LETTRES ET ARTS
rival Capiton, esprit plus souple, réglèrent la jurisprudence, Tun au nom des vieux principes de la cité, l'autre au nom de Téquité et de la lai naturelle, et fondèrent les deux gramdes écoles de jurisconsultes connus sôus les noms de proculéiens et de sabiniens.
10. Historiog^raphes. — Â côté de ces noms s'en * placent d'autres, moins célèbres, il est vrai, mais glorieux encore : le Gaulois Trogue Pompée (premier siècle), qui écrivit une histoire universelle dont nous n'avons que l'abrégé fait par Justin au deuxième siècle; Asinius Potion (sous Auguste), qui écrivit beaucoup et en divers genres, mais, est plus connu comme protecteur des lettres : ce fût lui qui ouvrit la première bibliothèque publique, et qui introduisit l'usage des lectures ou récitations faites devant un auditoire choisi, usage tout alexandrin, et qui entraîna la poésie romaine sur la pente où les poètes d'Alexandrie s'étaient perdus, dans la, servilité et de fades louanges pour leurs nobles protecteurs. Les historiens Diodore de Sicile et le Juif Nicolas, de Damas, composèrent des histoires générales pour cet empire universel et écrivirent en grec, comme Denys d'Haï icarnasse [Antiquités romaines)^ Strabon, le grand géographe, et un autre géographe, Denys le Périégète [Voyage autour du monde ^ envers). Il faut même citer Agrippa, qui fit dresser une carte de l'empire et en composa le commentaire.
* i . Les aris. — Le côté inférieur de la civilisation romaine au siècle d'Auguste, ce sont les arts : les Ro- . mains de l'empire, comme ceux de la république, les cultivèrent plutôt par mode que par goût, et, l'architecture exceptée, ils en laissèrent presque toujours l'exercice à des Grecs. Les gnand» travaux exécutés par Auguste, Claude, Néron et les Flavieçs, donnèrent occasion aux architectes de montrer leur habileté. Vitruve écrivit sous Auguste les règles de leur art. La peinture^ au contraire, déclina : on ne cite guère que le paysagiste Ludius, qui substitua la fresque à l'encaustique. Pompéi et Herculanum nous ont cependant livré de très-élé-
Tablinum de la maison de Livie,
tttes peintures, et on vient d^en découvrir de fort enlises dans la maison de Livie^, retrouvée au Palatin. La %ire se soutenait, mais sans génie : plusieurs des statues qui nous restent semblent des copies exésous les premiers empereurs d'après d'anciens èles. Gomme on avait fait des collections de livres, ||Ct^ surtout Asinius Pollion, des collections d'objets 1 et précieux.
{^la ptartie la plus curieuse de cette maison dont on achève en ce mom6nt
^~ution est le triclinium ou salle à manger et Vatrium ou pièce d'entrée,
juel s'ouvrent trois salles, dites : l'aile droite, le taèlinum (galerie) et
||{KQchet oi^ plusieurs panneaux portent des peintures qui sont les plus
'"oes du monde gréco-romain. Le triclinium olTre un paysage de fantaisie
.1 arbres, des terrasses, des ponts jetés dans l'espace, des rocailles avec
^ves, composent un site d'un goût douteux. A l'aile gauche, des génies
*nefkt parmi des arabesques. A l'aile droite, au-dessous de la frise, un
I se montre escorté ^e ses licteurs ; des femmes vont au temple ou visi-
B tombeaux ; d'autres se rendent au marché avec la corbeille aux poissons ;
l^^tTocats courent au forum, des marchands à leurs aiïaires, et des chameaux
BBt chargés de denrées. Un art plus relevé a représenté, assise au pied
I colonne que surmonte Junon, la fille d'Inachus, lo, surveillée par Argus
«Mercure vient lui enlever. Argus a presque l'attitude que Ingres a donnée
I Œdipe d'après un camée grec qui peut-être a inspiré cette peinture. Mais
Bte est bien vite revenu à ses conceptions vulgaires. Dans cette même salle,
^.fresque montre une rue de Rome, bordée d'une maison à deux étages
Fbalcon, d'où trois personnes regardent passer une matrone suivie d'un
Hr Ce sont les costumes, le mode de construction et les habitudes de Rome,
1 vingt siècles, pris >sur le vif; mais c'est aussi la preuve qu'Auguste et le
I grand nombre des Romains avec lui préféraient ce réalisme vulgaire à la
> héroïque. .
310 CHAPITRE XXYIl.
GÉOGRAPHIE POLITIQUE DE l'eMPIRE ROMAIN.
1. Bornes et divisions géographiques de Tempire. — 2. États indépendants renfermés dans les frontières de l'empire. — 3. Divisions administratives. — 4. Espagne. — 5. Gaule. — 6. Italie. — 7. Sicile. — 8. Rhétie, Mœsie et Dalmatie. — 9. Grèce. — 10. Asie. — 11. Afrique. — 12. Partage des provinces entre le sénat et l'empereur. — 13. Administration des provinces,