Italie. — Elle fut divisée en onze régions, pour fa
ciliter ropération du cens et la levée de Timpôt sur leS héritages : 1° le Latium et la Gampanie, où Pouzzoles (Puteoli) était le centre du commerce de la Méditerranée, le port où abordaient les flottes à destination de Rome; 2'' TApulie et la Galabre, où Timportance nouvelle de Brindes [Brundusivm) faisait oublier Locres, Grotone et Tarente; 3® la Lucanie et le Bruttium; 4'» le pays dépeuplé des Marses, des Frentans, des Sabins et des Samnites; 5°lePicénum; 6°rOmbrie; 7M'Étrurie; 8<* l'Emilie (Gaule cispadane), où Ravenne s'élevait alors, comme aujourd'hui Venise, au milieu des lagunes, et avait pour rues des canaux; 9** la Ligurie ; 10® la Vénitie et ristrie, avec les grandes villes de Padoue et d'Aqnilée ; 1 1* la Gaule transpadane avec Milan, Turin et Aoste.
7. Sieile. — Elle formait toujours une province comme la Gorse et la Sardaigne.
8. Ehétle, Hœsleet Dalmatle. — Ges provinces récemment conquises n'avaient encore que des forteresses ou camps retranchés, qui avec le temps deviendront des villes.
0. Grèce. -*- La Grèce, maintenant une des contrées les moins importantes de l'empire, était partagée en deux provinces : 1° celle d'Achaïe, comprenant, au sud, le Péloponnèse, « déjà désert, dit Strabon, si on le compare à ce qu'il était, du temps de la liberté des Grecs » (c'est-à-dire la Laconie, la Messénie, TÉlide, l'Arcadie, l'Achaïe, la Sicyonie, la Phliasie, l'Argolide et la Gorinthie, où Jules César avait envoyé une colonie pour relever les ruines de Gorinthe) ; et, au nord, la Hellade ou Grèce proprement dite (c'est-à-dire la Mégaride, l'Attique, la Béotie et la Phocide, la Doride, la Locride, l'Êtolie, TAcamanie et l'Épire, où la ville de Nicopolis (Paleoprevyza), fondée par Auguste, grandissait rapidement); 2*» celle de Macédoine, qui comprenait la Thessalie, l'Ulyrie orientale et la Macédoine, où Thessalonique effaçait déjà, par sa splendeur naissante, les anciennes capitales, Édesse et Pella.
lO. Asie. — Elle resta partagée en quatre gouver-
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nements : P l'Asie proconsulaire ou ancien royaume de Pergame; villes : Êphèse^ Sardes^ Smyrne; %"" la Bithynie, la Paphlagonie «t le Pont; 3° la Gilicie avec Ta/rse et Tîle de Gypre; 4* la Syrie, la Phénicie et la Gœlésyrie avec Tyr, Antioche^ Damas.
11. Afrique. — L'Afrique forma trois provinces : 1* TÉgypte ; villes : Alexandrie, Memphis, Thèbes; 2° la Gyrénaïque réunie à la Grète; 3** l'Afrique proprement dite, c'est-à-dire l'ancien territoire de Garthage, avec la Numidie jusqu'à TAmpsagas ; villes : Carthage, UHqy^,
12. Partage des provinces entre le sénat et l'emperenr. — • Auguste partagea, en l'an 27 avant Jésus- Ghrist , avec le sénat , l'administration des provinces de l'empire; il lui en abandonna dix : Pla Sicile, alors le grenier de Rome; 2° la Sardaigne et la Gorse; 3® la Dalmatie; 4® la Bétique; 5° la Macédoine; 6° l'Achaïe avec l'Épire; 7* la Grète avec la Gyrénaïque; 8" l'Asie proconsulaire entre l'Halys, le Taurus et la mer d'Ionie (Lydie,- Garie, Mysie, Phrygie, Helle^pont proconsulaire) ; 9° la Bithynie avec la Paphlagonie et une partie du Pont; 10** l'Afrique carthaginoise avec la Numidie, c'est-à-Hiire le sud-est de la Gaule et de l'Espagne, depuis longtemps soumis et tranquille; les grandes îles de. la Méditerranée, toute- la Grèce, toute l'Afrique j excepté l'Egypte; l'Asie Mineure, excepté la Gilicie et les contrées qui dépendaient de ce gouvernement.
L'empereur s'en réserva dix : d'abord les provinces frontières, où étaient les. armées, et quelques autres qui semblaient avoir besoin d'une surveillance plus vigilante : P la Lusitanie; 2° la Tarraconaise ; 3*» l'Aquitaine; 4'» la Lugdunaise; 5<» la Belgique; 6° la Narbonaise; V Gypre; 8* la SyrijB avec la Phénicie; 9® la Gilicie avec l'Isaurie et la Lycaonie; 10° enfin l'Egypte avçc une partie de l'Arabie.
L'Italie, n'étant pas considérée comme province, n'entra pas dans ce partage.
Plus tard, Auguste prit au sénat la Dalmatie, où une main ferme était nécessaire, et lui donna en échange deux
tranquilles pays, Gypre et la Narbonaîse. Toutes les con(piètes ou provinces nouvelles furent attribuées à l'empereur. Auguste ajouta donc à#on lot primitif : les deux Germanies, les Alpes McmtimeSy la Rhéiie avec la Vindéliciey le NoHquey la Pannome^ la Mœsiôy la Galatie avec la Lycaoniey la Pamphylie avec la Lycie; ce qui porta à dix-neuf le nombre des provinces impériales et à onze celui des provinces sénatoriales.
18* AdmlBlstratloii des pFOTlnees. — Les provinces du sénat étaient administrées par des personnages de rang consulaire. ou prétorien; celles de l'empereur, par des gouverneurs ayant aussi géré la préture ou le consulat, mais ne portant d'abord que le titre de légats de l'empereur, legati Augusti pro prœtore. Les uns et les autres étaient investis d'une autorité absolue sur toutes les branches de l'administratioii^ publique ; mais ils devaient respecter les droits reconnus par les traités aux villes de leur ressort, et laisser celles-ci s'administrer elles-mêmes d'après leurs lois locales. Certains actes de la vie civile s'accomplissaient par-devant eux, dans lés assises qu'ils tenaient périodiquement en des lieux désignés à l'avance. Là aussi ils dressaient leur tribunal pour juger les affaires importantes, les appels des sentences rendues par les autorités municipales et surtout les causes capitales. Ils pouvaient condamner à mort un provincial, mais non un citoyen romain. Celui-ci, par un appel à l'empereur, échappait à leur juridiction et était alorsjugéàRome. (Pour le commerce, les routes, etc., voyez p. 294.)