenteurs. César voulut aller luimême chercher ses légions. Un soir, il sortit seul de son camp, monta sur une barque du fleuve et ordonna au pilote de cingler vers la haute mer. Un vent contraire, qui s'éleva, refoulait les vagues, et le pilote, effrayé par la tempête, refusait d'avancer : « Que crainstu? lui dit son passager inconnu, tu portes César et sa fortune. » Il fallut pourtant regagner le bord, mais la tempête une autre fois le servit. Un vent violent du midi amena enfin Antoine en. vue d'ApoUonie.

Un mouvement que fit Pompée pour empêcher leur jonction l'éloigna de Dyrrachium ; César essaya, avec des troupes inférieures en nombre, de renouveler la manœuvre qui lui avait réussi à Alesia et d'envelopper son rival. C'était une faute, il y perdit quatre mois pendant lesquels ses soldats eurent beaucoup à souflrir; ils en vinrent à broyer des racines pour en faire une sorte de pâte, et, quand les pompéiens les raillaient, ils leur jetaient de ces pains, en leur criant qu'ils mangeraient l'écorce des arbres plutôt que de laisser échapper Pompée. Une attaque malheureuse contre les lignes des pompéiens faillit même amener un désastre.

10. Bataille de Pharaale (48). — César comprit qu'il fallait changer de plan : les vivre§ étaient sur le point de lui manquer, et Scipion, qui arrivait d'Orient avec deux légions, faisait en Thessalie des progrès menaçants. En allant accabler ce chef, il compta entraîner à sa suite les pompéiens devenus trop confiants, et peutêtre trouverait-il une occasion de livrer bataille. Comme

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